用户工具

站点工具


20190316-p24-argentina

48 heures à Buenos Aires

François Bostnavaron

La capitale argentine compte quarante-huit quartiers et autant de visages. De Barracas, concentré de street art, à la place de Mai, le cœur de la nation, sans oublier les nuits festives de Palermo Hollywood

VOYAGE

BUENOS AIRES

Les générations d’immigrants qui ont débarqué à Buenos Aires ont toutes laissé leurs empreintes, faisant de la ville une cité cosmopolite par excellence. La Recoleta a des airs du Paris haussmannien, la Boca, et ses maisons colorées, fait penser à Naples ou à Gênes, l’avenue du 9-Juillet est, elle, plus espagnole… Voilà pourquoi au fil de ses quarante-huit barrios (quartiers), qui ont tous une identité propre, Buenos Aires donne l’étrange sentiment d’être dans une ville familière au bout du monde.

1er jour

9 heures Première avenue

Avec ses 140 mètres de large, ses 4 kilomètres de long et ses 7 voies de circulation dans chaque sens, l’avenue du 9-Juillet – en référence à la proclamation de l’indépendance le 9 juillet 1816 – est une bonne façon de prendre le pouls de la ville. Point de départ : le Palacio Ortiz Basualdo, siège de l’ambassade de France (1). Cet édifice de 1912 dessiné par l’architecte français Paul Pater est l’un des rares bâtiments de l’avenue qui, avec le Théâtre Colon, ont échappé à la destruction lors des grands travaux de la dictature, entre les années 1960 et 1980. Près de vingt-cinq blocs, témoignages de l’architecture Belle Epoque argentine, ont alors été rasés.

  • prendre le pouls de la ville: 医学术语。 take the pulse of the city.

Après un quart d’heure d’une déambulation agréable – la circulation est dense, mais l’endroit reste très vert –, on aperçoit l’imposant Théâtre Colon (2). Construit sur le site d’une ancienne gare et inauguré en 1908, cet Opéra de style baroque et Renaissance est le plus beau bâtiment de l’artère. Il se visite, mais nous préférons filer à l’arrière pour profiter du jardin et de l’ombre du ficus géant de la place Lavalle, en jetant un œil sur le Palais de justice et la Cour suprême.

  • déambulation: 漫步
  • aperçoit
  • imposant
  • filer a l’arriere
  • jetter un œil sur
  • la Cour supreme: the Supreme Court

10 h 15 Béat devant BA

La balade se poursuit sur l’avenue piétonne du Président-Roque-Saenz-Pena, bordée d’arbres et d’estaminets pour arriver à l’Obélisque (3), situé au centre de l’avenue du 9-Juillet. Marquez une pause, le temps d’une photo, devant ce que les Porteños, les habitants de Buenos Aires, appellent le BA Verde : un B et A géant de verdure devant lequel on se fait tirer le portrait avec la place de la République et son obélisque de 71 mètres de haut en arrière-plan.

  • l’avenue piétonne 步行街
  • estimaniets: 小餐厅

10 h 30 Le cœur argentin

Nous longeons de très beaux immeubles des années 1930, comme le Menendez Behety au 541, La Union à l’angle d’Esmeralda ou Shell Mex au 788, pour arriver au cœur de l’histoire argentine, la place de Mai (4). Nommée ainsi depuis le 25 mai 1810, date à laquelle s’est formé le premier gouvernement argentin après que le vice-roi espagnol fut chassé par les Porteños.

C’est ici qu’ont lieu tous les rassemblements politiques importants du pays. Ici que, depuis quarante ans, chaque jeudi à 15 h 30, les mères des disparus sous la junte militaire (de 1976 à 1983) continuent de manifester en tournant autour de la place. On ne quittera pas l’endroit sans faire un détour par la néoclassique Catedral Metropolitana, qui ressemble à s’y méprendre à notre Palais-Bourbon.

  • ressembler à s’y méprendre a: 详细到误以为是。。。

11 h 30 Retour au Retiro

Voici la rue Florida (5), rue piétonne la plus ancienne de la capitale argentine, dans le quartier central et commerçant du Retiro. Des boutiques de souvenirs, des grandes enseignes, de magnifiques bâtiments Belle Epoque, sur plus d’un kilomètre avec surtout la très belle Galeria Guemes. Entrez dans l’élégante Galeria Pacifico à l’angle de l’avenue Cordoba, inspirée du Bon Marché parisien. Levez le nez pour admirer les superbes fresques de la coupole. S’y trouve aussi le centre culturel Borges, icône de la littérature argentine, aux expos et spectacles toujours passionnants.

  • passionnant: fascinating.

