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Le Pakistan offre à l’Inde une fenêtre de

Des habitants d’Amritsar, ville indienne proche de la frontière pakistanaise, attendent le retour du pilote libéré, le 1er mars. DANISH SIDDIQUI/REUTERS Julien Bouissou

En annonçant la libération d’un pilote, Imran Khan se pose en conciliateur face à la ligne dure de Modi

NEW DELHI - correspondant régional

Avec la libération attendue, vendredi 1er mars, d’un pilote indien capturé par l’armée pakistanaise, les tensions entre l’Inde et le Pakistan sont descendues d’un cran. L’avion d’Abhinandan Varthaman avait été abattu mardi au-dessus du Cachemire côté pakistanais, lors d’une escarmouche entre les deux voisins au cours de laquelle chacune affirme avoir éliminé au moins un avion de combat ennemi.

  • la libération attendue 预计的释放
  • être descendu d’un cran 降了一格
  • une escarmouche 小冲突

Le Pakistan vient ainsi d’offrir à l’Inde une opportunité de désescalade, au troisième jour d’une confrontation militaire dangereuse entre deux puissances nucléaires qui inquiète la communauté internationale. « En un geste pour la paix, nous libérerons le pilote indien demain », avait déclaré jeudi le premier ministre pakistanais Imran Khan, sous les applaudissements du Parlement. « Je veux transmettre un message à [Narendra] Modi : qu’il n’aggrave pas la situation », a-t-il ajouté, indiquant avoir « essayé de parler » au premier ministre indien mercredi soir.

L’Inde a dépêché quelques heures plus tard trois responsables militaires à un point presse organisé devant la colline Raisina de Delhi, avec au loin le palais présidentiel éclairé aux couleurs de l’Inde. Les trois hauts gradés ont commencé par affirmer que l’aviation pakistanaise avait visé, sans succès, des infrastructures militaires indiennes lors de leur incursion aérienne de mercredi. Une agression interprétée par l’Inde comme un « acte de guerre », alors qu’elle s’attache depuis le début du conflit à démontrer que ses frappes aériennes « préventives » au Pakistan de mardi ne visaient qu’un camp d’entraînement du groupe islamiste Jaish-e-Mohammad (JEM). Lequel a revendiqué l’attaque-suicide d’un convoi militaire tuant au moins 40 paramilitaires au Cachemire indien le 14 février.

  • un point presse 专题记者会

Les responsables militaires indiens se sont ensuite dits « prêts à réagir » en cas de provocation pakistanaise. « Mais ne voyez-vous pas la libération du pilote comme un geste pour la paix ? », a demandé une journaliste indienne. « Un geste en accord avec toutes les conventions de Genève », a sèchement relativisé le général RGK Kapoor, qui s’est toutefois dit « heureux » de l’accueillir bientôt.

Carcasses brûlées

Le premier ministre indien n’a livré jeudi soir que ce commentaire lapidaire au cours de la cérémonie de remise d’un prix scientifique : « Ce qu’on a vu n’était qu’un exercice. On va maintenant l’appliquer en vrai. » Cette déclaration menaçante tranche avec la position de « responsabilité et de retenue » défendue auparavant par l’Inde, et renforce la thèse selon laquelle elle est désormais prête à répondre militairement à chaque nouvelle attaque-suicide sur son territoire attribuée à un groupe basé au Pakistan.

  • lapidaire: 简短而坚决
  • trancher avec: contrast with
  • la position de responsibilities et de retenue: 负责和节制的立场。

Un peu plus tôt dans la journée, Narendra Modi avait qualifié le Pakistan, sans le nommer, d’« ennemi qui déstabilise l’Inde ». L’escalade de ces derniers jours pourrait marquer la fin de la stratégie de « retenue » suivie par l’Inde vis-à-vis de son frère ennemi.

Présentée, selon les commentateurs, comme une victoire diplomatique de M. Modi ou une main tendue par Imran Khan, l’annonce de la libération du pilote indien a pris de court New Delhi. Les diplomates indiens continuent de rejeter la responsabilité des tensions sur Islamabad. Ils lui reprochent d’avoir visé ses bases militaires et d’avoir donné le sentiment d’une guerre imminente en annonçant la fermeture de leur espace aérien. Cette impression a été savamment entretenue, selon eux, par des images de carcasses brûlées d’avions de combat indiens et la diffusion d’une vidéo montrant le pilote capturé, les yeux bandés et le visage légèrement tuméfié.

Ce risque d’escalade a également contraint la communauté internationale à adopter une position plus distanciée vis-à-vis de l’Inde. Après avoir « reconnu la légitimité de l’Inde à assurer sa sécurité contre le terrorisme transfrontalier » au moment des frappes aériennes indiennes de mardi, de nombreux pays se sont ensuite contentés d’appeler l’Inde et le Pakistan à la « désescalade ».« L’escalade de cette semaine témoigne de l’échec de l’Inde après avoir cru pouvoir changer le rapport de force militaire, estime l’universitaire indien Happymon Jacob. Si la crise se dissipe, le Pakistan aura réussi à dissuader l’Inde d’un changement du statu quo. »

  • le terrorisme transfrontalier: 跨境恐怖主义
  • se dissiper: 解除,退去

Pour Narendra Modi, les conséquences de cet épisode sont également politiques, à seulement quelques semaines des élections générales. Les partis d’opposition reprochent au premier ministre de ne pas les avoir consultés et lui demandent des comptes sur le bilan des frappes qui auraient détruit un « camp d’entraînement » du JeM. Au Pakistan, c’est tout le contraire : la crise a renforcé le sentiment d’unité nationale et on n’entend plus de critiques vis-à-vis de l’armée.

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