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La nouvelle ère impériale japonaise a son nom, « Reiwa »

Philippe Mesmer Et Philippe Pons (À Tokyo)

Reiwa » : tel est le nom, annoncé lundi 1er avril, de la nouvelle ère impériale qui commencera le 1er mai lors de l’avènement de l’empereur Naruhito à la suite de l’abdication de son père, Akihito.

Présentant à la presse les deux idéogrammes qui impliquent les notions d’« harmonie » et de « paix », le porte-parole du gouvernement Yoshihide Suga a précisé qu’ils sont tirés d’un poème du Manyoshu, anthologie poétique japonaise du VIIIe siècle) et non de classiques chinois comme c’était le cas pour les ères précédentes. Il n’a pas été donné pour l’instant de traduction officielle.

Le premier ministre Shinzo Abe a expliqué la signification de l’appellation de la nouvelle ère : « Quand les cœurs sont en harmonie, la culture peut fleurir », a-t-il déclaré. Une nouvelle ère est chargée de la nostalgie et de l’espoir de toute page qui se tourne. Dans plusieurs quartiers de Tokyo, des foules se pressaient devant les écrans de télévision des rues, tandis que les journaux publiaient des éditions spéciales. Le gouvernement Abe a cherché à jouer de l’impact psychologique du renouveau dont serait porteur l’avènement d’une nouvelle ère.

Alors qu’autrefois, les empereurs choisissaient le nom de l’ère de leur règne, le monarque n’a pas eu à donner son avis : c’est le gouvernement qui a décidé. « Symbole de l’Etat et de l’unité du peuple », sans autre fonction que protocolaire, l’empereur Akihito a été informé du nom de la nouvelle ère peu avant qu’elle soit annoncée.

Le Japon continue à vivre dans deux temporalités : un temps mondialisé et un japonais. Les actes administratifs sont datés en fonction de l’ère impériale. Les journaux portent les deux dates, comme souvent les calendriers et agendas.

Cette double datation contraint les Japonais à une gymnastique mentale. Mais ils s’en accommodent : les ères donnent plus de consistance à une époque : « Quand quelqu’un dit qu’il est de Showa [1926-1989] ou de Heisei, il est plus facile d’imaginer à quelle génération il appartient : l’impression est plus charnelle qu’une froide date de naissance », estime Eiichi Miyashiro, journaliste au Asahi Shimbun. Mais comme d’autres, cette tradition recule : on estime qu’un tiers de la population utilise encore la datation en fonction de l’ère impériale dans sa vie courante, alors que c’était le cas de 80 % en 1975.

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