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ATTENTATS DE 2015

Trois ans après le 13-Novembre, l’enquête touche à sa fin

Le 17 novembre 2015, la voiture louée par Salah Abdeslam, seul membre du commando encore en vie, est retrouvée à Paris. XAVIER DE TORRES/HANSLUCAS

Élise Vincent

Les protagonistes des attentats de novembre 2015 à Paris ont été identifiés, mais des questions restent en suspens, avant un procès qui pourrait se tenir en 2021

Trois ans après les attentats du 13 novembre 2015, qui ont causé la mort de 130 personnes et en ont blessé 489 autres, l’enquête judiciaire arrive à son terme. L’année écoulée, l’avancée des investigations a été moins spectaculaire qu’entre 2015 et 2017, où les enquêteurs avaient une matière énorme à défricher. Mais, désormais, l’essentiel des protagonistes de cette cellule sophistiquée, organisée à cheval entre la France, la Belgique, plusieurs autres pays européens et la zone irako-syrienne, ont été identifiés. Onze hommes sont mis en examen et sept autres font l’objet d’un mandat d’arrêt.

  • arriver a son terme 结束
  • défricher 开垦
  • cette cellule sophistiquée 这个复杂的,经验丰富的小队
  • organisée a cheval entre la France, la Belgique, plusieurs autres pays européens et la zone Iraqi-syrienne 穿梭在。。。
  • mettre en examen 起诉
  • un mandat d’arrêt 逮捕证

Un certain nombre de questions restent toutefois en suspens, sans que l’on sache si la justice parviendra à y répondre d’ici à la fin des investigations, prévue au plus tard pour septembre 2019. Une date imposée par l’obligation de ne pas dépasser la durée maximale autorisée – quatre ans – pour la détention provisoire de plusieurs mis en examen, notamment celle de Salah Abdeslam, seul survivant du commando. Un procès pourrait se tenir en 2021.

  • en suspens 不确定
  • sans que 后面加虚拟式
  • se tenir

Le commando aurait-il pu compter plus de dix hommes ? C’est l’une des hypothèses sur lesquelles planche sérieusement la justice. Au soir du 13 novembre, un commando de dix hommes arrive à Paris et à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Parmi eux, l’équipe de kamikazes qui effectuera la prise d’otages au Bataclan. Soit trois Français : Samy Amimour, Foued Mohamed-Aggad et Ismaël Omar Mostefaï. Une autre équipe tentera en vain de pénétrer à l’intérieur du Stade de France et se fera finalement exploser à ses portes : deux Irakiens et un Belge de 20 ans, Bilal Hadfi. Un troisième groupe armé partira à l’assaut des terrasses des 10e et 11e arrondissements : Brahim Abdeslam – frère de Salah –, leur ami d’enfance Abdelhamid Abaaoud et un autre Belge, Chakib Akrouh. D’autres hommes auraient toutefois pu se joindre à eux, selon les dernières investigations. On savait déjà que deux individus, arrêtés en Autriche en décembre 2015, devaient initialement, eux aussi, participer aux tueries. Mais ils ont pris du retard après avoir été retenus vingt-cinq jours en Grèce en entrant en Europe par la « route des migrants ».

  • plancher sur
  • la prise d’otages
  • l’equipe De kamikazes 自杀小队

Un troisième homme aurait toutefois pu aussi participer au scénario macabre du 13-Novembre. Un certain Tyler Vilus, aujourd’hui âgé de 28 ans, pionnier du djihad, parti en Syrie en 2013 et interpellé en Turquie en juillet 2015, alors qu’il tentait également d’entrer en Europe avec une fausse identité. Depuis, fait rare, il a été mis en examen pour « direction d’une organisation terroriste » et est toujours incarcéré. Mais son dossier n’est, pour l’heure, pas officiellement joint à celui du 13-Novembre.

  • scénario macabre 可怕的场景,剧本
  • une fausse identité 假身份
  • fait rare

Comme le révélait Le Monde dans son édition du 15-16 avril, sans donner son nom, les investigations à son sujet sont laborieuses et butent sur des questions de « preuve numérique ». Soit des difficultés d’accès à l’exploitation de ses échanges téléphoniques et Internet. Les Etats-Unis se servent aujourd’hui de l’entraide pénale internationale sur ce type de dossier comme d’une arme diplomatique. Une situation dont profitent les grandes plates-formes du Web, qui n’ont, en outre, pas de délais légaux pour répondre. Les investigations à son sujet auraient toutefois progressé ces derniers mois.

