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L’exécutif critiqué sur l’impartialité du grand débat

Olivier Faye

Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé… Le départ de Chantal Jouanno de la coordination du grand débat national – ou « GDN », comme l’ont rebaptisé certains – représente un casse-tête dont l’exécutif se sort à pas comptés. Censée incarner l’indépendance de cette « initiative inédite », selon l’expression d’Emmanuel Macron, l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy va être remplacée par un « collège des garants » de cinq personnes, a annoncé Matignon, lundi 14 janvier. Sa composition ne sera connue que vendredi, soit trois jours après l’ouverture officielle des travaux. Ce collège aura la charge, a affirmé le premier ministre, Edouard Philippe, d’incarner l’« impartialité » et la « transparence » du dispositif.

  • a pas comptés: lentement et comme en mesurant son effort.

Là réside tout l’enjeu pour le gouvernement : convaincre un maximum de Français de participer à ce débat en leur garantissant qu’ils ne seront pas les acteurs d’une vaste opération de communication destinée à sortir de la crise des « gilets jaunes ». C’est dans cet état d’esprit que M. Philippe a insisté, lundi soir, sur le fait que les modalités d’organisation doivent offrir « des conditions d’indépendance, des conditions d’impartialité, qui permettent à chacun de savoir que sa parole ne sera pas biaisée, ne sera pas méconnue, ne sera pas mal exploitée ».

Reprise en main gouvernementale

Une « mission du grand débat national » a été créée par décret, mardi. Elle sera placée sous l’autorité de M. Philippe et pilotée par Emmanuelle Wargon, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire. Le ministre chargé des collectivités territoriales, Sébastien Lecornu, aura pour sa part la responsabilité d’animer le réseau de maires qui accepteront d’organiser des débats dans leurs villes. Une reprise en main gouvernementale qui ne manque pas de susciter des critiques. Le président du parti Les Républicains, Laurent Wauquiez, a ainsi jugé « impensable pour d’évidentes raisons d’indépendance » que le grand débat national « soit placé sous le contrôle de deux ministres ».

  • impensable: unthinkable

Chantal Jouanno, qui préside toujours la Commission nationale du débat public (CNDP), malgré la polémique sur son salaire – ce qui lui vaut des critiques au sein de l’exécutif –, a de son côté déclaré que « dès lors que le gouvernement a décidé de reprendre le pilotage du grand débat national, la CNDP, qui est une autorité neutre et indépendante, n’y a plus sa place ». « Il ne s’agit pas pour les ministres de dire ce qu’il y a dans le débat. Il s’agit de faire en sorte que l’ensemble de l’administration, de nos interlocuteurs, soient mobilisés et informés », a défendu M. Philippe.

  • reprendre le pilotage

Les Français pourront participer au débat dans le cadre de réunions publiques dont ils auront pris eux-mêmes l’initiative, mais aussi dans des « lieux de passage du quotidien », ou encore sur Internet et par courrier. Charge ensuite au collège des garants de veiller à la bonne marche de l’entreprise. Deux de ses membres doivent être nommés par le gouvernement vendredi, les trois autres étant désignés par les présidents de l’Assemblée nationale, du Sénat et du Conseil économique, social et environnemental.

Lundi matin, François de Rugy, ministre de la transition écologique et solidaire, avait annoncé que l’ancienne patronne de la CFDT Nicole Notat et l’ex-PDG de La Poste Jean-Paul Bailly devaient intégrer le collège des garants, avant d’être démenti par Matignon. « François de Rugy a parlé un peu vite. On s’y perd entre ce qui est officiel et ce qui ne l’est pas », défend un de ses proches. Mme Notat a dans tous les cas décliné l’offre pour « de strictes raisons de disponibilité et professionnelles », explique-t-elle. Un seul être vous manque, et tout n’est pas encore repeuplé…

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