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Mozambique : un cyclone dévaste la ville de Beira

A Beira, dimanche 17 mars, après le passage du cyclone Idai. ADRIEN BARBIER/AFP Adrien Barbier

L’agglomération de 500 000 habitants est coupée du monde depuis le passage d’Idai, vendredi 15 mars

REPORTAGE

BEIRA (MOZAMBIQUE) - envoyé spécial

C’est une catastrophe. Tout est détruit. Le Mozambique n’a encore jamais fait face à un tel désastre. » Toisant la piste d’atterrissage de l’aéroport, le ministre mozambicain de l’environnement, Celso Correia, s’offre une cigarette tout en faisant un état des lieux apocalyptique de Beira après le passage du cyclone tropical « Idai », dans la nuit de jeudi 14 à vendredi 15 mars. Pas d’électricité, pas d’accès routier, pas de réseau téléphonique : la grande ville du centre du Mozambique et ses 500 000 habitants étaient coupés du monde jusqu’au rétablissement de la liaison aérienne, dimanche 17 mars au matin.

  • toiser: look up and down
  • la piste d’atterrissage: 降落的跑道

Le gouvernement pourrait prochainement déclarer l’état d’urgence. « Un bilan officiel très préliminaire fait état de 62 morts officiellement dans l’agglomération. Mais on peut s’attendre à beaucoup plus lorsque les accès seront rétablis », estime M. Correia. Lundi matin, le bilan des intempéries s’est alourdi à 138 morts au Mozambique et au Zimbabwe voisin.

  • l'état d’urgence: 紧急状态
  • faire état: 报道
  • s’attendre a beaucoup plus: 会有更多
  • intempéries: 恶劣天气
  • s’alourdir

Ancien fleuron de la colonie portugaise, la ville portuaire de Beira a été touchée de plein fouet : l’œil du cyclone, accompagné de vents à près de 190 km/h, n’est passé qu’à quelques kilomètres du centre-ville. Celui-ci est méconnaissable. Tout juste dégagées par l’armée, les principales rues sont jonchées de part et d’autre de gigantesques amas de branches d’arbres, de tôles et d’objets en tout genre.

  • fleuron: 明珠。愿意是首饰
  • la ville portuaire: 港口城市
  • être touché de plein fouet
  • l’oeil Du cyclone: 飓风眼
  • méconnaissable: 无法辨认
  • joncher:litter

« C’est pire que des scènes de guerre. On s’attendait à des dégâts, quelques vitres cassées, mais là… », explique Djamila Saïd, propriétaire d’une franchise de l’opérateur mobile Vodacom dans le vieux centre. Elle est arrivée le matin même de la capitale, Maputo, pour voir ce qu’il restait de son magasin. La façade a été arrachée. « Grâce à Dieu, notre employé a eu le temps de sauver une partie de la marchandise, mais le reste, on s’est tout fait voler », explique-t-elle.

Alors que les immeubles de style art nouveau datant de l’époque coloniale ont plutôt tenu le choc, certaines rues sont rendues impraticables par l’effondrement des poteaux électriques. D’après le ministre, 80 % du réseau électrique est détruit. A voir les fils qui pendent et s’entremêlent au sol, on peut estimer qu’il faudra des mois pour remettre le système en état.

  • tenir le choc
  • etre rendu impracticable
  • l’effondrement des poteaux électriques
  • s’entremeler
  • Remettre le système en état

« On est super mal »

Bordé par une façade maritime de 2 000 km, le Mozambique est un pays habitué aux épisodes climatiques extrêmes. Avec le réchauffement climatique, ceux-ci se font plus violents et plus fréquents. Début mars, ce qui n’était qu’une dépression cyclonique avait déjà provoqué des pluies torrentielles dans l’est du pays et au Malawi. Les inondations qui s’en étaient suivies avaient causé la mort de 122 personnes dans les deux pays, un bilan toujours provisoire.

  • une dépression cyclonique 飓风低气压
  • des pluies torrentielles 瓢泼大雨

La forte tempête a ensuite rejoint le canal de Mozambique où sa puissance s’est décuplée jusqu’à devenir un « cyclone tropical intense » d’après les spécialistes de Météo France. Avant de repiquer vers la côte et de continuer son passage destructeur au Zimbabwe, où il a fait au moins une trentaine de morts. Au Mozambique, l’Institut national de gestion des catastrophes évoque pour l’instant 600 000 sinistrés, un chiffre qui pourrait être nettement revu à la hausse.

Comme souvent, les plus pauvres sont les plus touchés par la catastrophe. A la fin de la terrible guerre civile mozambicaine (1976-1992) qui a fait 1 million de morts et 4 millions de déplacés, des milliers de personnes se sont entassées dans des habitats précaires situés en zone inondable. Avec l’épisode cyclonique Idai, certains quartiers ont été complètement submergés. Le gouvernement a déjà installé une vingtaine de campements d’urgence.

Juste en face du conseil municipal, des dizaines de familles se sont réfugiées dans une boutique vide. « On n’a plus de maison, plus de vêtements, plus de nourriture. On est super mal », lâche, dépitée, Seraphina Bernardo, 35 ans. Ses cinq enfants ont été traumatisés par le passage du cyclone en pleine nuit. « C’était un vrai enfer. Je dormais avec ma fille quand le vent s’est mis à souffler. Puis le toit s’est envolé, et je ne trouvais plus les clés pour sortir. Heureusement, un voisin a enfoncé la porte et on a pu s’enfuir, mais on n’a rien eu le temps de prendre », explique Layla George, 32 ans. Ils sont désormais livrés à eux-mêmes. « Notre situation est très grave, on a vraiment besoin d’aide, s’il vous plaît », implore, à ses côtés, René Jamusse.

  • dépitée

« Notre gros défi, c’est l’accès »

Dimanche, les avions se sont succédé toute la journée. Les équipes humanitaires ont installé un centre de contrôle provisoire dans une des aérogares de l’aéroport, l’une des seules dont le toit a résisté à la violence du vent. « Notre gros défi pour le moment, c’est l’accès », résume Jamie Lesueur, le chef des opérations pour la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR). « Un seul de nos camions a pu arriver, les autres sont bloqués à 80 km d’ici, il y a un tronçon de 30 km de route qui a été complètement décimé », explique ce Canadien arrivé la veille en hélicoptère.

Sur place, on craint une nouvelle vague d’inondations potentiellement dévastatrices. « Certains barrages ont cédé, d’autres sont prêts à déborder », s’affole Emma Beaty, la coordinatrice de l’aide humanitaire pour les ONG, avant de s’engouffrer dans un hélicoptère. « 90 % de Beira et de ses alentours ont été endommagés ou détruits », évalue le FICR dans un communiqué publié lundi.

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