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20190227-p28-turc

La Turquie tisse des liens de plus en plus robustes avec la Russie

  • robuste: solid, fort.
  • tisser des liens: 编织联系

Marie Jégo (Service International)

ANALYSE

Rentré bredouille du sommet des pays garants du processus de paix en Syrie (Russie, Iran, Turquie) qui s’est tenu à Sotchi, sur les bords de la mer Noire, le 14 février, le président turc Recep Tayyip Erdogan doit ronger son frein. Il a échoué à convaincre ses nouveaux alliés, les présidents russe Vladimir Poutine et iranien Hassan Rohani, du bien-fondé de sa proposition d’établir une « zone de sécurité » dans le nord de la Syrie, débarrassée des milices kurdes « terroristes » des Unités de protection du peuple (YPG) et gérée par l’armée turque.

  • rentré bredouille: return empty-handed. 注意 bredouiller是嘟囔的意思。
  • the pays garants du processus de paix en Syrie: 叙利亚和平进程的保证国。
  • ronger son frein: 原意是马咬嚼子。引申义是压抑怒火。
  • échouer a convaincre: fail to convince.
  • bien-fondé: validity
  • débarrasser: get rid of

Le numéro un turc est dans une position difficile, engagé dans une sorte de grand écart diplomatique, un pied dans l’OTAN, l’autre dehors, sans résultats. Ses projets d’incursion militaire en Syrie se heurtent à un mur, aussi bien à Moscou qu’à Washington. La « zone de sécurité » promise à la mi-décembre à la Turquie par le président américain Donald Trump, sur une profondeur de 32 kilomètres, peine à se matérialiser. Impatient, M. Erdogan a menacé d’envoyer ses troupes sans l’aval de ses alliés. « Si les Etats unis ne contribuent pas à la création d’une zone sécurisée sous contrôle turc, nous le ferons par nous-mêmes », a-t-il martelé le 5 février.

  • se heurter a un mur. 撞墙
  • une sorte de grand écart diplomatique: 某种外交上的隔离
  • sur une profondeur de 32 kilomètres: 32 公里的深度
  • peine a se matérialiser: 实现有困难。
  • Sans l’aval de ses alliés: 没有盟友们的支持。
  • marteler: 一个音节一个音节的说

Ni Moscou, ni Téhéran, ni Washington ne veulent voir la Turquie régner en maître au nord de la Syrie. L’armée turque est déjà présente à Afrin, la région kurde du Nord-Ouest, prise en mars 2018 aux YPG. En 2016, elle avait jeté son dévolu plus à l’est, entre les villes d’Azaz et de Djarabulus, un périmètre contigu à la frontière turque. Désormais, ce type d’incursion n’est plus possible, Moscou n’y est pas favorable pour le moment.

  • régner en maître: reign as the master.
  • jeter son dévolu: set one’s heart on
  • un périmètre contigu: 紧连着的区域

A Sotchi, MM. Poutine et Rohani ont répété à M. Erdogan que les territoires laissés vacants par les « boys » au nord-est de la Syrie seraient forcément rendus à Damas. Unanimement réjouie par le retrait américain, la triade n’est pas d’accord sur les futurs contours de la « Syrie normalisée ». Moscou et Téhéran veulent que Bachar Al-Assad, leur protégé, exerce son contrôle sur la totalité du pays, tandis qu’Ankara, qui épaule les rebelles syriens, réclame son départ, ou plutôt réclamait.

  • unanimement réjouie par le retrait américain: 无一例外的为美军的撤退高兴
  • la triade: 三人组,指俄国,伊朗和土耳其。
  • les futures contours de la Syrie normalisée: 正常化的叙利亚的未来轮廓
  • épauler les rebelles syriens: 支持叙利亚的叛军。
  • réclamer son départ: demand his departure.

M. Poutine, qui sait ménager son « ami » Erdogan, le presse de se rapprocher de Bachar Al-Assad, le président honni, avec lequel les relations sont à couteaux tirés depuis huit ans que dure la guerre en Syrie. Pour y parvenir, le Kremlin s’appuie sur un ancien accord sécuritaire signé il y a vingt et un ans entre Ankara et Damas, dont l’existence a été opportunément rappelée à M. Erdogan à Sotchi.

