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Au Mexique, le casse-tête de la crise migratoire

Des migrants fuient les gaz envoyés pour les empêcher de franchir la frontière américaine, à Tijuana, le 25 novembre. KIM KYUNG-HOON/ REUTERS Frédéric Saliba

Repoussés à la frontière américaine, 5 000 clandestins sont bloqués à Tijuana, dans des conditions alarmantes

MEXICO - correspondance

Gaz lacrymogènes, balles en caoutchouc, hélicoptères à basse altitude… La crise migratoire enfle à Tijuana, au nord-ouest du Mexique. Dimanche 25 novembre, 500 Centraméricains ont franchi en force la frontière avec les Etats-Unis avant d’être repoussés par les autorités américaines dans une ambiance de chaos. Une caravane de plus de 5 000 clandestins est bloquée à Tijuana par les mesures antimigratoires de Donald Trump. Le nouveau gouvernement mexicain, qui entrera en fonctions le 1er décembre, négocie avec son voisin un plan régional pour sortir de la crise.

  • 催泪弹,橡皮子弹,低空盘旋的直升机
  • enfle 膨胀
  • franchir en force la frontière 强行跨越边境

« Ils n’entreront pas », a averti, lundi 26 novembre, le président américain, menaçant sur Twitter de « fermer la frontière de façon permanente ». La veille, des demandeurs d’asile manifestaient à Tijuana pour exiger d’entrer aux Etats-Unis. Une partie du cortège, dont des femmes et des enfants, s’est ruée vers le canal asséché et la barrière métallique qui séparent les deux pays. La frontière a été fermée plusieurs heures à San Diego en Californie. Les patrouilles américaines ont lancé des gaz de dispersion sur les migrants. Quarante-deux ont été arrêtés sur le sol américain. Côté mexicain, quatre Centraméricains ont été blessés et 98 sont détenus avant d’être renvoyés vers leur pays d’origine.

  • des demandeurs d’asile 寻求政治避难的人
  • se ruer = rush。 ruer 的原意是马的后蹬
  • le canal asséché 干枯的运河
  • les patrouilles américaines 美国巡逻队
  • des gaz de dispersion

Depuis six semaines, l’entrée au Mexique de caravanes successives provoque l’ire de M. Trump qui dénonçant « une invasion » de « criminels », a déployé 9 000 militaires à la frontière. D’autres groupes de migrants sont en route. A la fin de la semaine, Tijuana pourrait en compter de 8 000 à 9 000, épuisés et désespérés. « C’est un cul-de-sac pour eux », s’est inquiété, dans la presse mexicaine, Carlos Morazzani, coordinateur de la Croix-Rouge. La capacité d’accueil de cette agglomération (1,6 million d’habitants) semble saturée. La plupart des migrants sont réfugiés à l’intérieur d’un stade dans des conditions précaires. Les autres dorment à l’extérieur. Le maire de Tijuana, Juan Manuel Gastélum, a déclaré, vendredi, « une crise humanitaire ». Il appelle à l’aide le gouvernement fédéral et les Nations unies, refusant de dépenser l’argent des contribuables. Des policiers antiémeute surveillaient, lundi, les alentours du stade et les postes frontaliers de Tijuana. Mais le gouvernement mexicain refuse de déployer l’armée, malgré les pressions de M. Trump pour « stopper » cet exode.

  • des policiers anti émeute: 防爆警察
  • exode = exodus

Projet d’accord

Le 1er décembre, le futur président, Andres Manuel Lopez Obrador (surnommé « AMLO »), héritera de la crise. Il a réuni en urgence, dimanche, son équipe face à un phénomène qui pourrait s’amplifier, menaçant la sécurité intérieure du Mexique. « Nous sommes très préoccupés, a reconnu Olga Sanchez, future ministre de l’intérieur d’« AMLO ». Les droits de l’homme seront respectés (…). Mais les relations avec le gouvernement américain pourraient être affectées. » Quant à Marcelo Ebrard, futur ministre des affaires étrangères, il a annoncé « de futures initiatives de développement pour répondre aux causes des flux de migrants ».

Des négociations sont en cours entre le prochain gouvernement d’« AMLO » et l’administration de M. Trump, d’après la presse américaine et mexicaine. Un projet d’accord prévoit que les demandeurs d’asile restent au Mexique le temps de l’examen de leur situation aux Etats-Unis. En retour, le gouvernement américain s’engagerait à promouvoir des investissements, surtout privés, pour développer les régions marginalisées du sud du Mexique. L’aide de Washington aux pays d’Amérique centrale (600 millions de dollars) serait aussi doublée.

Absorber la main-d’œuvre

Le plan régional fait écho aux grands travaux annoncés par « AMLO » dans le sud du pays. En tête, la construction du « Train Maya », une voie ferroviaire de 1 500 km sur la péninsule du Yucatan, ainsi que la plantation d’un million d’hectares d’arbres fruitiers dans l’Etat du Chiapas, avec plus de 400 000 emplois à la clé. Sans compter l’attribution aux migrants de visas de travail, dont les démarches seraient facilitées.

L’économie mexicaine arrivera-t-elle à absorber cette main- d’œuvre ? « AMLO » l’assure. Le pays ne compte que 7 réfugiés pour 100 000 habitants, selon l’ONU. Un centre de recrutement a été monté à Tijuana. Environ 45 000 emplois seraient vacants à la frontière, 160 000 dans le reste du pays, selon le ministère du travail. Mais un autre défi se profile pour « AMLO » avec ces centaines d’habitants de Tijuana qui se sont mobilisés, ces derniers jours, pour exiger l’expulsion des migrants. Encore limité, le phénomène est très médiatisé. Selon un sondage publié, dimanche par le quotidien El Universal, 53 % des Mexicains rejettent les visas de travail proposés aux Centraméricains, contre 47 % un mois plus tôt. Dès le 1er décembre, « AMLO » devra vite convaincre des deux côtés de la frontière.

  • main-d'oeuvre=manpower
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