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Donald Trump, bons baisers de Russie

  • 这个题目是模仿007电影改变的。 bons baisers de Russie: love from Russia

Donald Trump, en avril 2011. MARCO GROB/TRUNKARCHIVE.COM

Nicolas Bourcier

RUSSIAGATE 2|3

« Le Monde » consacre une série d’articles à l’affaire américano-russe qui menace le président américain. Aujourd’hui, retour sur les innombrables connexions établies par le milliardaire avec le bloc de l’Est

ELONDRES, WASHINGTON - envoyé spécial

Moscou, 9 novembre 2013. L’après-midi est déjà bien avancé, et Donald Trump devient nerveux. « Est-ce que Poutine sera là ? », demande-t-il sans cesse. L’homme d’affaires américain, roi de la télé-réalité et de la promotion immobilière de luxe, est dans la capitale russe depuis une journée, et l’organisation du concours de Miss Univers, un concept qu’il porte depuis des années, entre dans sa phase critique. Près d’un million de téléspectateurs sont censés suivre, ce soir, le spectacle au Crocus City Hall. Les 86 candidates viennent de passer trois semaines en ville. Au programme : visite de la place Rouge et du Bolchoï, partie de golf et pose en bikini.

  • la place Rouge: 红场
  • le Bolchoi: 博社儿国家芭蕾舞团

Donald Trump a acquis les droits du concours en 1996. Un investissement juteux, soutenu par une multitude de partenaires. Pour accueillir la première édition moscovite, l’oligarque Aras Agalarov, un promoteur milliardaire assez proche du président russe pour être surnommé « le bâtisseur de Poutine », a déboursé près de 14 millions de dollars. De quoi ravir le magnat new-yorkais, qui tente vainement, depuis des décennies, de développer des projets immobiliers à Moscou. Ce show est à ses yeux l’occasion à saisir pour enfin entrer de plain-pied dans le business local.

  • juteux: juicy (VPF.p.190)
  • oligarque
  • le bâtisseur de Poutine 普京的builder
  • débourser 花费
  • entrer de plain-pied: enter with equal footing.

« Où est Vladimir Poutine ? » La question l’obsède. En juin déjà, au moment d’annoncer la tenue du concours à Moscou, il avait tweeté : « Croyez-vous que Poutine viendra au concours Miss Univers en novembre à Moscou, et si oui est-ce qu’il deviendra mon nouveau meilleur ami ? » A peine arrivé dans la capitale, il reçoit un message du Kremlin transmis par Aras Agalarov : « M. Poutine aimerait rencontrer M. Trump. » De quoi exacerber son excitation. Un deuxième message lui parvient, indiquant que Dmitri Peskov, bras droit et porte-parole du président russe, l’appellera sous peu. Si quelqu’un peut faciliter un tel rendez-vous, c’est bien ce Peskov, lui a assuré le publicitaire britannique Rob Goldstone. Cet ancien journaliste de tabloïds londoniens a été l’un des intermédiaires de Trump pour la tenue du show.

  • exacerber son excitation
  • sous peu: very soon 这个用法我们在G20一文中学过
  • le publicitaire britannique 英国公关
  • journaliste de tabloïds 小道消息的记者

Miss Univers et la boîte noire

Tandis que le public s’installe dans la salle, l’Américain s’impatiente. M. Poutine n’est toujours pas là, mais le balcon réservé aux VIP offre un aperçu de « sa » Russie : il y a là Vladimir Kozhine, son conseiller ; Léonid Fedoun, vice-président de la compagnie pétrolière Lukoil ; Alexeï Mitrofanov, parlementaire et nationaliste fervent. Un téléphone sonne. M. Agalarov le passe à M. Trump. Le fameux Peskov est au bout du fil. Il informe l’homme d’affaires que Poutine ne viendra pas.

On ne sait pas comment l’Américain a réagi, mais le show s’est déroulé sans accroc. Emin, chanteur pop et fils d’Aras Agalarov, est monté sur scène à deux reprises, sous les yeux de Donald Trump, assis au premier rang, au côté de son père. Steven Tyler, le chanteur star du groupe rock Aerosmith, a joué son classique Dream On, et Miss Venezuela a été couronnée sous les applaudissements. D’après le journal russe Kommersant, le visiteur new-yorkais a passé toute la fête qui a suivi à discuter avec les candidates.