  • buter sur
  • l’entraide pénale internationale
  • une arme diplomatique

Quel a été le rôle exact des frères Clain ? Jean-Michel et Fabien Clain sont désormais, selon nos informations, les objectifs numéro un des services de renseignement : morts ou vivants. Les deux frères, nés à Toulouse, âgés respectivement de 38 ans et 40 ans, ont en effet prêté leurs voix à la vidéo de revendication des attentats de l’organisation Etat islamique (EI), diffusée en novembre 2015. Mais ils ont sûrement joué un rôle beaucoup plus important en participant à l’élaboration même des tueries, selon divers éléments concordants. Fin juin, la justice a d’ailleurs officiellement émis des mandats d’arrêt internationaux à leur encontre.

  • divers éléments concordants
  • encontre

L’élément le plus connu validant cette thèse vient du fait que, dès l’enregistrement de leur voix dans la vidéo de revendication de l’EI, les frères Clain ont évoqué un attentat dans le 18e arrondissement qui n’a jamais eu lieu. Possiblement celui qu’aurait dû commettre Salah Abdeslam, mais dont la ceinture explosive n’a pas fonctionné. Un autre élément versé au dossier il y a quelques mois est aussi venu abonder en ce sens. Le témoignage d’un « revenant » de Syrie qui les aurait côtoyés : Jonathan Geoffroy, toulousain lui aussi, capturé début 2017 par l’Armée syrienne libre.

  • La ceinture explosive
  • abonder
  • cotoyer

D’après cet homme de 35 ans, qui se présente comme un « repenti », mis en examen dans un dossier distinct, les frères Clain occupaient des fonctions haut placées au sein de l’EI. A tel point qu’ils étaient en mesure de proposer des projets d’« opérations extérieures », selon lui. Se sachant recherchés, les Clain se terreraient aujourd’hui. Ils pourraient être actuellement reclus dans les poches d’Idlib ou d’Hajjin, ces derniers bastions de l’EI en Syrie, où se trouveraient encore, selon une source proche du dossier, une centaine de djihadistes français avec femmes et enfants.

  • Se terrerer

Les « cerveaux » silencieux à jamais ? Jusqu’à présent, l’homme considéré comme l’un des principaux « cerveaux » des attentats du 13-Novembre était Oussama Atar. Un Belgo-Marocain de 34 ans, vétéran du djihad passé par les rangs d’Al-Qaida. Durant longtemps, il était le seul identifié au sein de la hiérarchie de l’EI auquel plusieurs protagonistes du dossier faisaient référence. Notamment en lui envoyant leur testament avant de passer à l’acte ou en expliquant, pour deux d’entre eux, qu’il était celui qui les avait missionnés pour un « projet » en France. Possiblement un attentat dans le métro parisien, selon des données retrouvées dans un ordinateur jeté dans une poubelle bruxelloise.

  • une poubelle bruxelloise

Mais selon le journaliste de Mediapart Matthieu Suc, dans son ouvrage Les Espions de la terreur (HarperCollins, 224 pages, 19,90 euros), sorti le 7 novembre, Oussama Atar, à l’instar de tous les piliers de l’EI chargés de la planification des attentats à l’étranger depuis la zone irako-syrienne, aurait été tué ces derniers mois dans des attaques ciblées de la coalition internationale. Des annonces à prendre avec précaution, plusieurs individus présentés comme morts ces derniers mois ayant refait surface. Parmi eux se trouverait toutefois Boubaker El-Hakim, un enfant des Buttes-Chaumont, à Paris, proche des frères Kouachi, auteurs du massacre de Charlie Hebdo en janvier 2015.

  • A l’instar de 和。。。一样
  • des Attaques ciblées
  • refaire surface

Ces opérations auraient aussi eu raison de la vie du seul protagoniste du 13-Novembre à avoir réussi à s’enfuir après être venu en Europe par la route des migrants. Soit l’« artificier en chef » des djihadistes, celui qui a fabriqué toutes les ceintures explosives du commando : Obeida Walid Dibo, alias Ahmad Alkhald. Longtemps, son identité s’est résumée à un ADN anonyme découvert dans plusieurs planques en Belgique. Puis le témoignage d’un mis en examen a permis de comprendre qu’il avait été envoyé directement de Syrie avec pour seule mission la fabrication des explosifs, par nature très instables.

Cette cavale a failli être interrompue. Quelques jours avant les attentats, le 1er novembre 2015, il a été arrêté dans un train qui reliait Vienne à Belgrade. Mais, porteur d’un faux passeport syrien, il a prétexté être demandeur d’asile et se rendre en Turquie pour voir sa mère malade. Il a alors été placé dans un centre de rétention. Il y est resté neuf jours avant d’être transféré dans un centre ouvert, d’où il s’est échappé. Il a ensuite pris un vol pour Ankara, le 16 novembre, avant de disparaître définitivement.

  • cavale a failli être interrompue 越狱差点被打断
20181111-p10-antente.txt · 最后更改: 2018/11/16 16:49 由 193.51.104.24