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费加罗报 11-24期 第二版

L’UE donne son accord au départ du Royaume-Uni

Dimanche à Bruxelles, les Vingt-Sept doivent signer l’accord de divorce avec Theresa May, à charge pour elle de le faire accepter chez elle

UN ROCHER en Méditerranée pourrait-il faire capoter dix-sept mois de négociations sur le Brexit ? À quelques heures d’un sommet censé entériner l’accord de divorce accouché dans la douleur entre les Vingt-Sept et le Royaume-Uni, dimanche, à Bruxelles, le sort de Gibraltar continuait de poser problème. Alors que la question semblait réglée dans plusieurs ébauches du texte, ces dernières semaines, le premier ministre espagnol Pedro Sánchez menaçait ces derniers jours de mettre son « veto » et de boycotter le sommet. Un chantage théorique – et à visée de politique intérieure – puisqu’un tel veto n’existe pas formellement, une majorité « qualifiée » des États membres suffisant à approuver l’accord. Madrid réclame un droit de regard sur l’avenir de l’enclave britannique après le Brexit. Cela restait « la seule question encore ouverte » après une réunion des représentants des Vingt-Sept vendredi. Mais, à Bruxelles et dans les autres capitales, on n’entendait pas laisser le sujet gâcher le dénouement.

Tout le reste a été résolu. Notamment la question de la pêche, qui a mobilisé la France et une demi-douzaine d’autres États membres ces derniers jours. Alors que Londres entend récupérer sa souveraineté maritime (lire page 4), ces pays veulent garder leur droit de pêcher dans les eaux britanniques. Le contentieux demeure mais a été sorti de l’accord proprement dit et fera l’objet d’une déclaration séparée. La Commission veut lier la souveraineté britannique à l’accès au marché européen pour le poisson dans les négociations commerciales à venir. Theresa May, qui se vante auprès de sa population d’avoir obtenu gain de cause, n’est pas au bout de ses peines.

Reste que, pour la première ministre, une étape cruciale est en passe d’être franchie. Elle doit se rendre à Bruxelles dès samedi pour finaliser avec le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, la chorégraphie du conseil extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement dimanche matin. L’événement devrait être expéditif : une heure et demie de discussion des Vingt-Sept sans Theresa May, une heure avec elle, conférences de presse. Dans le meilleur des cas, tout le monde pourrait être rentré chez lui pour le déjeuner. Angela Merkel a bien fait savoir qu’elle ne se déplacerait que pour avaliser un accord conclu en amont au niveau diplomatique et ministériel, pas pour négocier ellemême en direct.

Près de deux ans et demi après le référendum pour quitter l’Union européenne, les Britanniques ont enfin un deal. C’est le premier acte concret du Brexit. Le texte de 585 pages prévoit en détail les conditions du divorce : paiements, droits des expatriés respectifs, garanties pour la frontière irlandaise – point le plus sensible des négociations. Il est accompagné d’une « déclaration politique » de 26 pages, non contraignante juridiquement, esquissant les grandes lignes de la relation future entre Londres et l’UE. Celle-ci ne sera négociée qu’à partir de la sortie britannique, le 29 mars 2019. Les discussions pourraient prendre entre deux et quatre ans. Dans l’intervalle, une transition se mettra en place, dans laquelle le statu quo se poursuivra, à ceci près que le Royaume-Uni ne sera plus représenté dans les institutions européennes et n’aura plus voix au chapitre sur ses décisions, qu’il sera toutefois censé respecter. Prévue jusqu’à la fin de 2020, cette période transitoire pourra être étendue deux ans de plus.

Les Britanniques pressés d’en finir avec l’empoisonnant Brexit ne seront pas tirés d’affaire de sitôt. Des choix difficiles resteront. Plus ils souhaiteront préserver leurs liens commerciaux avec l’UE, plus ils devront sacrifier leur volonté d’autonomie. Les brexiters dénoncent un diabolique piège européen sans fin. Rentrée au pays un accord des Vingt-Sept en poche, dimanche, Theresa May aura une montagne encore plus considérable à franchir : obtenir sa ratification par un Parlement de Westminster survolté, aux alentours du 11 décembre. Son deal fait l’unanimité contre lui, tant chez les partisans du Brexit que chez les proeuropéens des différents partis. Au sein du seul groupe conservateur, son parti, 88 députés sur 315 disent déjà qu’ils refuseront de voter pour. Une crise constitutionnelle guette.

D’ici là, Theresa May va sans relâche faire la promotion de l’accord en dramatisant les enjeux. Elle espère forcer le soutien des élus en en appelant directement au bon sens de la population et des entreprises. Elle est déjà allée à deux reprises répondre en direct aux questions des auditeurs sur des chaînes de radio. «Si l’accord ne passe pas, nous nous retrouverons à la case départ », a-t-elle prévenu vendredi sur BBC 5 Live.

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