  • se dérouler sans accroc (VPF.p.116,170) Le skieur a descendu la piste sans anicroche = sans accroc=sans encombre.

Le lendemain, plusieurs médias russes et américains annoncent qu’il a également mis son séjour à profit pour lancer un grand projet à Moscou. Dans un entretien accordé au magazine Forbes, Emin indique que son père et Donald Trump ont l’intention d’ériger une Trump Tower et une Agalarov Tower côte à côte dans la capitale. De retour à New York, après un détour par la Caroline du Nord pour assister au 95e anniversaire du télévangéliste Billy Graham, l’Américain tweete : « Je rentre tout juste de Moscou – j’ai appris beaucoup & beaucoup. » Le lendemain, il ajoute sur son fil : « La TRUMP TOWER MOSCOU arrive. » Quelques jours plus tard, c’est au tour de la fille d’Aras Agalarov de venir dans les bureaux new-yorkais du concours Miss Univers. Elle y dépose à l’intention de Donald Trump un cadeau personnel de Vladimir Poutine, une boîte laquée de noir. A l’intérieur, une lettre scellée signée de sa main, dont le contenu restera secret.

  • mettre son séjour a profit pour faire qch. Take advantage of the stay to do something
  • une boîte laquée de noir 黑盒子
  • une lettre scellée signee de sa main 普京亲笔签名蜡封的信

« La naissance d’une bromance »

  • bromance: 兄弟情

Cette séquence moscovite est un moment-clé dans l’histoire du président des Etats-Unis, un épisode crucial dans sa relation avec les hommes forts du Kremlin. A l’époque, il n’était pas encore le candidat du Parti républicain raflant tout sur son passage, mais un homme d’affaires soucieux de s’implanter en Russie. Durant son bref passage dans ce pays, il a fait la démonstration de son admiration pour le leader russe. « La naissance d’une bromance, ou de quelque chose de plus sombre », résume David Corn, célèbre journaliste d’investigation de l’hebdomadaire Mother Jones, coauteur avec l’enquêteur Michael Isikoff de l’étourdissant Russian Roulette (Twelve, 2018, non traduit).

  • raflant
  • étourdissant

Dès le début de la campagne présidentielle de 2016, l’inventaire des propos laudateurs de Donald Trump sur Vladimir Poutine – tenus avant, pendant et après l’élection de Miss Univers – provoque une onde de choc. Les services de renseignement américains sont déconcertés. Nombre d’élus démocrates, et même républicains, sont troublés. Aujourd’hui encore, ses mots bienveillants et son attitude complaisante n’en finissent pas de soulever des interrogations et de nourrir la chronique sans fin du « Russiagate », l’affaire d’ingérence russe dans l’élection présidentielle de 2016.

  • l’inventaire des propos laudateurs
  • attitude complaisante
  • ses mots bienveillants

Ces deux jours passés par M. Trump à Moscou ont donc été scrutés à la loupe, ses relations et entretiens décortiqués. Ainsi sait-on aujourd’hui qu’il avait alors occupé la suite présidentielle du Ritz-Carlton, là même où avait dormi le couple Obama, qu’il honnissait, lors de sa visite de 2009. C’est également dans cette suite que le milliardaire aurait été filmé à son insu avec des prostituées russes, à en croire un rapport d’un ancien agent britannique, Michael Steele. L’œuvre, d’après cet ex-espion, d’un kompromat (un « document compromettant ») dans la plus pure tradition soviétique, utilisé par les autorités russes pour le faire chanter.

  • être scruté a la loupe: 用放大镜仔细看
  • décortiqués
  • honnir
  • être filmé a son insu: filmed without him knowing
  • un kompromat: un document compromettant.
  • faire chanter: blackmail someone.

