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La Banque mondiale en quête d’un nouveau patron

Au premier plan, Jim Yong Kim, président démissionnaire de la Banque mondiale, Ivanka Trump et Donald Trump, le 8 juillet 2017 à Hambourg (Allemagne), lors du G20. MATT CARDY/GETTY IMAGES/AFP

Marie De Vergès

Parmi les noms évoqués pour succéder à Jim Yong Kim à la tête de l’institution figure celui d’Ivanka Trump

Le passeport ou le mérite ? La question risque de se poser plus crûment que jamais dans la course à la nomination d’un nouveau pilote pour la Banque mondiale (BM). L’annonce, lundi 7 janvier, de la démission du président, l’Américain d’origine coréenne Jim Yong Kim, trois ans avant la fin de son second mandat, a provoqué la stupeur et l’incompréhension au sein de l’institution multilatérale comme chez les spécialistes du développement.

L’affaire a aussi ravivé les critiques concernant l’impérium américain sur la banque. Au grand dam des pays émergents, un accord tacite voit depuis toujours les Etats-Unis se réserver la direction de ce mastodonte de l’aide aux pays pauvres, tandis que les Européens conservent celle du Fonds monétaire international (FMI), l’autre institution née des accords de Bretton Woods en 1944. Les candidatures devront être déposées entre le 7 février et le 14 mars pour une désignation prévue avant mi-avril, selon la BM. « Le processus qui s’ouvre s’annonce tumultueux compte tenu des prises de position de Donald Trump », prédit Scott Morris, du Center for Global Development, un think tank de Washington.

  • l’imperium
  • Au grand dam de… to the great displeasure of
  • des pays emergents: 新兴国家
  • un accord tacite:
  • mastodonte: 庞然大物

« Une question-clé sera de savoir jusqu’à quel point tiendra l’accord mutuel qui a poussé jusqu’ici les Etats-Unis et l’Europe à se soutenir l’un l’autre, poursuit cet expert, chargé des relations du Trésor avec la BM sous Barack Obama. Mais il ne faut pas oublier que les Etats-Unis conservent un avantage-clé en tant que premier actionnaire de la banque. »

  • en tant que…以。。。身份

Beaucoup dépendra du profil qui sera présenté par Washington. Le nom d’Ivanka Trump aurait commencé à circuler, selon des informations du Financial Times, vendredi. En 2017, la fille du président avait travaillé main dans la main avec Jim Yong Kim sur le lancement d’un fond piloté par la banque et consacré à l’entrepreunariat féminin.

  • main dans la main: hand in hand

Augmentation de capital

Ce n’est pas la première fois que de telles rumeurs de promotion se diffusent à propos de la « first daughter » américaine. Donald Trump l’avait lui-même citée, en octobre, comme potentielle future ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU… tout en admettant le risque de se voir alors accusé de « népotisme ». Le Financial Times évoque d’autres noms, tel David Malpass, un haut responsable du Trésor, ou l’ancienne ambassadrice aux Nations unies, Nikki Haley.

  • népotisme: 任人唯亲

Parmi les qualités officiellement requises pour se lancer dans la course, détaillées par la banque dans un communiqué, figurent le sens de la diplomatie, de l’impartialité, mais aussi « un engagement ferme en faveur de la coopération multilatérale ». M. Trump s’attachera-t-il à remplir ce cahier des charges ? Le doute est permis tant le locataire de la Maison Blanche ne fait aucun mystère de sa défiance vis-à-vis du multilatéralisme. Le credo climatosceptique du président américain inquiète aussi. A fortiori pour une institution qui a fait de la lutte contre le réchauffement un pilier de son action et fortement augmenté ses financements climatiques.

  • a fortiori

Certains rappellent que les Etats-Unis ont tout de même, et contre toute attente, soutenu au printemps une augmentation de capital de 13 milliards de dollars (11,3 milliards d’euros) pour la BM. Signe qu’ils ne souhaitent pas torpiller cette organisation au moment où Pékin prétend à un nouveau leadership sur la scène internationale. Une ambition poursuivie par le biais d’institutions concurrentes de celles de Bretton Woods, et grâce à des financements considérables alloués aux infrastructures et au développement à travers le monde.

  • torpiller cette organisation
  • prétendre a
  • allouer

Quoi qu’il advienne, le départ soudain de M. Kim laissera des traces. En poste depuis 2012, il s’en ira dès le 1er février rejoindre un établissement de Wall Street, le fonds d’investissement new-yorkais Global Infrastructure Partners. Un nouveau poste lui permettant, s’est-il justifié dans un courriel envoyé aux équipes, d’avoir « un plus fort impact sur les grands enjeux mondiaux tels que le changement climatique ou le déficit d’infrastructures dans les marchés émergents ».

  • 普通列表项目

La formule a été interprétée par certains comme l’expression d’un dédain pour l’institution qu’il dirige depuis sept ans. Pourtant, à l’été 2016, « doctor Kim » n’avait pas ménagé sa peine pour assurer sa reconduction. Le processus avait été bouclé dans l’opacité, en un rien de temps et avec près d’un an d’avance sur les délais, soulevant un vent de contestation parmi les agents du groupe.

Officieusement, il s’agissait de ne pas prendre de risques, à la veille de la présidentielle aux Etats-Unis où le scénario d’une victoire de Donald Trump faisait trembler les tenants du multilatéralisme.

Déjà en 2012, la nomination de cet « outsider » avait suscité des remous. Ancien médecin de brousse et président quasi inconnu du Dartmouth College, il avait dû affronter de sérieux concurrents, notamment la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala, un gros calibre dans le monde du développement. Mais conformément à la tradition, le poids politique d’une candidature promue par les Etats-Unis d’Obama avait fini par l’emporter.

« En 2019, nous avons une nouvelle occasion de bien faire, souligne dans un post de blog Nadia Daar, responsable de l’ONG Oxfam à Washington. La personne choisie doit l’être pour ses compétences. »

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