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LA CRISE POLITIQUE EN ALGÉRIE

Bouteflika, candidat par procuration

Lors de la manifestation contre la candidature pour un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika, à Alger, le 3 mars. ZOHRA BENSEMRA/REUTERS Amir Akef

Absent lors du dépôt de son dossier, le chef de l’Etat a promis de convoquer une présidentielle anticipée

  • dépôt: filing
  • convoquer: 举行

ALGER - correspondance

Il l’a fait. Ou plutôt on l’a fait pour lui. Le dossier de candidature d’Abdelaziz Bouteflika, toujours hospitalisé à Genève, a été déposé dimanche 3 mars auprès du Conseil constitutionnel par son nouveau directeur de campagne, Abdelghani Zaâlane. Celui-ci avait été nommé la veille en remplacement de l’ancien premier ministre Abdelmalek Sellal, débarqué après les manifestations monstres du 1er mars contre un cinquième mandat du chef de l’Etat sortant. Les candidats avaient jusqu’à minuit ce 3 mars pour se présenter. L’annonce du dépôt aux alentours de 20 heures a clos une journée de tensions et d’incertitudes. Dès la fin de la matinée, des centaines d’étudiants ont manifesté dans la capitale pour s’opposer à sa candidature, tandis que plusieurs heures plus tard, le président de la Haute Instance indépendante de surveillance des élections (HIISE), Abdelwahab Derbal, rappelait que le dossier de candidature à des élections, notamment présidentielle, « doit être déposé par le candidat lui-même ». La « loi est claire », a-t-il dit, ajoutant à la confusion quant à l’issue de la journée.

  • clos: clore 的过去分词
  • en remplacement de…取代。。。
  • débarqué: landed
  • les manifestations monstres 巨大的游行
  • se présenter 参选

Outre ce dépôt, le chef de l’Etat s’est adressé aux Algériens par le biais d’une lettre – comme de coutume depuis son AVC de 2013 –, lue par son directeur de campagne. Le candidat Bouteflika y explique avoir compris le message des manifestants et demande à entamer un cinquième mandat en s’engageant, s’il est élu, à organiser une « conférence nationale inclusive », qui fixera la date d’une élection présidentielle anticipée. « Je m’engage à ne pas être candidat à cette élection qui assurera ma succession dans des conditions incontestables de sérénité, de liberté et de transparence », explique la missive. La feuille de route proposée est apparue comme une demande de sortie honorable pour sa personne et un sursis pour le régime. Le décalage avec les attentes exprimées par les manifestants – en particulier le refus total d’un autre mandat pour un homme gravement malade – s’est immédiatement exprimé sur les réseaux sociaux par un déferlement de commentaires rageurs appelant à boycotter l’élection et même à entrer en « désobéissance civile ».

  • par le biais d’une lettre: 通过一封信的方法
  • de coutume 照例
  • entamer: 开启
  • la feuille de route: road map
  • le décalage 分歧,差别。差距。
  • un déferlement de commentaires rageurs: 潮水般的愤怒的评论
  • boycotter: 抵制
  • désobéissance civile: civil disobedience

Dans la soirée, des jeunes se sont rassemblés dans de nombreuses villes du pays, notamment à Alger. La crainte d’assister à des débordements violents et à des manipulations permettant au pouvoir de reprendre les choses en main reste vive. « La décision de présenter la candidature de Bouteflika est une agression. Le groupe au pouvoir, qui est dans une impasse, pousse les Algériens à la violence pour imposer ses choix. Par la paix nous les vaincrons et nous libérerons le pays », tweetait dans la soirée Nadjib Belhimer, journaliste arabophone très suivi. La nuit s’est terminée dans le calme.

  • des débordements violents
  • journaliste arabophone tres suivi 很多追随者的说阿拉伯语的记者

On en sait également plus désormais sur les positionnements des différents opposants au président Bouteflika. A minuit, une dizaine de candidats avaient déposé leur dossier. Parmi eux, le major général à la retraite Ali Ghediri. L’homme a déposé sa candidature dans des conditions qui ont provoqué la suspicion de ses détracteurs : alors qu’il était présent en personne au Conseil constitutionnel, c’est son directeur de campagne, Me Mokrane Aït Larbi, qui a déposé formellement le dossier. Certains y ont vu une façon de justifier le dépôt de candidature du président Bouteflika par procuration. Me Aït Larbi a assuré que le récépissé lui avait été remis car il s’était occupé matériellement de remettre le dossier à la personne concernée.

  • par procuration 通过代理人

« ère révolue »

Les deux autres candidats potentiellement de poids, Abderrazak Makri, le chef du Mouvement de la société pour la paix (MSP, islamiste), et l’ancien chef de gouvernement Ali Benflis ont, eux, renoncé à participer à l’élection, fragilisant encore un peu plus la crédibilité du scrutin prévu le 18 avril.

Le MSP avait apporté vendredi 1er mars son soutien aux manifestations contre le pouvoir. « Le peuple a clairement exprimé son refus catégorique et définitif du cinquième mandat. Il appartient à tous les responsables dans les différentes institutions de l’Etat d’écouter la voix du peuple et d’assumer leurs responsabilités sans aucune hésitation. Qu’ils arrêtent d’imposer l’impensable ! », soulignait l’instance dirigeante de la formation dans un communiqué.

  • catégorique: indiscutable.
  • impensable: inconcevable, inimaginable

Ali Benflis, ancien chef de gouvernement, candidat à la présidentielle en 2004 et en 2014, a fait part de sa décision quelques heures avant l’expiration du délai de dépôt des candidatures. « Ma place n’est plus dans une compétition électorale dont notre peuple (…) dénonce avec vigueur le caractère biaisé et faussé. Le peuple a pris la parole et je l’ai entendu », a-t-il indiqué, expliquant que « l’élection présidentielle, dans les circonstances actuelles, n’a ni de sens ni de raison d’être ». « Ce qui est remis en cause en ces heures décisives, c’est tout un système politique qui a, irrémédiablement, tourné le dos à la modernité politique en pensant survivre et prospérer en s’abritant sous des archaïsmes et au moyen de recettes et de méthodes d’une ère révolue depuis bien longtemps », a-t-il avancé, indiquant que le peuple algérien « n’[avait] pas dit son dernier mot. » L’opposant propose un plan de sortie de crise : un report de six mois des élections et la formation d’un gouvernement d’union nationale pour préparer un scrutin libre. Jusqu’ici, toutefois, les partis d’opposition n’ont jamais réussi à se mettre d’accord sur un scénario de transition.

  • dénoncer avec vigueur: 强烈谴责
  • la caractère biaisé et faussé
  • archaïsmes: 过时
  • une ère révolue:一个过去了/过时的时代

Un communiqué publié le 21 février par le Conseil constitutionnel stipulait que les candidats devaient se présenter « en personne ». Mais il n’est plus accessible en ligne depuis dimanche. Le texte de la Constitution n’apporte pas de réponse explicite. Quoi qu’il en soit, la candidature d’Abdelaziz Bouteflika a peu de chances d’être invalidée : l’instance, qui a dix jours pour rendre sa décision, est en effet présidée par l’un de ses fidèles, Tayeb Belaïz. Ce passage en force provoque déjà de nouvelles tensions. Le pays se prépare à des manifestations massives, notamment vendredi 8 mars. Le bras de fer entre le pouvoir et les manifestants ne fait que commencer.

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