Le dossier Steele a été critiqué, jugé invérifiable, rejeté par les principaux médias et qualifié de « faux » par MM. Poutine et Trump, ce dernier allant jusqu’à accuser les services de renseignement américains d’utiliser des méthodes « nazies » pour l’avoir diffusé. Il n’empêche. Les notes émises par cet ex-agent – « un homme réputé pour sa fiabilité », selon les propres termes d’un ancien directeur du FBI – se sont retrouvées au cœur de l’incroyable imbroglio sur l’ingérence russe.

  • aller jusqu’à accuser…go as far as accusing…
  • il n’empêche
  • imbroglio: 意大利语,混乱的场面 (VPF.p.150,210) La démission du ministre a jeté la confusion au sein de son parti. tout est confus, personne n’y voit clair. C’est un veritable imbroglio.

Sur le fond, et à quelques rares détails près, le rapport n’a pas été factuellement contredit jusqu’ici. Dans la forme, il a eu le mérite de pointer les liaisons entretenues par M. Trump, sa famille et son entourage avec certains cercles du Kremlin. Mieux, la multitude d’enquêtes qui s’ensuivit a fait émerger un saisissant tableau des connexions russes du magnat de l’immobilier. Elles ont révélé des « traces » russes dans ses affaires dès les années 1980, puis dans sa campagne électorale, voire depuis son arrivée à la Maison Blanche. Non seulement il a cultivé un intérêt singulier pour le marché et les réseaux russes, mais ceux-ci ont occupé à leur tour les moindres recoins de sa sphère publique et privée.

  • un saisissant tableau:a striking picture
  • les moindres recoins

Son premier « contact » avec le bloc de l’Est remonte aux années 1970. Donald Trump rencontre un mannequin tchécoslovaque de 28 ans, Ivana Zelnickova. Née à Zlin, une ville de Moravie connue pour ses usines de construction aéronautique, la jeune femme a d’abord été mariée à un agent immobilier australien avant de déménager au Canada, puis à New York. Donald Trump l’épouse en avril 1977. Citoyenne d’un pays communiste, elle intéresse à la fois les services secrets tchèques (le StB), le FBI et la CIA. Selon Luke Harding, journaliste au Guardian, proche de Michael Steele et auteur du livre réquisitoire Collusion (Flammarion, 2017), il est impossible de savoir avec précision quand le KGB a ouvert un dossier sur Trump. Mais ce fin connaisseur de la Russie affirme qu’il a été sans doute repéré par les services soviétiques durant cette période.

  • 普通列表项目

D’après les archives de Prague, déclassifiées en 2016, les espions tchèques gardaient un œil sur le couple à Manhattan. « Ils ouvraient les lettres envoyées à Ivana par son père, Milos, ingénieur, détaille Luke Harding. Milos n’avait jamais servi d’agent, mais il entretenait une relation fonctionnelle avec la police secrète tchèque, qui lui demandait comment sa fille se portait à l’étranger. La famille Trump était placée sous surveillance périodique aux Etats-Unis. » Comme leurs homologues des autres pays du bloc soviétique, les Tchèques partageaient leurs informations avec le KGB. A l’époque, M. Trump pouvait les intéresser à plusieurs égards : marié à une femme d’Europe de l’Est, il éprouvait un intérêt grandissant pour la politique.

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L’enfer, c’est les hôtes

En 1987, le couple est invité à Moscou à la suite d’une rencontre, organisée à New York par l’homme d’affaires américain Leonard Lauder, fils de la reine des cosmétiques Estée Lauder, avec l’ambassadeur Iouri Doubinine, accompagné de sa fille Natalia. « Elle avait lu des articles sur la Trump Tower et savait tout à son sujet », se vantera peu de temps après Donald Trump, dans son best-seller The Art of the Deal (Random House, 1987). L’ambassadeur est un diplomate chevronné, connu pour avoir servi d’interprète à Nikita Khrouchtchev lors de sa rencontre avec Charles de Gaulle à l’Elysée, en 1960. C’est lui qui organise ce voyage de Trump à Moscou, payé par le gouvernement soviétique. L’Américain y débarque avec son épouse le 4 juillet 1987. La suite de Lénine au National Hotel leur est réservée. Le fait que l’établissement soit sous surveillance du KGB est un secret de Polichinelle. Mais M. Trump ne semble pas s’en soucier.

