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Suspicions autour de la conception du Boeing 737 MAX

Sur les lieux du crash de l’avion d’Ethiopian Airlines, le 11 mars. TIKSA NEGERI/REUTERS

Guy Dutheil

Après le crash d’Ethiopian Airlines, la Chine a cloué au sol ces appareils qui sont au cœur de la stratégie de l’avionneur

  • avionneur: 飞机制造商

Loi des séries (noires) ou simple coïncidence tragique ? Un Boeing 737 MAX de la compagnie Ethiopian Airlines, qui assurait la liaison entre Addis-Abeba (Ethiopie) et Nairobi (Kenya), s’est écrasé, dimanche 10 mars, causant la mort de ses 157 passagers dont 7 Français. C’est le deuxième accident en quelques mois qui implique le nouvel avion moyen-courrier du constructeur américain. En octobre 2018 déjà, un 737 MAX de la compagnie aérienne indonésienne à bas coûts Lion Air s’était abîmé en mer de Java. Là non plus il n’y avait eu aucun rescapé parmi les 189 passagers de l’avion.

  • rescapé: survivant

Ce nouveau crash provoque la panique parmi les compagnies. Ethiopian Airlines a annoncé, lundi 11 mars, sa décision d’immobiliser toute sa flotte de Boeing 737 MAX. Dans le même temps, les autorités chinoises et indiennes ont décidé, elles aussi, d’immobiliser au sol, tous les 737 MAX présents dans les flottes de toutes leurs compagnies aériennes. De son côté, Air France précise qu’elle n’a pas dans sa flotte, ni en commande, cette version du 737. Ce sont les similitudes entre les deux accidents qui provoquent l’inquiétude des compagnies. En effet, les deux crashes, qui impliquent le même avion, ont eu lieu quelques minutes après le décollage. A chaque fois, les pilotes ont signalé qu’ils avaient des difficultés et demandé à faire demi-tour avant de s’écraser.

  • faire demi-tour: 掉头

Preuve que l’affaire est prise très au sérieux par les autorités aériennes. Aux Etats-Unis, le National Transportation Safety Board (NTSB), l’équivalent américain du Bureau enquêtes et analyses (BEA) s’est saisi du dossier. Depuis le premier accident d’un 737 MAX, certains experts soupçonnent un problème de conception de l’avion. Notamment au niveau des logiciels de commande de l’appareil. Il faut dire qu’à chaque nouvelle génération d’appareil, l’informatique prend une place de plus en plus importante. Le 737 MAX est la version remotorisée du 737 de Boeing, l’avion le plus vendu au monde avec plus de 10 000 exemplaires produits.

Un appareil beaucoup moins gourmand en kérosène. « La conception du 737 MAX est dangereusement imparfaite », n’hésite pas à déclarer Mohan Ranganathan, ancien pilote aujourd’hui reconverti comme expert aéronautique. Les pilotes ont-ils été suffisamment formés ou informés des nouvelles spécificités de l’avion s’interrogent compagnies aériennes et fournisseurs ? Contacté, Boeing n’a pas répondu à nos sollicitations.

Selon un patron d’un grand équipementier de l’aéronautique, « Boeing n’a pas imposé une formation spéciale aux pilotes pour qu’ils passent des commandes du 737, ancienne version, à celle du 737 MAX ». Selon nos informations, Airbus, le grand rival de Boeing, n’a pas non plus exigé une formation spéciale pour passer des commandes de l’A320, première version, à celles de l’A320 Neo. Deux avions, selon le constructeur, qui partagent « 99 % de choses communes ». Toutefois, pour le 1 % de différences, Airbus a mis au point un document d’informations. Ce problème de logiciel semble écarter toute défaillance mécanique notamment liée aux moteurs.

L’entrée en lice des autorités de l’aviation n’est pas une bonne nouvelle pour Boieng. En 2013, la Federal Aviation Administration (FAA), l’instance américaine de régulation de l’aviation, avait imposé un « grounding » de trois mois au 787 Dreamliner de Boeing.

  • en lice: on the list

A l’époque, plusieurs exemplaires du dernier-né des long-courriers du constructeur américain avaient souffert de problème de surchauffe et de débuts d’incendies de leurs batteries. Cette retenue au sol avait coûté très cher à Boeing. Elle avait notamment retardé de plusieurs années la rentabilité de son nouvel avion.

Cette fois, ce problème de conception du 737 MAX pourrait coûter beaucoup plus cher à l’avionneur américain. Le marché des moyen-courriers est beaucoup plus important que celui des long-courriers. Pour les vingt années à venir, Airbus et Boeing prévoient que les compagnies aériennes du monde entier auront besoin de près de 32 000 monocouloirs pour suivre l’augmentation du trafic passagers. Airbus fait la course en tête avec plus de six mille A320 en commande. Sur le seul segment des moyen-courriers remotorisés, Airbus fait largement la course en tête. Son best-seller A320 Neo détient plus de 60 % de parts de marché. Conscient des enjeux économiques, Boeing a annulé les festivités prévues dans les prochains jours pour accompagner les premiers tours de pistes de son nouveau long-courrier 777-X.

  • monocouloirs: 单走廊飞机
  • faire la course en tête: 在赛跑中领先
20190312-p18-boeing.txt · Last modified: 2019/03/13 09:42 (external edit)