用户工具

站点工具


20190315-p5-college

Les tricheries des célébrités pour forcer la porte des universités américaines

Arnaud Leparmentier

Un entrepreneur californien risque vingt ans de prison pour avoir mis en place un système de corruption destiné aux enfants des riches

NEW YORK - correspondant

Aux Etats-Unis, pour entrer dans les plus prestigieuses universités, il y a la grande porte, celle des compétences et des capacités personnelles. Puis il y a la porte arrière, lorsque les parents font de généreuses donations : c’est la voie qu’avait privilégiée le père de Jared Kushner, futur gendre de Donald Trump, promettant en 1998 à Harvard un don de 2,5 millions de dollars (2,2 millions d’euros) alors que son fils postulait pour la célèbre université. Mais le résultat n’est pas garanti. Alors William Singer, un entrepreneur de 58 ans, a, selon ses propres mots, « créé une porte de côté qui garantisse aux familles [que leurs enfants soient] admis ».

Ce Californien a inventé tout un système de corruption, avec de fausses performances sportives, des résultats truqués aux tests académiques et des profils personnels trafiqués. Libéré sous caution, il a plaidé coupable, mardi 12 mars, devant un tribunal de Boston – sa peine sera prononcée le 19 juin et devrait se situer entre quinze et vingt ans de prison. L’affaire fait la « une » de tous les journaux américains, la liste des parents ayant eu recours aux services de M. Singer pour entrer dans des universités aussi prestigieuses que Yale ou Stanford ressemblant au Bottin mondain des célébrités américaines : stars d’Hollywood, avocats new-yorkais ou chefs d’entreprise.

  • truquer: fausser
  • trafiquer: 编造,伪造

De 2011 à 2019, ces parents riches et célèbres ont versé à l’officine de M. Singer, bien nommée « The Key » (la clé), un total de 25 millions de dollars (22 millions d’euros). Trente-trois ont été mis en accusation.

  • officine: organization

Les pratiques sont édifiantes. L’actrice de la série Desperate Housewives Felicity Huffman est accusée d’avoir versé 15 000 dollars fin 2017 pour tricher sur le score de sa fille au test scolaire SAT. Le stratagème était sophistiqué : l’enfant passe le test normalement, un examinateur corrompu reprend la copie et corrige les fautes pour faire monter le score. Il fallait pour cela se rendre dans des centres d’examen d’Houston (Texas) ou de Los Angeles, où M. Singer avait ses deux complices, qui ont été inculpés.

  • tricher sur: cheat

« Et cela marche ? », avait demandé Gordon Caplan, associé du cabinet d’avocats new-yorkais Willkie Farr & Gallagher. Il a payé 75 000 dollars pour que le score de sa fille soit amélioré – pas trop, pour ne pas élever les soupçons. Autre tactique, prétendre une infirmité pour passer son examen avec un tuteur complice.

  • prétendre une infirmité: 申称有残疾
  • un tuteur complice: 做同谋的助教

La méthode la plus efficace était de s’inventer des compétences sportives, décisives pour grappiller les points nécessaires à l’admission. Les activités concernées étaient des sports mineurs aux Etats-Unis (tricher sur le basket ou le football américain est trop voyant). Les entraîneurs universitaires étaient corrompus (une dizaine d’entre eux ont été inculpés) pour accepter dans leurs équipes des sportifs bidon.

  • grappiller les points nécessaire: 收集必须的分数

La star de télévision Lori Loughlin et son mari, le styliste Mossimo Giannulli, auraient payé 500 000 dollars pour que leurs filles soient désignées comme recrues de l’équipe d’aviron de l’université de Californie du Sud. L’un d’elles a posé faussement sur un rameur. Un parent a versé 1,2 million de dollars pour que sa fille, qui ne jouait pas au soccer (football), soit présentée comme la cocapitaine d’une célèbre équipe de Californie du Sud. Le complice, cette fois, était le patron de l’équipe de l’université Yale, sur la Côte est, qui a accepté un pot-de-vin de 400 000 dollars. Les dossiers étaient constitués en truquant des photos de compétitions sportives, le visage des enfants étant plaqué sur celui de vrais sportifs.

  • aviron: rowing
  • rameur: rower

Mentir sur les origines ethniques

Troisième méthode, tricher sur les origines ethniques des candidats, pour profiter de la discrimination positive en faveur des minorités.

Aucun enfant n’a été incriminé, ceux-ci n’ayant pas été au courant des agissements de leurs parents, selon la justice. Aucune université n’a été mise en cause. Stanford a licencié son entraîneur de voile, Austin celui de tennis. Particulièrement touchée par le scandale, l’université de Californie du Sud s’est séparée de ses entraîneurs d’athlétisme et de water-polo, qui avaient reçu 1,3 million et 250 000 dollars de pots-de-vin. Les bakchichs des parents étaient parfois dissimulés en donations à des institutions philanthropiques, pour pouvoir bénéficier des déductions fiscales. L’un a été versé sous forme d’actions Apple.

  • bakchich: pot-de-vin
20190315-p5-college.txt · 最后更改: 2019/03/17 13:56 由 82.251.53.114