  • un diplomate chevronné:an experienced diplomate. (VPF.p.132) Grégoire est un professeur chevronné(=tres expérimenté) et un pédagogue averti (=instruit, compétent), qui sait transmettre = enseigner = inculquer aux élèves ce qui est important.
  • la suite de Lénine 列宁套房
  • polichinelle. (VPF.p.52) le lieu du mariage est un secret bien garde <> un secret de Plichinelle (un secret que tout le monde connaît). Même les proches des maries taisent le secret. la presse espère qu’ils ne se marieront pas en secret = en cachett = en catimini (<>au vu et au su de tout le monde )

Dans son livre, il raconte avoir visité à cette occasion « une demi-douzaine de sites potentiels pour la construction d’un hôtel, dont plusieurs près de la place Rouge ». Naïveté feinte ? « J’étais impressionné par l’envie des représentants soviétiques de conclure un marché », écrit-il. Pour Luke Harding, il ne fait guère de doute que Donald Trump a été « harponné ». Il faut dire qu’il présente, pour les Soviétiques, le profil idéal du poisson à ferrer : ego et ambition démesurés, homme à femmes, intéressé par l’argent et donc potentiellement corruptible.

  • naïveté feinte? 伪装的天真吗?
  • harponné
  • ferrer
  • homme à femmes: lady’s man 在miro一文中我们学过这个用法

Ce premier voyage est pour lui « une expérience extraordinaire ». En matière de partenariats commerciaux, il ne donne rien – les négociateurs soviétiques imposaient une joint-venture où 51 % des parts leur revenaient, un préalable inconcevable pour lui. Mais, fait étrange, il rentre à New York avec un regard neuf sur ses ambitions. Pour la première fois, il affirme envisager un destin politique et pas des moindres : la présidence.

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Très vite, il achète des pages entières de publicité dans le New York Times, le Washington Post et le Boston Globe. Adressé « au peuple américain » de la part de « Donald John Trump », le texte a pour titre : « Pour soigner les maux de la politique étrangère américaine en matière de défense, il suffirait d’un peu de cran ». Il s’en prend au « Japon et d’autres nations » alliées, accusés de s’être enrichis en profitant de la générosité américaine. L’heure est venue, d’après lui, de ne plus laisser l’Amérique être « la risée des autres ». Autant de formules susceptibles de plaire aux dirigeants soviétiques, prompts à creuser les divergences au sein de l’OTAN.

  • il suffirait d’un peu de cran
  • s’en prendre
  • la risée des autres: others’ laughing stock. (VPF.p.90) dans ses pieces de théâtre, Molière tourne en ridicule =raille les travers humains: il se moque des défauts de ses personnages, qui sont souvent la risée du public.

Ces années-là, Donald Trump bénéficie d’importants versements d’argent de clients russes. Des oligarques parfois liés à la mafia et qui, par leurs investissements, sauvent son empire immobilier. Déjà, en 1984, un an après l’ouverture de sa Trump Tower à New York, un certain David Bogatine, associé présumé de Semion Moguilevitch – le « parrain des parrains » de la pègre russe –, achète cinq appartements du 62e étage pour 6 millions de dollars. Trois ans plus tard, Bogatine sera condamné pour fraude après s’être servi de ses biens immobiliers pour blanchir de l’argent.

  • versement (VPF.p.194) Une société cotée en Bourse doit verser des dividendes a ses actionnaires. Le versement de ces bénéfices est décidé en assemblées générale.
  • la pègre russe: the Russian underworld.

Le fauteuil de Poutine

Autre épisode étrange : pourquoi un célèbre criminel moscovite, Viatcheslav Ivankov, recherché par le FBI, a-t-il trouvé refuge, en 1992, dans un luxueux appartement de la Trump Tower ? Avant l’arrivée de la police, il aurait fui au Taj Mahal d’Atlantic City, un casino appartenant à Trump très fréquenté par de riches Russes. Bien sûr, l’homme d’affaires américain ne saurait être tenu pour responsable de toutes les activités louches de sa clientèle. Mais son environnement financier et professionnel commence alors à prendre une singulière coloration.

