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CHRONIQUE|PAR ARNAUD LEPARMENTIER

Quand Trump étouffe les visas pour les diplômés

NEW YORK - correspondant

Dans l’Amérique de Donald Trump, même quand on a gagné à la loterie, on n’a pas complètement gagné. Elias Chedid, diplômé en mathématiques de Dauphine et de HEC, en fait l’amère expérience. Le jeune homme de 29 ans croyait être sorti d’affaire au printemps 2018 lorsqu’il a gagné au tirage au sort le droit de demander un visa H1B, celui réservé aux diplômés et aux informaticiens qui manquent dans la Silicon Valley. Un soulagement après avoir raté la loterie 2017 (ces visas sont contingentés à 85 000 par an).

  • en fait l'amère experience: faire l’expérience de… 经历了某事。
  • être sorti d’affaire 摆脱了困境
  • gagner au tirage 赢得抽签

Il espérait pouvoir rejoindre son entreprise AgilOne près de San Francisco à l’automne. Et puis rien. Après le « shutdown » du début d’année, une lettre lui parvient enfin, demandant un supplément d’information : Elias Chedid doit décrire son futur travail pour démontrer que celui-ci exige des compétences pointues ; préciser les cours suivis pendant ses études pour prouver qu’ils correspondent techniquement à son affectation ; produire une lettre de recommandation de ses anciens employeurs, etc.

  • exiger des competences pointues: 要求尖端的能力
  • affectation 职位

C’est la nouvelle technique de Trump. Faute de faire réformer par le Congrès un système de visas bancal depuis des années et de clarifier un maquis qui fait la fortune des avocats, les équipes du président le rendent insupportable. Ainsi, l’obtention des visas H1B était quasi automatique à la fin du mandat d’Obama, avec 28 % seulement de demandes de renseignements fin 2016. Ce chiffre a grimpé à 46 % fin 2017 et s’est envolé à 60 % fin 2018, selon les services américains de l’immigration. Parallèlement, le taux d’approbation a décliné, passant de 92 % fin 2016 à 83 % en 2017, puis à 75 % fin 2018. « Ils changent la loi sans la changer. Il n’y a pas de modification législative, mais des décrets présidentiels et des circulaires administratives qui produisent des changements majeurs, en dissuadant et retardant l’immigration légale », déplore Roxanne Levine, avocate spécialisée à New York. Elias Chedid travaille de Paris pour AgilOne, en espérant encore obtenir le fameux sésame.

  • bancal:rickety,shaky
  • maquis: élément compliqué et inextricable: 例句 le maquis de l'administration。 原意是科西嘉岛的密林
  • obtenir le fameux sésame:这里的sésame 是指procédé infaillible pour obtenir ce que l'on veut 比如avoir un sésame efficace pour pénétrer dans les cercles les plus fermés

Ce zèle bureaucratique est censé protéger les travailleurs américains de la concurrence d’informaticiens indiens et chinois affectés à des emplois répétitifs dans les entreprises de services informatiques. Car, officiellement, M. Trump veut toujours attirer les meilleurs. A l’avenir, les visas H1B feront une place plus belle aux titulaires d’un diplôme de troisième cycle. En janvier, le président leur a promis sur Twitter « un chemin potentiel vers la nationalité américaine. Nous voulons encourager les personnes les plus douées et talentueuses à poursuivre leur carrière aux Etats-Unis ».

« Embaucher américain »

Mais derrière ce credo élitiste se nichent des mesures dilatoires pour appliquer son ordre présidentiel signé au printemps 2017 – « acheter américain et embaucher américain ». Les services de l’immigration sont volontairement embouteillés, avec l’instauration d’entretiens systématiques pour obtenir son permis de travail permanent, la fameuse « carte verte ». L’administration reprend souvent de zéro les dossiers lorsqu’il s’agit de renouveler un visa, menace de les remettre en cause lorsqu’on change d’employeur et réduit les possibilités de travail pour les conjoints. Le traitement d’un dossier qui prenait cinq mois en 2014 en prend désormais dix.

  • se nicher: 隐藏着

Résultat, les jeunes hésitent à tenter l’aventure américaine. Le nombre de nouveaux étudiants étrangers recrutés pour l’année scolaire 2017- 2018 a reculé de 6,6 %, à 271 000. En période de pénurie de main-d’œuvre, les entreprises ont dénoncé cet été des pratiques « arbitraires et incohérentes », qui sapent la croissance et la compétitivité américaine. Quant à la Fondation nationale pour la politique américaine, elle révèle que 50 des 91 « licornes », ces entreprises non cotées valorisées plus de 1 milliard de dollars, ont été fondées ou cofondées par un immigrant. On retrouve parmi eux le Canadien Garrett Camp (Uber), le Sud-Africain Elon Musk (SpaceX), l’Israélien Adam Neumann (Wework). Ensemble, ces licornes valent 248 milliards de dollars.

  • licorne: 独角兽
20190306-p28-h1b.txt · 最后更改: 2019/05/14 09:56 由 80.15.59.65