  • ménager: handle
  • honni 羞辱的
  • a couteaux tirés: 剑拔弩张
  • s’appuyer sur: 依靠
  • opportunément: 适时地

Avantageux pour les Turcs, parce qu’il leur reconnaît le droit d’intervenir en Syrie (sur une profondeur de cinq kilomètres) afin d’y pourchasser le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, autonomiste) et ses filiales, l’accord est valide à condition qu’Ankara reconnaisse la légitimité de l’actuel pouvoir syrien, une perspective désagréable pour le président turc. Souhaitée par Moscou, la poignée de main Erdogan-Assad n’est pas pour demain, quand bien même la presse turque s’emploie à préparer l’opinion. « Entre Moscou qui soutient Bachar et les Etats-Unis qui coopèrent avec les YPG, Ankara n’aura pas de mal à choisir son camp, le Kremlin plutôt que la Maison Blanche », écrit l’éditorialiste Muhittin Ataman dans le quotidien Sabah du 13 février.

  • pourchasser: hunt,pursue
  • automoniste: 分离主义者
  • la poignée de main:握手,联手

Un pays « allié »

M. Erdogan est attentif à tout ce que M. Poutine lui suggère. La confiance est totale, avant tout parce qu’il se sent traité en égal. « Tandis que les relations avec les alliés traditionnels s’effilochent, le lien à la Russie est robuste », confirme le chercheur Selim Koru, dans une étude publiée par le Foreign Policy Research Institute (FPRI) de Philadelphie. En 2018, les deux présidents se sont vus à sept reprises en tête-à-tête et se sont parlé dix-huit fois par téléphone. Contrats gaziers, ventes d’armements, commerce, tourisme nourrissent la relation. Ankara attend de pied ferme la livraison de missiles russes S-400, prévue pour juillet 2019, au risque de s’attirer les foudres de ses alliés de l’OTAN.

  • s’effilocher: fizzle out.
  • contrats gaziers 天然气合同
  • ventes d’armements: 军售
  • attendre de pied ferme: n'avoir aucune intention de céder (à quelqu'un)
  • s’attirer les foudres de ses alliés de l’OTAN:招来北约盟友的怒火

Les deux anciens « ennemis héréditaires » ont un autre horizon en partage. Ils parlent « multilatéralisme », lutte contre « l’hégémonie du dollar », opposant les réveils spirituels de leurs populations respectives à ce qu’ils décrivent comme le déclin de la civilisation occidentale. Le ressentiment envers l’Occident est le ciment du couple. « La Turquie et la Russie veulent contrebalancer l’influence des Etats occidentaux, au Moyen-Orient surtout. Chacun pense de l’autre qu’il est le bon allié. La Russie compte restaurer son statut de grande puissance et accroître son influence en montant les alliés occidentaux les uns contre les autres. Pour la Turquie, la Russie est essentielle au rééquilibrage de ses rapports avec l’Occident », explique Evren Balta, chercheuse en sciences politiques et professeure à l’université Özyegin à Istanbul.

  • avoir un autre horizon en partage: 分享另外一个前景
  • ennemis héréditaires: traditional enemy.
  • l’hegemonie du dollar: 美元的霸权
  • le ressentiment envers l’Occient est le ciment du couple: 对西方的厌恶是这两个国家友好关系的基石
  • contrebalancer: 抗衡
  • monter qn contre qn: set one against the other

Cette ligne de politique étrangère convient à l’opinion publique, selon le dernier sondage de l’université privée Kadir Has à Istanbul sur les évolutions politico-sociales du pays. La Russie y est décrite comme « un pays allié ou ami » par 37,4 % des sondés, contre 23,7 % pour l’Allemagne, qui héberge pourtant la plus grosse diaspora turque en Europe et reste à ce jour le partenaire commercial numéro un d’Ankara.

  • convenir a: suit, 符合
  • la plus grosse diaspora turque: 最大的土耳其侨民人口

Indifférentes à la dynamique des échanges commerciaux, les personnes interrogées privilégient le prisme identitaire. 60 % décrivent la Turquie comme « un pays d’islam », 19,6 % estiment qu’il faut coopérer avant tout avec « les pays musulmans », 18 % optent pour la Russie, 17,5 % estiment qu’Ankara « doit agir seul ». Pas question d’avoir une diplomatie à la remorque de l’Occident. Et ce paradoxe : si les Etats-Unis sont vus à 81,9 % comme « une menace », l’appartenance à l’OTAN est une bonne chose pour 70 % des participants.

  • privilégier le prisme identitaire. 更倾向于自我归属感的角度
  • une diplomatie a la remorque de l’Occident: 拖在西方后面的外交政策。
20190227-p28-turc.txt · 最后更改: 2019/03/10 18:26 由 82.251.53.114