  • les activities louches
  • prendre une singulière coloration

Ainsi, en octobre 1996, la Trump Organization annonce que son président se rend à Moscou afin de discuter de la construction d’un complexe d’immeubles. Voilà cinq ans que l’Union soviétique est effondrée ; le pays vit une période de privatisations sauvages et de clientélisme effréné. Donald Trump a divorcé d’Ivana et a survécu à l’un des pires moments de sa carrière, en 1990, lorsque son groupe a croulé sous les dettes, le laissant virtuellement en faillite. Kommersant mentionne dans ses colonnes l’arrivée sur le sol russe d’un « célèbre homme d’affaires », qui a été « riche, puis à sec avant de refaire fortune ». Lui compte surtout relancer les célèbres hôtels Moskva et Rossiya. Il s’entoure d’Howard Lorber, un homme d’affaires dont la société, Vector Group, a des intérêts dans ce pays. Mais le projet échoue à nouveau. Trump aurait alors manqué d’appuis et de partenaires suffisamment solides. Un an plus tard, l’économie russe s’effondre à son tour.

  • viola cinq ans que l’Union soviétique est effondrée: 这里的 voilà = il y a. 五年前苏联解体。
  • clientélisme effréné: 无节制的收买人心/买选票。
  • crouler sous les dettes: 背负巨大的债务而苟延残喘
  • qui a été riche, puis à sec avant de refaire fortune. 先是富人,然后没钱了,然后有重新变成富人。 a sec: 没钱

Peu près, à cette période mouvementée, un autre homme apparaît dans les réseaux de Donald Trump : Felix Sater, un juif russe émigré, dont le père, Mikhaïl Sheferovksy, a été un boss de la mafia russe de Brooklyn sous les ordres de Moguilevitch. Fraudeur de modeste envergure à Wall Street, repéré par le FBI, Sater préfère passer un accord de collaboration avec l’agence fédérale : après avoir plaidé coupable dans une affaire de racket, il obtient l’immunité en échange de ses « services ».

  • a cette période mouvementée
  • fraudeur de modeste envergure a Wall Street 华尔街的小骗子。 (VPF.p.130)
  • une affaire de racket: rackettering

En 2000, ce même Felix Sater commence à travailler pour une compagnie immobilière du nom de Bayrock, lancée à Moscou à la fin de l’ère communiste. Son fondateur, Tevfik Arif, ancien bureaucrate, s’installe à New York après un passage par la Turquie. En 2003, les bureaux de Bayrock emménagent au 24e étage de la Trump Tower, deux étages au-dessous des locaux du « maître » des lieux, Donald Trump. Les trois hommes deviennent associés. En 2005, le businessman new-yorkais donne à Bayrock les droits exclusifs pour développer une joint-venture en Russie.

  • 普通列表项目

Pendant cinq ans, Sater travaille ainsi sur différents contrats concernant les propriétés de Trump. Comme le souligne Luke Harding, il possède même une carte de visite de la Trump Organization à son nom, en tant que « conseiller personnel de Donald Trump ». A la demande de ce dernier, Sater a reçu ses enfants, Ivanka et Donald Jr, à Moscou, en 2006, pour leur faire visiter la capitale. Il s’est même arrangé pour qu’Ivanka « s’asseye dans le fauteuil personnel de Poutine dans son bureau du Kremlin ». Un détail dont la jeune femme assurera ne pas se souvenir.

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Inflexible tropisme

  • tropisme

Autour de cette date, Bayrock s’est associé à un fonds spéculatif islandais, FL Group, basé aux îles Vierges britanniques. A l’époque, les agents du fisc américains soupçonnent Moscou de se cacher derrière le fonds. Une assertion toutefois difficile à prouver en raison de l’opacité des sociétés-écrans auxquelles le fonds était lié. Au total, FL Group aura financé trois gros projets de M. Trump, à Manhattan, dans le Queens et à Fort Lauderdale (Floride). En septembre 2007, lors d’une soirée d’inauguration, une photo montre le trio Sater-Arif-Trump tout sourire. Mais, trois mois plus tard, le New York Times révèle les histoires criminelles de Sater, bientôt contraint de quitter Bayrock. Interrogé par le journal, Donald Trump se dit stupéfait et affirme n’avoir rien su du passé de Sater. Cela ne l’empêchera pas, en 2010, de le réembaucher en tant que consultant… L’homme d’affaires n’est pas à une contradiction près. Ainsi assure-t-il, dans une déposition datée de 2013, être incapable de reconnaître Sater dans une pièce.

