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CUISINEZ-MOI|CHRONIQUE PAR ELVIRE VON BARDELEBEN

J’ai invité l’auteur de « Simplissime » à cuisiner les restes de mon frigo

Biiiiiiip… Le frigo ronchonne, ça fait trop longtemps que sa porte est ouverte. Mais Jean-François Mallet, imperturbable, continue d’explorer les vestiges et trésors dispersés dans notre réfrigérateur. En janvier, la motivation pour se mettre aux fourneaux étant nulle, on a proposé à l’auteur du best-seller Simplissime de venir cuisiner les restes. Histoire de nous démontrer qu’avec peu d’efforts on peut préparer un repas digne de ce nom.

  • ronchonner: 发出轰轰的声音
  • dispersés
  • se mettre aux fourneaux

Pour ne pas trop lui faciliter la tâche, on lui met dans les pattes des huîtres, des fanes de radis et des topinambours, dont on ne sait jamais quoi faire. « Les gens ont peur du topinambour, alors que c’est aussi facile à cuisiner qu’une patate ! », s’emporte Jean-François Mallet. Le cuisinier-auteur-photographe est véhément, mais aussi obéissant. Au bout de dix minutes, il a fait trois tas d’ingrédients : de quoi faire une sauce pour accompagner les huîtres, une entrée autour des fanes, un plat de viande à base de topinambours. Et il n’a pas cédé à la facilité en s’emparant du paquet de galettes fraîches.

  • Topinambour 以色列菊芋,这是个象土豆一样的食物
  • une patate
  • vehement
  • obeissant
  • fane
  • galettes fraîches

Jean-François Mallet est le roi du système D, c’est d’ailleurs ce qui fait le succès de sa série Simplissime déclinée en trente-six versions (light, végétarien, etc.) déjà écoulées à 2,5 millions d’exemplaires dans le monde. Il n’est pas peu fier de sa technique pour ouvrir les huîtres quand on ne sait pas se servir d’une lance : mettre les coquillages 5 minutes au four à 180 degrés pour qu’ils s’ouvrent sans cuire. « Je ne fais pas une cuisine du marché, mais une cuisine d’adaptation, et c’est ce qui nourrit mes livres », explique-t-il en épluchant des carottes. « Elles sont un peu vieilles, non ? » Promis, on les a achetées en 2019.

  • système D
  • déclinée en trente-six versions
  • une cuisine du marché

Les fanes de radis, c’est pas sexy

Une casserole d’eau bouillante pour les carottes, une autre pour les topinambours. On lui propose de saler, il refuse. « Je le ferai au moment de dresser. Mais ce sel que vous avez là, c’est du poison. » Ah bon, notre gros sel iodé qu’on trouve partout ? « Trop raffiné, c’est presque le même que pour le lave-vaisselle… Pourtant, je ne suis pas dogmatique sur les produits. Je suis le premier à faire du poulet au Coca. » Jean-François Mallet le répète, il n’est pas snob, il fait des livres de recettes pour les foyers modestes qui n’ont ni le temps de cuisiner ni l’argent pour manger bio, qui font leurs courses dans des hypermarchés. « Ce n’est pas possible de s’adresser à eux en leur collant des recettes de deux pages avec une liste d’ingrédients longue comme le bras », affirme-t-il.

Pendant qu’on discute, il pèle, coupe, goûte, nettoie sa plaque, s’empare d’un torchon, essuie le plan de travail. Les topinambours sont cuits, hop, il les égoutte, verse le yaourt à la grecque dessus, une cuillère de moutarde et écrase à la fourchette. « On va poser la saucisse dessus coupée dans la longueur pour qu’elle rende plus de gras », annonce-t-il, en râpant un peu de mimolette avant d’envoyer au four (déjà chauffé pour les huîtres, habile !).

  • pèle, coupe, goûte,
  • habile

Il semble en revanche peiner avec les carottes qu’il veut mélanger aux fanes. Prépare-t-il une soupe ou un bouillon ? « Hum, je vais voir… » Finalement, ce sera plutôt une potée, qu’il relève avec des morceaux d’olives noires (pour le sel) et de fromage de chèvre (pour le goût). La sauce pour les huîtres ne prend que cinq minutes : le temps de détailler une demi-pomme en cubes, de presser une clémentine et rajouter un peu d’huile d’olive et de vinaigre balsamique.

Trente minutes plus tard, tout est prêt. « Oh c’est joli dis donc, s’exclame-t-il en contemplant son travail. On se croirait au restaurant. » Et c’est bon ! Qu’il s’agisse de la sauce acidulée pour les huîtres ou de la purée de topinambours secouée par la moutarde… En avalant la potée, pas mauvaise, on se dit que les fanes de radis, ce n’est jamais sexy (mais le fromage qui les accompagne, oui !). « Le légume terreux, c’est dur de lutter », concède-t-il.

  • c’est joli dis donc
  • la sauce acidulée
  • le legume terreux

Avant de partir, Jean-François Mallet s’enquiert : a-t-on besoin d’aide ? Il a laissé une cuisine impeccable, on ne va pas lui demander en plus de laver les assiettes. Sa politesse est telle qu’on n’a même pas osé lui faire de remarque quand il a mis dans la poubelle à compost les coquilles d’huîtres, pourtant interdites. La cuisine, c’est peut-être simplissime, mais pas le tri !

  • le tri: 垃圾分拣
20190118-p17-simplisme.txt · 最后更改: 2019/03/16 11:08 由 82.251.53.114