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Inde et Pakistan jaugent les dangers d’une escalade

  • jauger: évaluer.

Des habitants de Chakothi, au Cachemire pakistanais, évacuent leur village par crainte d’affrontements entre l’Inde et le Pakistan, le 27 février. SAJJAD QAYYUM/AFP

Julien Bouissou

New Delhi exige la libération d’un pilote d’avion de combat capturé, mercredi, par Islamabad

NEW DELHI - correspondance

New Delhi doit choisir entre le dialogue avec Islamabad et l’escalade militaire. La tension entre les deux puissances nucléaires d’Asie du Sud était encore élevée, jeudi 28 février, au lendemain d’une riposte aérienne pakistanaise au cours de laquelle les deux frères ennemis ont chacun déclaré avoir abattu des avions de chasse. Les espaces aériens des deux pays étaient en partie fermés aux vols commerciaux, obligeant des compagnies aériennes comme Air Canada ou Thai Airways à annuler des vols à destination de New Delhi ou à contourner le Pakistan.

La capture, mercredi, par le Pakistan, d’un pilote d’avion de combat indien complique la marge de manœuvre de New Delhi. Sous la pression de l’opinion publique, l’Inde pourrait être amenée à négocier. Une vidéo du pilote, Abhinandan Varthamam, a été diffusée par l’armée pakistanaise. On le voit, le visage légèrement tuméfié, répondre à des questions sur sa famille et son lieu d’origine tout en buvant du thé. Mercredi soir, le mot-clé « Faites revenir Abhinandan » était le plus utilisé sur Twitter en Inde.

  • le visage légèrement tuméfié:脸有点肿

New Delhi a immédiatement demandé sa libération tout en « condamnant fermement le fait d’exhiber vulgairement un personnel blessé de l’armée de l’air indienne en violation du droit humanitaire international et de la convention de Genève ». Le Pakistan a répondu en expliquant qu’il était traité selon les « normes de l’éthique militaire ». Le sort réservé au pilote pourrait déterminer la suite des événements et amorcer ou non un début de désescalade.

Appels à la fin des hostilités

Les événements se précipitent dans la région depuis que l’armée indienne a affirmé, mardi, avoir mené une « frappe préventive » contre un camp d’entraînement du groupe islamiste Jaish-e-Mohammed (JeM) au Pakistan qui n’aurait, selon Islamabad, touché qu’une zone boisée et fait aucune victime. Le JeM avait revendiqué un attentat-suicide à Pulwama, au Cachemire indien, ayant tué, le 14 février, au moins 40 paramilitaires indiens. « Si l’escalade commence ici, jusqu’où cela ira-t-il ? », a lancé mercredi le premier ministre pakistanais, Imran Khan, lors d’un bref discours télévisé, appelant New Delhi à « venir à la table des négociations ».

A la zone de démarcation qui sépare l’Inde du Pakistan au Cachemire, où des escarmouches militaires et des violations du cessez-le-feu de 2003 se produisent fréquemment, les médias indiens signalaient, mercredi, des échanges de tirs nourris. Le métro de New Delhi a été placé mercredi soir en alerte rouge pour faire face à une éventuelle menace terroriste.

  • des escarmouches militaires 武装冲突
  • signaler: 报道
  • des échanges de tirs nourris: the exchanges of heavy fires. nourri: 连续不断的,密集的。

Pour la première fois depuis le début du conflit, de nombreuses voix se sont élevées sur les réseaux sociaux et dans les médias indiens pour demander la fin des hostilités entre les deux pays. « Une guerre infligera un coût immense aux deux pays, et il est temps pour la diplomatie de reprendre la main », plaide le quotidien Hindustan Times dans son édition de jeudi, qui précise que « New Delhi a maintenant démontré à Islamabad que sa stratégie de guerre asymétrique via des groupes terroristes a un coût ». « Le temps est venu de penser stratégiquement, loin de toute ferveur chauviniste et de prendre des décisions qui ne soient pas dictées par des considérations électorales », estime l’analyste indien et ancien militaire Ajai Shukla.

  • ferveur chauviniste: 沙文主义疯狂

A quelques semaines des élections prévues en avril et mai, la gestion de la crise entre l’Inde et le Pakistan marque, néanmoins, un tournant dans la campagne électorale. B. S. Yeddyurappa, un leader du parti nationaliste hindou du Bharatiya Janata Party (BJP), au pouvoir, a déclaré que les frappes aériennes aideraient son parti à remporter davantage de sièges aux prochaines élections. Jeudi, le premier ministre indien, Narendra Modi, a déclaré devant des militants de son parti : « L’Inde combattra unie, vivra unie, travaillera unie, grandira unie et vaincra unie. » Et vingt et un partis de l’opposition se sont réunis mercredi pour dénoncer « la tentative de politiser le sacrifice des soldats Indiens à Pulwama ».

Une petite avancée diplomatique a eu lieu mercredi soir. Selon les médias pakistanais, New Delhi a transmis à Islamabad des « éléments détaillés » sur la « complicité » du groupe islamiste Jaish-e-Mohammad dans l’attaque de Pulwama, et sur sa présence au Pakistan. New Delhi avait jusqu’à maintenant refusé de les partager avec Islamabad.

Au Pakistan, la stupeur suscitée par les frappes aériennes sur son territoire – les premières depuis la guerre de 1971 – a laissé place à un air de triomphe. Des chants militaires et les images de ce qui est présenté comme une carcasse brûlée d’un avion de chasse indien étaient diffusés sur les chaînes de télévision. Pourtant, les frappes aériennes indiennes de mardi ont pu inquiéter sur la réactivité de l’armée pakistanaise, qui occupe un rôle central dans la vie du pays et exerce une influence politique importante.

  • une carcasse brûlée d’un avion de chasse indien: 一架印度歼击机的残骸

Influence de Pékin

Après avoir « reconnu la légitimité de l’Inde à assurer sa sécurité contre le terrorisme transfrontalier », de nombreux alliés de l’Inde, dont la France et les Etats-Unis, se sont dits « préoccupés » par la dégradation de la situation et ont appelé à une « désescalade ». Londres, Paris et Washington ont demandé mercredi aux Nations unies l’inscription de Masood Azhar, le dirigeant du JeM qui vit en liberté au Pakistan, sur la liste noire onusienne du terrorisme, ce qui entraînerait un gel de ses avoirs et une interdiction mondiale de déplacement. Une tentative qui a toutefois peu de chance d’aboutir en raison de l’opposition de Pékin, proche allié d’Islamabad, qui a déjà mis son veto à deux reprises.

  • un gel de ses avoirs: 冻结他的财产
  • une interdiction mondiale de déplacement: 禁止国际旅行
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