  • îles Vierges britanniques: British Virgin Islands.
  • Les agents du fisc américains 美国税务部门

Au cours de ces années d’intense activité en direction de la Russie, M. Trump choisit différents angles d’attaque. En 2007, il enregistre son nom en tant que marque auprès des régulateurs moscovites. Il devient le producteur exécutif de la version russe de l’émission télévisée The Apprentice, développe une Trump Vodka et s’essaie même à organiser des shows d’arts martiaux avec Fedor Emelianenko, champion poids lourd MMA admiré par Poutine. Son fils, Donald Trump Jr, effectue pour sa part une demi-douzaine de voyages en Russie. Lors d’un discours à Moscou, en 2008, sur la Trump Organization, il lâche : « Les Russes représentent un échantillon démesuré d’une grosse partie de nos actifs. Nous prévoyons une pluie d’argent en provenance de Russie. » Il n’a pas tort, mais le jackpot tant attendu par son père viendra d’une plage de Floride.

Pour prendre la mesure de cette histoire, il faut remonter en 2004, année où Donald Trump acquiert pour 45 millions de dollars une villa pharaonique à Palm Beach (Floride). Deux ans et quelques menus travaux plus tard, il décide de mettre la « Maison de l’Amitié » – son nom officiel – en vente 125 millions de dollars. Un prix stratosphérique qui ne trouvera pas acquéreur. Puis arrive le krach du marché de l’immobilier. Trump baisse le prix de 20 %. C’est là qu’un oligarque russe arrive à la rescousse : Dmitri Rybolovlev, un personnage au parcours intrigant, patron d’une entreprise de fertilisants. « Le roi de l’engrais », comme on le surnomme alors, figure parmi les personnages les plus riches du pays. Il achète la villa pour 95 millions, soit une plus-value de 50 millions de dollars empochée par M. Trump. Une belle affaire en pleine tourmente financière. L’oligarque – aujourd’hui connu pour vivre à Monaco et posséder le club local de football – ne mettra jamais un pied dans la demeure, qu’il finira même par faire démolir.

  • une villa pharaonique: 巨大的别墅
  • quelques menus travaux: 几个小装修工程
  • un prix stratosphérique 极贵
  • le krach du marché de l’immobilier 房地产的crash
  • arriver a la rescousse: arriver for his rescue.
  • un personnage au parcours intrigant: 有着神秘经历的人物
  • le roi de l’engrais 肥料大王
  • empochée
  • une belle affaire en pleine tourmente financière
  • ne mettra jamais un pied dans la demeure: 没有涉足这个房子一次

Donald Trump a beau traiter tous azimuts avec les Russes, il ne concrétise pas son rêve de voir son nom briller en haut d’un gratte-ciel à Moscou. Malgré tout, il poursuit ses efforts, au-delà même du raisonnable. Ainsi, alors que sa nomination comme candidat républicain à la présidentielle est acquise, il continue, jusqu’en juin 2016, d’encourager des négociations en vue de faire avancer ses projets immobiliers.

  • avoir beau + inf.
  • azimuts

Sa campagne est, elle aussi, révélatrice de son inflexible tropisme russe. Très vite, ses propos détonnent et la galerie de personnages avec laquelle il décide de mener bataille fait grincer des dents. Les observateurs révèlent le passé trouble de certains et notent l’étrange alignement sur les positions russes. Lorsqu’il annonce au Washington Post, le 21 mars 2016, les noms de ses conseillers en politique étrangère, deux d’entre eux surprennent : Carter Page et George Papadopoulos, deux inconnus pour la plupart des spécialistes.

