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A la Philharmonie de Paris, l’essence de la comédie musicale

Le dispositif conçu par le critique N. T. Binh et le scénographe Pierre Giner exprime sur le mode ludique la nature d’un genre qui n’en finit pas de disparaître et de renaître

  • dispositif 装置,展览
  • scenographe 舞美设计师
  • ludique:play。recreational
  • renaître 重生

De prime abord, le titre qu’a choisi l’écrivain et critique N. T. Binh, commissaire de l’exposition qui a ouvert le 18 octobre à la Philharmonie de Paris, pour célébrer le musical, fait un peu tiquer. En regardant le mur d’affiches qui accueille le visiteur, par exemple. West Side Story, Dancer in the Dark sont des tragédies. La Mélodie du bonheur et Cabaret se concluent sur le triomphe du nazisme… Reste qu’il est à peu près inévitable – à moins de bénéficier d’une santé morale hors du commun – de sortir de meilleure humeur de « Comédies musicales, la joie de vivre du cinéma » qu’on y est entré.

  • de prime abord 首先
  • écrivain: n.m 作家
  • Philharmonie de Paris:巴黎爱乐乐团
  • faire tiquer 有点让人不满
  • le triomphe du nazisme 纳粹的胜利(?)
  • reste que
  • une santé morale
  • hors du commun

La débauche d’énergie que déploient les artistes à l’écran et les techniciens (le métier d’opérateur ne devait pas être de tout repos sous la direction de Busby Berkeley), le plaisir d’entendre les mélodies de Cole Porter, Leonard Bernstein ou Michel Legrand, de découvrir les dessins des costumes de Cyd Charisse pour Tous en scène (Vincente Minnelli, 1953) sont inévitablement contagieux. N. T. Binh fait remarquer que les seuls moments de bonheur du personnage qu’incarne Björk dans le musical de Lars Von Trier sont ceux où elle chante et danse.

  • débauche d’energie

Un casque sur les oreilles.

Sur l’immense écran de 24 mètres de large autour duquel le commissaire et le scénographe Pierre Giner ont conçu l’exposition, une séquence vient donner raison au premier. Sur les panneaux centraux du dispositif, on voit Fred Astaire et Ginger Rogers danser Cheek to Cheek (extrait de Top Hat/ Le Danseur du dessus, Mark Sandrich, 1935) ; presque insidieusement, viennent se glisser deux autres extraits. L’un de La Ligne verte, de Frank Darabont (1999) : on y voit un condamné à mort (Michael Clarke Duncan) demander comme ultime faveur de voir un film, le premier de sa vie, ce sera Top Hat, et des larmes coulent sur ses joues (un moment insupportable de sentimentalisme dans le film qui devient ici émouvant puisque parfaitement adapté au culte que célèbre l’exposition).

  • commissaire
  • insidieusement

Sur un autre panneau, on découvre Mia Farrow vêtue comme l’étaient les ménagères pendant la Grande Dépression ; dépression qu’on lit sur le visage de la jeune femme qui se glisse dans une salle pour tenter d’oublier la misère quotidienne. Quand Astaire et Rogers semblent se libérer de la gravité, le visage de l’héroïne de La Rose pourpre du Caire (Woody Allen, 1985) irradie. D’autres séquences rapprochent Elvis Presley (Le Rock du bagne, Richard Thorpe, 1957) et John Travolta (Grease, Randal Kleiser, 1978) ou les exploits surnaturels de Fred Astaire et Michael Jackson.

  • irradier
  • le Rock du bagne
  • les exploits surnaturels

Autour de cette pièce maîtresse (le visionnage de la totalité de ces montages dans l’espace et le temps prend quarante-cinq minutes), on peut vagabonder. Un planisphère propose de parcourir la planète musicale, de la RDA (Heisser Sommer, de Joachim Hasler, tentative de Hair au temps du socialisme réellement existant) à l’Inde (l’autre grand pays de la comédie musicale, qui mériterait sa propre exposition), en passant par le Japon (de ce que l’on voit, ce n’est pas le fort de la production nationale) ou l’Egypte.

  • pièce maîtresse
  • vagabonder
  • planisphere

L’exposition se visite un casque sur les oreilles, que l’on branche sous les écrans qui retiennent l’attention. Celui qui propose de choisir entre les pistes sonores enregistrées par les acteurs et celles où l’on entend les chanteurs qui les ont doublés est passionnant : Delphine Seyrig en fée doit renoncer à faire entendre sa voix grave pour laisser chanter Christiane Legrand (Peau d’âne, Jacques Demy, 1970), et la gouaille d’Audrey Hepburn n’a pas suffi pour que les producteurs et George Cukor abandonnent l’idée de la faire doubler par Marni Nixon dans My Fair Lady (1964).

  • un casque sur les oreilles
  • les pistes sonores
  • guaille

Ne manque au menu – qui comprend en ce lieu de concerts plusieurs performances, dont celle de la Canadienne Peaches qui a eu enfin l’autorisation de s’attaquer à Jesus Christ Superstar – qu’un programme de projections. Pour voir Top Hat ou All That Jazz, Jeanne et le garçon formidable ou Devdas, il faudra fouiller dans les plates-formes de streaming ou les rayons DVD.

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