15 heures Sur les pas d’Eva

Direction le cimetière de La Recoleta (6), le quartier huppé et haussmannien de Buenos Aires. On peut passer des heures dans cette nécropole labyrinthique, aux faux airs de Père-Lachaise, qui se visite comme un musée à ciel ouvert avec plus de 6 400 sculptures, sépultures et mausolées. La plus célèbre reste celle d’Eva Peron, la madone du peuple argentin. L’épouse de Juan Peron, élu démocratiquement en 1946, n’aura jamais de fonction officielle. Pourtant, elle saura séduire le peuple argentin (Don’t Cry for me Argentina, chantait Madonna). Elle mourra d’un cancer à 33 ans en 1952. Caché en Italie, puis en Espagne, son corps ne réapparaîtra qu’en 1974, après la mort en exil de son mari en 1971. Pour trouver sa dernière demeure – une simple chapelle noire –, il suffit de suivre le flot de visiteurs.

  • nécropole labyrinthique
  • aux faux airs de Pere-Lachaise
  • sculptures, sépultures et mausolées
  • la madone du peuple argentin
  • le flot de visiteurs

19 heures Le dernier tango

Puerto-Madero (7) est le dernier-né des quarante-huit barrios de Buenos Aires. Une sorte de Manhattan, érigé sur les anciennes installations portuaires du XIXe siècle, au bord du Rio de la Plata, où se côtoient tours de verre et d’acier, entrepôts réhabilités et espaces verts. Impossible de louper le piétonnier Puente de la Mujer, œuvre futuriste et imposante de l’architecte espagnol Calatrava, devenue depuis sa construction en 2001 un symbole de la ville.

Pour dîner, direction Le Faena, d’anciens silos de briques rouges reconvertis en hôtel par Philippe Starck. A la brasserie El Mercado, on déguste les incontournables empanadas, le très épicé chimichurri pour accompagner les viandes grillées. Pour terminer la soirée, le Rojo Tango Show dans la salle de spectacle de l’hôtel résume en 90 minutes toute la sensualité de cette danse. Moins charmant qu’une soirée dans une milonga, ces clubs de tangos très prisés de San Telmo, mais très pro.

2e jour

9 heures La Boca et Maradona

S’il est un incontournable de Buenos Aires, c’est bien La Boca (8), ancien chantier naval devenu un quartier très touristique. Il faut tout de même emprunter le Caminito, ruelle piétonne bordée de jolies maisons aux couleurs vives, devenues depuis ateliers d’artistes ou restaurants, comme un petit Montmartre local. Un décor polychrome que l’on doit aux immigrants génois de la fin du XIXe siècle. Danseurs et danseuses de tango vous inviteront à prendre la pose le temps d’une photo, moyennant quelques pesos. Amateurs de football, ne ratez surtout pas la Bombonera, le stade mythique de Boca Juniors (visite entre 10 et 15 euros) où Diego Maradona passa sûrement les deux plus belles saisons de sa carrière.

10 heures Street art à Barracas

A quelques centaines de mètres de La Boca se trouve Barracas (9), des friches industrielles devenues l’une des Mecque du street art de la capitale portègne. Les entrepôts sont désormais tous recouverts de graffs, faisant du lieu un véritable musée à ciel ouvert. Notre préféré : The Pale Horse and his Rider, du duo néerlandais Telmo Miel.

11 h 30 Les bibelots de San Telmo

San Telmo (10) était le quartier riche de Buenos Aires avant qu’une épidémie de fièvre jaune au XIXe siècle ne pousse ses habitants à fuir vers le quartier de la Recoleta. Pas d’immeubles modernes ici, mais plutôt des maisons bourgeoises et, surtout, un très beau marché couvert, le Mercado de San Telmo, structure de fer et de verre, datant de la fin du XIXe siècle. On y trouve à la fois bibelots, vieux appareils photo, maillots de foot et étals de produits frais. Mention particulière pour le passage La Defensa devenue, depuis 1981, une petite arcade commerçante : les antiquaires et les boutiques de cuir y sont installés autour de trois cours. Même chose à La Candelaria, juste de l’autre côté de la rue.

15 heures Lire sur scène

Ne pas quitter Buenos Aires sans passer par El Ateneo Grand Splendid, une des plus belles librairies du monde (11). Cet ancien théâtre-cinéma devenu librairie en 2000 a conservé le dôme peint, les corbeilles et les balcons ainsi que la scène, devenue un endroit cosy où l’on peut prendre un café au milieu des 120 000 ouvrages.

16 heures Palermo Hollywood

Palermo (12), quartier du nord de Buenos Aires, est tellement grand qu’il est subdivisé en petits quartiers : Alto Palermo, Palermo Chico et Palermo Viejo, constitué de Palermo Soho et Palermo Hollywood. Le jour, on respire à Alto Palermo, dans l’immense jardin botanique Charles-Thays créé par le paysagiste français. Avant de visiter le Musée Evita. Clou de la collection : les bijoux et robes Dior de Peron. Puis direction Palermo Chico pour ses superbes villas, mais aussi son musée d’art latino-américain à l’architecture atypique. La nuit, on file à Palermo Viejo, entre Hollywood et Soho. De belles boutiques, des bars à tapas, des studios de cinéma et des marchés en plein air. Un lieu vivant et attachant, où l’on pourrait rester jusqu’à ce que le jour se lève enfin, comme dans la chanson de Benjamin Biolay.

  • attachant: charming
20190316-p24-argentina.txt · 最后更改: 2019/03/15 23:31 由 82.251.53.114