  • faire grincer des dents

M. Page s’avère être un consultant en énergie recruté au début des années 2010 par les services russes. Ancien de la Navy, il avait ouvert le bureau de la banque d’affaires Merrill Lynch à Moscou, en 2004, avant de conseiller Gazprom et d’investir dans le géant gazier. Une fois nommé dans l’équipe de campagne de M. Trump, il retourne dans la capitale russe. Il y rencontre le patron du géant pétrolier Rosneft, Igor Setchine, un ancien espion qui bénéficie de la confiance absolue de M. Poutine et lui promet, selon le rapport Steele, que « les sanctions contre la Russie [pour son rôle dans le conflit en Ukraine] disparaîtraient » en cas d’élection de Trump.

  • s’avérer: prove to be. (VPF.p.176.208).

M. Papadopoulos – « un type excellent », à en croire le futur président – est, quant à lui, un jeune Gréco-Américain installé jusque-là à Londres. Les enquêtes révéleront bien plus tard qu’il a essayé d’organiser une rencontre au sommet entre MM. Poutine et Trump. Trois jours après l’article du WashingtonPost, il déjeune dans la capitale britannique avec un mystérieux professeur originaire de Malte, un certain Joseph Mifsud, accompagné d’une « ravissante Russe » que ce dernier présente alors comme la « nièce de Poutine ». George Papadopoulos apprendra plus tard que la jeune femme s’appelle Olga Polonskaya et qu’elle n’a aucun lien de parenté avec le dirigeant du Kremlin. En avril, le même Mifsud l’informe que de hauts fonctionnaires russes possèdent des éléments compromettants sur Hillary Clinton – la candidate démocrate – sous la forme de milliers de courriels. L’affaire des messages électroniques du Parti démocrate n’éclatera qu’en juin.

  • lien de parenté. 亲属关系。 (VPF.p.154) Le style de ce bâtiment s’apparente a l’Art nouveau. Il existe des similitudes = des parentés entre ce bâtiment et l’Art nouveau. Ce bâtiment rappelé l’Art nouveau.

Les hommes du président

Recruté en même temps que MM. Page et Papadopoulos pour mettre de l’ordre dans la campagne du candidat Trump, Paul Manafort possédait lui aussi de solides connexions avec le « monde russe » cher à M. Poutine. Lobbyiste patenté, installé à la Trump Tower, il avait notamment conseillé l’ancien président ukrainien prorusse Viktor Ianoukovitch.

Autre cas intrigant : celui de Michael Flynn, éphémère conseiller à la sécurité nationale, nommé par Donald Trump en février 2016. Soupçonné d’avoir reçu des dizaines de milliers de dollars lors de voyages à Moscou, il aurait eu plusieurs contacts avec l’ambassadeur russe à Washington, Sergueï Kisliak. La première rencontre avec ce dernier – fils d’un célèbre agent, Ivan Petrovitch Kisliak, qui fut notamment chef de station du KGB à Paris – aurait eu lieu à Moscou en 2015, l’année où ce même Michael Flynn fut invité par la télévision russe RT à dîner à la table de Vladimir Poutine. Il aurait ensuite revu l’ambassadeur à Washington, comme le procureur général Jeff Sessions et le propre gendre de M. Trump, Jared Kushner.

  • autre cas intrigant: another mysterious case.
  • éphémère

Le gendre, le fils Trump Jr et Paul Manafort : les trois hommes les plus proches alors du candidat républicain se sont même rendus, le 9 juin 2016, à la Trump Tower pour y rencontrer une mystérieuse avocate russe, Natalia Veselnitskaya. Selon un intermédiaire, celle-ci devait leur fournir des éléments compromettants contre Mme Clinton. D’après l’équipe Trump, interrogée par les enquêteurs du procureur spécial Robert Mueller et différentes commissions parlementaires, l’entrevue n’avait rien donné. L’avocate vient pourtant d’être inculpée, mardi 8 janvier, pour entrave à l’exercice de la justice. L’acte d’accusation met en évidence ses liens avec l’exécutif russe. L’intermédiaire, lui, s’avère être Rob Goldstone, le promoteur britannique, le même qui avait œuvré pour l’organisation du concours de Miss Univers à Moscou…

  • entrave a l’exercie de la justice:

Prochain article : A la Trump Tower, des casseroles à tous les étages

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