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Automobile : les Allemands prêts à investir aux Etats-Unis

Face aux menaces de sanctions agitées par Donald Trump, BMW envisage d’implanter une nouvelle usine en Caroline du Nord

NEW YORK - correspondant

C’est un compliment en forme de menace. Dans un de ses Tweet matinaux, Donald Trump a félicité, jeudi 29 novembre, le constructeur automobile allemand BMW. « Les entreprises investissent en masse aux Etats-Unis, y compris BMW, qui vient d’annoncer une nouvelle grande usine », a-t-il annoncé. L’annonce n’est pas officielle, le projet simplement à l’étude. Il n’empêche, les Allemands se mettent à investir sur le territoire américain, avec deux objectifs. Amadouer le président américain et ainsi échapper aux 25 % de droits de douane sur les importations automobiles qu’il menace d’imposer dès la semaine prochaine. Et si ces droits sont finalement imposés, s’immuniser contre les risques de guerre commerciale, en produisant auprès du consommateur américain en franchise de droits de douane.

  • c’est un compliment en forme de menace: 这看似威胁,实际是表扬
  • le projet simplement a l'étude: 这个项目还在调研阶段
  • amadouer 讨好
  • s’immuniser 免疫

La tension entre les Etats-Unis et les constructeurs allemands est au plus fort : le Handelsblatt a révélé que les dirigeants de BMW, Mercedes et Volkswagen sont conviés à la Maison Blanche, peut-être dès mardi 4 décembre, après le sommet du G20 de Buenos Aires. Ils doivent rencontrer le secrétaire au commerce, Wilbur Ross, et le représentant au commerce, Robert Lighthizer.

Ce cavalier seul des industriels allemands agace les gouvernements européens et complique la tâche de la commissaire au commerce, Cecilia Malmström, qui est censée mener les négociations. Le chantage aux sanctions contre ceux qui ne jouent pas le jeu du « Make America great again » (« rendre sa grandeur à l’Amérique ») marche mieux qu’on ne le croit. En janvier, Fiat Chrysler a annoncé qu’il allait rapatrier l’ensemble de sa production mexicaine de pick-up dans ses deux usines de l’Illinois, d’ici à 2020. C’est au tour des Allemands de lâcher du lest.

  • cavalier seul: 单独行动
  • jouer le jeu: play the game
  • lâcher du lest = make concessions

Recrudescence des tensions

La nouvelle implantation de BMW, si elle est confirmée, l’aiderait aussi à se mettre en conformité avec le nouvel accord de libre-échange signé entre les Etats-Unis, le Mexique et le Canada, qui doit encore être ratifié par le Congrès. Pour ne pas être soumis à droit de douane, une automobile devra à l’avenir comprendre 75 % de composants nord-américains, contre 62,5 % actuellement. Las, la plus grande usine du monde de BMW, celle de Spartanburg (Caroline du Sud), dont la capacité va passer de 400 000 à 450 000 véhicules par an, ne satisfait pas à ces nouveaux critères. La construction sur place de moteurs et de systèmes de transmission permettrait de résoudre ce problème. BMW, qui exporte une part de ses modèles assemblés sur le territoire américain vers la Chine, est également particulièrement frappé par la guerre commerciale à laquelle se livrent les deux pays.

Pour sa part, Volkswagen est à la recherche d’un site pour des voitures électriques tandis que Daimler a entamé la construction d’une usine de batteries sur son méga-site industriel de Tuscaloosa en Alabama. D’une manière générale, l’automobile étant un secteur ultrasensible, la meilleure protection est de produire auprès des consommateurs. Les Japonais suivent depuis trente ans cette méthode. Mazda et Toyota ont lancé, en novembre, la construction d’une usine commune de 1,6 milliard de dollars (1,4 milliard d’euros) en Alabama.

Les Européens ne sont pas sortis d’affaire. Dans un entretien accordé au Wall Street Journal, lundi 26 novembre, M. Trump raillait les Européens et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, qui se serait carapaté de la Maison Blanche « à 7 heures du matin » dès que M. Trump a parlé de taxer les voitures. Le président américain exige de l’Europe une baisse de ses barrières réglementaires et surtout de ses droits de douane : ils sont de 10 % sur les importations automobiles américaines en Europe contre 2,5 % dans le sens inverse. Les Allemands seraient favorables à une telle concession, à l’inverse des Français et des Italiens, qui craignent la concurrence des voitures asiatiques. M. Trump a indiqué qu’il ne signerait pas avec l’Europe le type d’accord jugé défavorable qu’a accepté le Royaume-Uni, et a menacé d’imposer des droits : « S’ils n’acceptent pas un accord équitable, je le fais en cinq minutes. »

  • sortir d’affaire
  • railler: 嘲笑
  • se carapater 匆忙逃走

Cette recrudescence des tensions et ces nouvelles menaces ont été provoquées par General Motors, qui a annoncé, en début de semaine, la fermeture de quatre usines et d’une cinquième au Canada. Rappelant que la firme de Detroit avait été sauvée en 2009 par l’administration Obama – 50 milliards de dollars d’aides et un coût final de 11,2 milliards –, Donald Trump a reproché à GM de ne pas avoir fermé d’usine en Chine. Et menacé d’imposer des droits de 25 % pour forcer les constructeurs à produire sur le sol américain.

En réalité, GM va mal. Ses berlines se vendent mal – comme en général celles fabriquées par les constructeurs américains. « Les berlines ne sont pas mortes, mais les berlines américaines le sont », a tranché l’agence Bloomberg, qui note la bonne résistance des marques japonaises. Par ailleurs, GM souffre d’avoir trop d’usines, trop de marques, et pas assez de rentabilité ni de cash-flow, alors qu’elle doit investir massivement pour préparer l’avènement de la voiture électrique et connectée. Dans ce contexte, les menaces de Donald Trump, qui promet de supprimer les aides fiscales accordées à la voiture électrique, sont jugées infondées, sans vraie portée – GM devrait atteindre prochainement le plafond des aides, même s’il espérait un relèvement par le Congrès. Mais elles risquent de faire une victime collatérale, les Européens.

  • infondée:没有根据
  • sans vraie portée: 没有真正的影响
20181201-p28-bmw.txt · 最后更改: 2019/05/25 08:04 由 82.251.53.114