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La musique à l’ère des nouvelles technologies

GIULIA D’ANNA LUPO Agathe Charnet

Les compositeurs sont formés aux outils numériques les plus pointus. Les cursus de composition à l’image se développent

  • outils numériques 软件工具
  • pointus
  • les cursus de composition

Alors que les formations du spectacle – citons les treize écoles supérieures d’art dramatique, les pôles supérieurs d’enseignement artistique ou l’important réseau de conservatoires – ont traditionnellement vocation à former des interprètes et des techniciens, les cursus dévolus à l’écriture ou à la composition s’affirment en France. Une façon de donner toute sa place au créateur au sein des réseaux professionnels et de promouvoir le répertoire de demain, en adéquation avec les enjeux sociétaux et l’essor de nouveaux outils numériques.

La preuve au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (CNSMDP). « Est-ce qu’on peut réécouter la voix de Donald Trump, mais avec le piano ? » En quelques clics, l’auteur du morceau, Samuel Taylor, s’exécute et diffuse dans la salle de classe le premier mouvement de sa nouvelle création musicale. Son enseignant, le compositeur Frédéric Durieux, écoute avec attention l’extrait d’un discours du président américain, mêlé à des notes de piano qui pastichent avec ironie les intonations de sa voix. Le maître et l’élève observent simultanément la partition numérique du morceau, conçue par Samuel grâce à un logiciel spécialisé.

  • réécouter
  • morceau
  • le premier mouvement
  • des notes de piano
  • pasticher
  • les intonations de sa voix

L’œuvre de Samuel Taylor, mêlant supports numériques et musique instrumentale jouée en direct, sera présentée en mars au Conservatoire. Trois mois de travail acharné, pour une dizaine de minutes de concert. « J’avais envie de faire rire les gens en soulignant l’absurdité des propos de Donald Trump par la musique », explique l’apprenti compositeur de 26 ans. Ce jeune Australien a commencé par les musiques actuelles et le jazz avant de passer le concours du département de composition du CNSMDP. « Ce cursus est très réputé à l’international, révèle-t-il. Debussy et Ravel sont passés par là et nous avons beaucoup d’occasions de faire des concerts pour nous faire connaître au cours de notre scolarité. »

  • trois mois de travail acharné
  • Debussy
  • Ravel

Atteindre la notoriété d’un Hector Berlioz ou d’un Pierre Boulez et voir ses œuvres jouées aux quatre coins du monde, voici donc ce qui anime la trentaine de compositeurs présents sur les bancs du CNSMDP, de la licence au master. Ils bénéficient durant leur cursus d’un accompagnement personnalisé par des professionnels de la composition et d’une solide formation autant en culture générale qu’en maîtrise des supports numériques. Un diplôme de composition de musique pour l’image a également été créé en 2012.

  • Hector Berlioz
  • Piere Boulez
  • aux quatre coins du monde

« Un lieu de rencontres »

« Le Conservatoire a toujours été dirigé par des compositeurs, souligne Bruno Mantovani, à la tête du prestigieux établissement, qui compte plus de 1 200 étudiants, danseurs, musiciens et techniciens du son. C’est un lieu de rencontres, qui permet de forger un réseau de jeunes interprètes et de créateurs. Un lieu de la modernité, où se crée en permanence le patrimoine. » Et, pour innover et expérimenter de nouvelles sensations auditives, les compositeurs manient tout aussi bien les subtilités de la transcription musicale que le clavier de leur ordinateur. « La musique électroacoustique [non exclusivement instrumentale] est née ici avec Pierre Schaeffer dans les années 1940, rappelle Bruno Mantovani. Elle fait donc partie intégrante de notre enseignement. »

  • techniciens du son 音响师
  • manient
  • Pierre Schaefer

Rémi Bricout, 29 ans, est particulièrement friand des possibilités offertes par les nouvelles technologies. Présent « du matin au soir » dans le studio réservé aux compositeurs, ce violoniste de formation explore les enjeux de la spatialisation, une technique qui permet de déplacer le son tout autour du public en temps réel et de jouer sur les vibrations ressenties par l’auditoire. « On peut dire que tout a changé, s’enthousiasme-t-il. Dans les années 1950, on découpait le son manuellement, sur des bandes – créer un morceau de deux minutes prenait parfois une année de travail – et aujourd’hui on peut modeler le son à notre guise grâce au numérique. »

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  • les enjeux de la spatioalisation
  • a notre guise

Les technologies offrent des possibilités formidables, « mais elles restent un outil », tempère Frédéric Durieux. Pour cet enseignant en composition depuis 2001, « ce qui compte, c’est surtout de mener les étudiants le plus loin possible dans leur écriture, d’accompagner leur écoute ». En effet, un compositeur en herbe doit apprendre à développer son « oreille intérieure », sa capacité à percevoir les notes et à « visualiser la musique sans l’entendre », afin de développer sa propre identité musicale.

  • un compositeur en herbe 稚嫩的作曲家

A la fin de leur formation, les artistes formés au CNSMDP peuvent espérer voir leurs pièces interprétées par des ensembles contemporains, répondre à des commandes spécifiques et enseigner à leur tour ce qui leur a été transmis. « La musique dite savante a deux ennemis, conclut Frédéric Durieux. Ceux qui considèrent le répertoire comme un musée intouchable et ceux qui sont amnésiques, oublieux de tout ce qui a été fait auparavant. Il faut prendre en compte ces deux écueils pour qu’elle puisse se perpétuer. » Un défi que ces apprentis compositeurs du XXIe siècle se sentent prêts à relever.

  • la musique dite savante a deux ennemis
  • amnésiques
  • écueils
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