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L’épopée du train le plus célèbre du monde

Reconstitution du départ du premier Orient-Express de Paris, en 1883. BBC STUDIOS - TOGETHER MEDIA Audrey Fournier

Un documentaire reconstitue le faste de l’Orient-Express et son rôle dans le développement du rail européen

ARTE SAMEDI 16 - 20 H 50 DOCUMENTAIRE

On l’a depuis oublié, mais la création de l’Orient-Express, joyau roulant qui restera pour beaucoup la plus célèbre des scènes de crime, a marqué une étape décisive dans le développement du rail en Europe.

C’est l’histoire de cette révolution technologique et esthétique qu’Arte propose de (re)découvrir dans un documentaire. Contée par l’acteur Charles Berling, l’histoire de l’Orient-Express est celle du rêve de George Nagelmackers (1845-1905), un industriel belge qui, après avoir étudié l’essor du chemin de fer transcontinental aux Etats-Unis, grâce notamment aux « sleeping cars » Pullman, décide de lancer sa Compagnie des wagons-lits en Europe et d’offrir un confort inédit aux trajets longue distance.

Le premier Orient-Express, dont les wagons sont alors en teck, quitte Paris en 1883 avec seulement une quarantaine de personnes à son bord. Direction Istanbul (alors Constantinople), via Strasbourg, Munich, Vienne, Budapest…, où monteront d’autres voyageurs curieux. S’il faut quelque 30 motrices différentes pour tenir la distance jusqu’au bout de ce voyage inaugural, la possibilité de traverser plusieurs pays dans un cadre aussi raffiné, et à une vitesse impressionnante pour l’époque, est une petite révolution.

  • en teck: 柚木制作的

Une pièce de musée

Quelques années après son lancement, l’Orient-Express assure trois liaisons par semaine et ne désemplit pas. Enhardi par son succès, Nagelmackers se lance dans l’aventure du transsibérien, qui se révéle un gouffre financier. Ses revers dans l’immobilier précipitent sa chute. Il meurt ruiné, mais sa compagnie lui survit.

  • enhardi: emboldened
  • un gouffre financier: 一个财务无底洞
  • ses revers dans l’immobilier: 他在房地产方面的失败

Une fois passée la première guerre mondiale, pendant laquelle les convois militaires sont prioritaires sur les rails, l’Orient-Express renaît dans l’entre-deux-guerres et connaît son âge d’or, incarné par de nouveaux wagons en métal vert foncé – les plus connus –, décorés par de grands noms de l’Art déco (Lalique, Prou).

C’est à cette époque qu’Agatha Christie écrit le best-seller qui contribuera à entretenir la légende de la compagnie. Celle-ci se remettra pourtant très mal de la seconde guerre mondiale. Pillés, éparpillés à travers l’Europe, les wagons verts – dont l’un a servi de cadre à la signature de l’armistice franco-allemand en 1918, puis à celui de 1940 – sont synonymes d’humiliation pour la France. Les « trente glorieuses » verront l’avènement du transport aérien, préféré par les voyageurs aisés, désormais pressés. L’Orient-Express fera son dernier voyage en 1977, avant de devenir une pièce de musée.

Le plus souvent assis à une table du wagon-restaurant ou dans un salon cossu, historiens et journalistes se succèdent à l’image pour raconter de nombreuses anecdotes et donner de multiples éléments de contexte éclairants. Les explications historiques, notamment concernant le rôle de cette ligne dans l’unification de l’Europe et son ouverture vers la Turquie, sont les plus intéressantes.

Les reconstitutions en costumes, enrichies d’effets spéciaux sophistiqués, sont plutôt réussies. La rencontre avec un collectionneur de wagons d’Orient-Express, qui possède notamment un des rares modèles en teck encore existants, est à la fois étonnante et émouvante.

D’une longueur pourtant confortable, ce film a, comme souvent sur un tel sujet, les défauts de ses qualités : très – trop ? – riche, il couvre un siècle d’histoire à toute vitesse là où l’on aurait peut-être préféré, tel un voyageur au long cours des années 1920, prendre un peu plus son temps.

L’Orient-Express, le voyage d’une légende, de Louis Pascal Couvelaire (France, 2018, 82 min).

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