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Deuxième cas de rémission d’un patient atteint du VIH

Sandrine Cabut

Après une greffe de moelle osseuse, l’homme n’a plus de traces du virus dans son sang depuis plus de dix-huit mois

  • une greffe de moelle osseuse: 骨髓移植

Est-ce un nouveau « patient de Berlin » et, au-delà, une voie d’avenir pour traiter certains malades du sida ? Dix ans après Timothy Brown, seul individu à avoir guéri de l’infection après une greffe de moelle osseuse pour une leucémie aiguë, un autre malade est en rémission prolongée de son infection par le VIH après un traitement équivalent, réalisé pour traiter une autre maladie du sang, un lymphome de Hodgkin.

  • une leucémie aiguë 急性白血病
  • un lymphoma de Hodgkin

Le cas du « patient de Londres » est publié par l’équipe du professeur Ravindra Gupta (United College of London, Royaume-Uni) dans une lettre à la revue Nature du mardi 5 mars, et a été présenté à la conférence annuelle sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI), qui se tient à Seattle (Etats-Unis).

Actuellement, près de 37 millions de personnes sont infectées par le VIH dans le monde. Six sur dix ont accès à un traitement antirétroviral. Ces médicaments permettent de contrôler l’infection (charge virale indétectable) dans 80 % des cas, mais doivent être pris à vie.

Le patient de Berlin, Timothy Brown, avait été diagnostiqué séropositif en 1995. Onze ans plus tard, quand il a déclaré une leucémie aiguë myéloïde, les médecins ont eu l’idée de lui transplanter une moelle osseuse – une thérapie classique dans des formes résistantes de ces cancers du sang – provenant d’une personne naturellement résistante au sida.

  • séropositif: HIV-positif
  • myéloïde:骨髓细胞

Traitement lourd

Lors d’une infection par le VIH, le virus pénètre dans des cellules immunitaires, les lymphocytes CD4, en se fixant sur un récepteur présent à leur surface, appelé CCR5. Moins d’1 % de la population mondiale possède une mutation dénommée « delta 32 » du CCR5. Or celle-ci empêche le VIH-1 – le plus fréquent – d’infecter ses cellules hôtes habituelles, et confère une résistance au virus. D’où le recours à un donneur porteur de cette particularité génétique, sur les deux copies du gène.

Après un traitement lourd comprenant une chimiothérapie intensive, une irradiation du corps entier et deux greffes – la première ayant été suivie par une rechute –, M. Brown a été guéri de sa leucémie et de son sida. Un succès jusqu’à présent considéré comme unique.

L’histoire du patient de Londres, dont l’identité n’a pas encore été révélée, est proche. Cet homme dont la séropositivité a été découverte en 2003 était traité par antirétroviraux. A partir de 2012, il a été soigné pour un lymphome de Hodgkin, résistant à une première chimiothérapie. Après une unique greffe de moelle en 2016 provenant d’un donneur (pas complètement compatible) avec une mutation « delta 32 » du gène CCR5, ses antirétroviraux ont été interrompus au bout de seize mois. Depuis, il a passé plus de dix-huit mois supplémentaires en rémission sans traitement, avec une charge virale indétectable.

Prudents, Ravindra Gupta et son équipe jugent qu’il est trop tôt pour parler de guérison. Mais ce nouveau succès montre selon eux que le cas de Berlin n’est pas seulement une bizarrerie, et incite à développer des approches visant CCR5 pour obtenir une rémission du sida.

D’autres pistes

« Ce sont des résultats très encourageants, mais qui ont nécessité, dans le cas du patient de Berlin comme dans celui de Londres, une procédure extrêmement lourde et à risque, souligne l’immunologiste Brigitte Autran, professeure émérite à la Sorbonne. Entre-temps, d’autres essais similaires n’avaient pas obtenu de rémission du VIH. Pour l’instant, nous n’avons pas individualisé les facteurs de succès, il ne serait donc pas envisageable d’exposer à une telle stratégie des malades VIH sans atteinte hématologique [maladies du sang] associée. »

  • entre-temps: in the mean time.

Il est en revanche possible de la proposer en cas de lymphome, qui reste, précise Mme Autran, « la complication mortelle la plus fréquente chez les patients VIH traités ».

Le patient de Londres fait partie d’une étude menée par un consortium européen, Icistem, incluant des malades du VIH devant recevoir une greffe de moelle pour une maladie du sang. Selon l’Amfar, une fondation américaine de recherche sur le sida, qui finance ce projet, 45 patients ont déjà été recrutés, qui ont reçu ou recevront bientôt une greffe de cellules souches. Le cas d’un autre participant à l’étude, un homme de Düsseldorf (Allemagne) qui serait en rémission depuis novembre 2018 après une greffe, doit aussi être présenté à la conférence de Seattle.

La transplantation de cellules souches provenant d’un donneur avec la mutation sur CCR5 n’est cependant pas la seule piste. « Une autre option consiste en une autogreffe de moelle, les cellules du patient étant génétiquement modifiées, poursuit Mme Autran. Des essais cliniques sont déjà en cours, en Europe et notamment en France et aux Etats-Unis avec une technique d’édition du génome appelée “nucléase en doigts de zinc”. Des équipes travaillent aussi, à des phases plus préliminaires, avec d’autres techniques, comme Crispr Cas 9. »

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