用户工具

站点工具


20190113-p5-espion

Pologne : une affaire d’espionnage au profit de la Chine

Harold Thibault

Un Chinois et un Polonais, liés à Huawei, sont soupçonnés d’avoir agi « au détriment de la Pologne »

La Pologne a annoncé vendredi 11 janvier l’arrestation pour espionnage d’un Chinois travaillant pour le géant des équipements de télécommunication Huawei et d’un Polonais, ancien officier de la sécurité intérieure devenu conseiller de la filiale locale d’Orange. Tous deux ont été arrêtés mardi et sont soupçonnés d’avoir agi « pour le compte des services chinois et au détriment de la Pologne », a déclaré Stanislaw Zaryn, porte-parole du ministre coordinateur des services spéciaux.

Le ressortissant chinois, Wang Weijing, est un ancien attaché du consulat chinois de Gdansk passé directeur des relations publiques, puis directeur des ventes au secteur public de Huawei en Pologne. « Cela concerne ses actions, cela n’a rien à voir avec le groupe pour lequel il travaille », a pris soin de préciser M. Zaryn. Pékin s’est dit « très préoccupé » par son arrestation.

« Sécurité nationale »

La télévision publique a identifié le citoyen polonais sous le nom de « Piotr D. ». Il s’agirait de Piotr Durbajlo, qui fut sous-directeur du département de la sécurité de l’information de l’Agence de sécurité intérieure, le contre-espionnage polonais, jusqu’en 2011. Il avait notamment été chargé du développement d’un réseau mobile sécurisé pour les hauts responsables politiques du pays et faisait ces dernières années du conseil en Pologne pour Orange, qui y déploie un réseau 5G avec Huawei. Son profil LinkedIn mentionne également une mission de consultant auprès des services du premier ministre en 2016. Des bureaux de Huawei et d’Orange Polska ont été perquisitionnés.

L’affaire intervient alors que les Etats-Unis ont lancé, selon des révélations du Wall Street Journal fin novembre 2018, une campagne de sensibilisation de leurs alliés sur le danger qu’il y a, de leur point de vue, à confier l’installation d’infrastructures de télécommunication au géant chinois. Les officiels américains ont multiplié ces derniers mois les briefings avec responsables politiques et dirigeants d’opérateurs mobiles de pays amis, en particulier ceux hébergeant des bases américaines. Ils insistent sur le risque de cyberespionnage et celui de se trouver à la merci de Pékin en cas de crise diplomatique, à l’aube du déploiement de la 5G.

  • 普通列表项目

L’Australie et le Japon ont déjà bloqué Huawei sur leurs appels d’offres pour cette nouvelle génération de réseaux mobiles. Le marché américain lui est en bonne partie fermé depuis que le comité sur le renseignement du Congrès l’a qualifié en 2012, avec son concurrent chinois ZTE, de « menace à la sécurité nationale ». Le président du Bureau fédéral pour la sécurité de l’information allemand estimait en décembre, en réponse aux nouvelles pressions américaines, que « pour des décisions aussi sérieuses qu’une interdiction, il faut des preuves », mais le premier opérateur du pays, Deutsche Telekom, a exclu Huawei pour la 5G, comme l’a fait Orange en France, tandis SFR teste un réseau 5G avec l’équipementier chinois.

Les communicants de Huawei répètent depuis des années que les capitaux du groupe sont privés et que si son fondateur, Ren Zhengfei, est un ancien ingénieur de l’Armée populaire de libération, c’est que celle-ci était omniprésente dans la Chine d’avant l’ouverture économique. Et personne n’a jusqu’à présent prouvé que le numéro un mondial des infrastructures de télécommunication, devenu aussi le deuxième plus gros vendeur de smartphones de la planète derrière Samsung, se soit livré à des activités d’espionnage.

  • communicants
  • se livrer a: (英)commit

Loi sur le renseignement

Mais il est aussi peu probable, dans le contexte politique chinois, qu’une entreprise s’oppose aux demandes de Pékin. D’autant que le président Xi Jinping n’a cessé de renforcer le contrôle de l’Etat et imposé en 2017 une loi sur le renseignement selon laquelle « les organisations et citoyens doivent, dans le respect du droit, soutenir, coopérer et collaborer avec le travail de renseignement national ».

Huawei est déjà au centre d’une affaire qui génère de vives tensions entre la Chine et le Canada. La directrice financière du groupe et fille de son fondateur, Meng Wanzhou, a été arrêtée le 1er décembre à Vancouver, sur requête des Etats-Unis, qui l’accusent d’avoir eu recours à une société écran entre 2009 et 2014 pour contourner les sanctions contre l’Iran et dissimuler les affaires de Huawei avec Téhéran.

  • sur requête des Etats-Unis:在美国的要求下
  • une société écran: 空壳公司。
  • dissimuler les affaires de Huawei avec Teheran 隐藏华为和德黑兰的生意

En guise de représailles, treize Canadiens ont été détenus en Chine depuis le 1er décembre, même si au moins huit ont déjà été libérés. Deux, en particulier, sont retenus pour des activités « menaçant la sécurité nationale », selon Pékin, dont un diplomate en congé sabbatique qui travaillait depuis février pour l’ONG International Crisis Group sur la question nord-coréenne, Michael Kovrig. Le premier ministre Justin Trudeau a déploré vendredi que son immunité diplomatique n’ait pas été respectée et a dénoncé des détentions « arbitraires et injustes ». L’ambassadeur de Chine à Ottawa, Lu Shaye, s’en est pris quant à lui, dans une tribune au quotidien The Hill Times mercredi, à une « arrogance » due, selon lui, « à l’égoïsme occidental et au suprémacisme blanc ».

  • en guise de représailles: 作为报复
  • s’en prendre 批评
  • l’égoïsme occidental et au supremacisme blanc 西方的自私和白人至上。
20190113-p5-espion.txt · 最后更改: 2019/01/13 11:50 由 82.251.53.114