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Début de procès sous tension pour le suspect du meurtre de Chemnitz

Cécile Boutelet

Un réfugié syrien est accusé d’avoir tué un Allemand en août 2018. L’événement avait déclenché des manifestations xénophobes

BERLIN - correspondance

Pour des raisons de sécurité, le procès du meurtre de Daniel H. ne s’est pas ouvert à Chemnitz (Saxe), lieu du drame, mais à Dresde, capitale régionale. Les audiences se tiennent dans une salle à l’écart du centre-ville, placée sous haute sécurité. Les autorités voulaient à tout prix éviter que les événements de l’été dernier ne se reproduisent. A la suite de la mort violente de Daniel H., un Allemand âgé de 35 ans, tombé sous des coups de poignard, dans la nuit du 26 août 2018, deux réfugiés avaient été mis en cause. L’événement avait déclenché une série de manifestations xénophobes dans la ville, incluant des groupes d’extrême droite violents. L’affaire avait provoqué une vague d’émotion dans le pays et une grave crise politique à Berlin.

C’est le procès d’un de ces deux réfugiés qui a débuté lundi 18 mars à Dresde. Le second suspect, un jeune Irakien, a pris la fuite et n’a jamais été retrouvé. Au vu de la première journée d’audience, la procédure sera longue et difficile. L’issue du procès, qui se déroule sous haute tension politique, est tout sauf acquise, tant le dossier est fragile. L’accusé est un jeune Syrien de 23 ans nommé Alaa S., coiffeur de profession, qui clame son innocence depuis le début de l’affaire. Il est soupçonné d’avoir assassiné, lors d’une rixe, Daniel H., mais aussi d’être l’auteur de coups de couteau sur un autre homme, Dimitri M., qui s’est constitué partie civile. Mais les preuves manquent. Dès l’ouverture du procès, lundi, les avocats du suspect ont relevé « les contradictions flagrantes du dossier ». Ils réclament l’arrêt des poursuites et la levée du mandat d’arrêt à l’encontre de leur client.

  • une rixe: 争吵

La première journée du procès n’a pas permis de clarifier la situation. Dimitri M., 38 ans, entendu comme témoin, n’a pas identifié l’accusé sur les photos qui lui ont été présentées. Il a seulement reconnu deux autres personnes ayant participé à la rixe mortelle. Du reste, il n’est même plus sûr des dépositions faites à l’époque à la police, et ne garde que de vagues souvenirs de la nuit en question. Rien qui puisse identifier formellement le Syrien. Le parquet cherche à montrer que la rixe a été initiée par l’Irakien aujourd’hui en fuite et a dégénéré, et que les deux réfugiés ont agi de concert.

  • agir de concert: 协同行动

Malgré la faiblesse des éléments d’accusation, la défense semble redouter que le procès ne tourne à la vengeance populaire contre un réfugié devenu bouc émissaire de toute la politique d’asile du pays depuis 2015. Une des avocates du Syrien a ainsi demandé une procédure supplémentaire afin de vérifier l’impartialité du jury. Si elle est acceptée, les cinq jurés – trois juges professionnels et deux assesseurs – devront répondre à un questionnaire pour qu’il soit établi s’ils appartiennent au parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), s’ils ont participé à des manifestations xénophobes ou s’ils se sont exprimés de façon hostile vis-à-vis des réfugiés.

  • bouc émissaire: 替罪羊

L’avocate a justifié cette demande de procédure supplémentaire par le fait que le rejet des migrants « est arrivé au cœur de la société » dans la région. Le parti a obtenu 23,4 % des voix à Chemnitz aux élections générales de septembre 2017, a-t-elle argumenté. Et l’accusé « est le symbole de tout ce qui est rejeté lors des manifestations de l’AfD » : un jeune Syrien reconnu comme réfugié, arrivé en Allemagne en 2015.

« Pression de la rue »

La maire de la ville, la sociale-démocrate Barbara Ludwig, a d’ailleurs ajouté, par ses déclarations, à « la pression de la rue » à laquelle sont soumis les jurés, estime l’avocate. L’édile a indiqué à la presse, en amont du procès, « espérer une condamnation du suspect », car toute relaxe serait « difficile » à endurer pour Chemnitz.

Hasard du calendrier, la ville de Chemnitz était de nouveau, lundi, sous haute protection policière, afin d’éviter tout débordement lié à une manifestation de hooligans venus de toute l’Allemagne. Un millier de personnes étaient rassemblées pour saluer la mémoire de Thomas Haller, un néonazi notoire mort d’un cancer à 53 ans, et qui a parfois assuré le service d’ordre des matchs du club de football Chemnitz FC. Le club a été fortement critiqué la semaine dernière, après qu’une cérémonie de deuil pour M. Haller a eu lieu au stade, en marge d’une rencontre.

  • une cérémonie de deuil: 葬礼
20190320-p4-allemagne.txt · 最后更改: 2019/03/19 17:10 由 82.251.53.114