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PERTES & PROFITS|HUAWEI

Super-James Bond ne craint pas les Chinois

Jean-Michel Bezat

Dans la guerre mondiale qui l’oppose aux Etats-Unis et à quelques-uns de ses « satellites » (Australie, Nouvelle-Zélande, Japon…), Huawei a remporté une précieuse bataille : le National Cyber Security Centre (NCSC) britannique a conclu que le numéro un mondial des équipements de télécommunication – accusé par Washington d’être le cheval de Troie de l’espionnage chinois – n’est pas si menaçant qu’il faille lui interdire l’accès au marché. Une conclusion qui tranche sur les « très vives inquiétudes » exprimées, en décembre 2018, par le ministre britannique de la défense, Gavin Williamson.

  • remporter une précieuse bataille: 打赢一场珍贵的战斗
  • le cheval de Troie: 特洛伊的木马
  • trancher sur

Londres se dit en mesure de réduire les risques d’espionnage ou de cybersabotage liés aux équipements du groupe chinois dans le déploiement de la 5G, vital pour l’avenir de l’économie numérique (véhicules autonomes, objets connectés, usines 4.0, applications militaires…). Cette conclusion, révélée dimanche 17 février par le Financial Times, est un camouflet pour Donald Trump, qui, en plein conflit commercial sino-américain, a fait de Huawei le symbole de l’impérialisme technologique chinois. Ce revers est d’autant plus sévère que le Royaume-Uni fait partie de l’alliance Five Eyes, où il partage des informations ultra-sensibles avec les Etats-Unis, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

  • camouflet 侮辱
  • revers: setback

Ce refus de tout alarmisme avait déjà été exprimé vendredi, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, par le patron des services secrets britanniques (MI6). La question est « un peu plus complexe que “dedans ou dehors” », a jugé Alex Younger. Il faut d’abord, selon lui, s’assurer de la haute qualité des standards (y compris pour la sécurité), « ce qui n’a rien à voir avec le pays d’origine ». Et éviter d’avoir un fournisseur unique, alors qu’il existe des groupes européens comme Ericsson et Nokia, ou américain, comme Cisco. Si le « super-James Bond » le dit !

  • dedans ou dehors: in or out.

« Fake news »

Washington exerce une énorme pression pour que les Européens boycottent aussi Huawei. La prudence du Royaume-Uni, pourtant très vigilant sur les questions de sécurité nationale, aura donc un impact fort sur les autres pays du Vieux Continent, qui s’interrogent sur la meilleure attitude à avoir. Des solutions techniques existent, jusqu’à un accès des services secrets au code source de Huawei et de ses concurrents. Car on ne peut, sans risque, se priver des équipements d’une multinationale implantée depuis plus de dix ans en Europe, et seize ans en France. Ni freiner le déploiement d’une technologie 5G, où elle accuse un retard sur l’Asie et les Etats-Unis.

Huawei a lancé une contre-offensive mondiale à travers une campagne de communication. Elle est d’autant plus vive que ses dirigeants reprochent aux Etats-Unis d’user des pires méthodes et de répandre des « fake news ». Dernier exemple en date, selon eux : la déclaration de l’ambassadeur américain auprès de l’Union européenne. Gordon Sondland aurait affirmé qu’il est possible, depuis Pékin, de faire sortir de sa route une voiture autonome roulant en Europe ou aux Etats-Unis, et de tuer son passager.

  • dernier exemple en date
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