用户工具

站点工具


20190506-p12-cochon

MATIÈRES PREMIÈRES|PAR LAURENCE GIRARD

L’année noire du cochon chinois

Le jambon sera-t-il bientôt une denrée de luxe ? Va-t-on manquer de saucisses pour les barbecues estivaux ? Les questions se font pressantes. Si le spectre de la pénurie est à ranger dans l’armoire aux fantasmes, la hausse des prix de la charcuterie semble inéluctable. Le marché du porc est sur le gril et les cours s’enflamment. En cause ? L’épidémie de peste porcine africaine qui continue de s’étendre en Asie.

  • une denrée de luxe: 奢侈食品
  • les barbecues estivaux: 夏日烤肉
  • le spectre de la pénurie: 短缺的幽灵
  • inéluctable: 不可避免
  • peste porcine africaine: 非洲猪瘟

« La peste porcine africaine, apparue à l’été 2018 en Chine, s’est généralisée dans ce pays et touche maintenant le Vietnam et le Cambodge. C’est une bérézina inédite », déclare Guillaume Roué, président de l’interprofession du porc, l’Inaporc. D’autant que la Chine est le cœur du réacteur de la production mondiale porcine, avec près de la moitié des volumes, soit 50 millions de tonnes.

  • une berezina : disaster

Si 2019 est l’année du Cochon, symbole de bonne fortune dans la culture chinoise, l’animal, lui, n’est guère à la fête. Difficile encore de chiffrer l’ampleur des abattages. « Aujourd’hui, la perte serait de 8 millions de tonnes. On pourrait atteindre à terme 30 % de la production », estime M. Roué. Les paysans chinois qui possèdent quelques têtes de bétail ont préféré, parfois, se séparer de ce patrimoine plutôt que de voir leur cheptel décimé par la maladie. Le modèle traditionnel chinois de l’élevage porcin part en eau de boudin…

  • abattage: 屠宰
  • bétail: 牲畜
  • cheptel: 牲畜
  • partir en eau de boudin: come to nothing.

Crise sanitaire

Avec cet afflux de viande, les cours n’ont pas frémi tout de suite. Il a fallu attendre mi-mars pour voir l’aiguille du marché au cadran de Plérin dans les Côtes-d’Armor, boussole de la filière porcine française, commencer à bouger. Elle a alors franchi la barre du 1,20 euro le kilo. Un mois plus tard, elle bondissait au-dessus du 1,40 euro le kilo, en progression de près de 20 %. L’appel d’air des importations chinoises de porc insuffle désormais cette hausse des prix aux quatre coins de la planète.

Et Pascal Le Duot, directeur du marché de Plérin s’interroge sur l’onde de choc de cette crise sanitaire sur la chaîne alimentaire. « La volaille pourrait se renchérir et le cours du soja être touché », estime-t-il.

  • l’onde de choc: shockwave
  • se renchérir: 变贵了

Les éleveurs français, qui se refont un peu de gras, ont le sourire. Même si leur situation est fragile. Ils ont eu des sueurs froides avec l’apparition de suidés belges contaminés en septembre 2018. Les chasseurs ont donné de la gâchette, et la France a hérissé une barrière à la frontière pour confiner le virus.

  • avoir des sueurs froides: 吓出冷汗
  • la gâchette: 板机
  • hérisser une barrière: 树立屏障

Les industriels de la charcuterie, eux, font grise mine. Ils ont négocié leurs tarifs avec la grande distribution juste avant la flambée des cours. Asphyxiés, ils demandent aux enseignes une revalorisation rapide arguant des nouvelles règles fixées par la loi Egalim. Cochon qui s’en dédit…

  • faire grise mine:冷眼旁观
  • la flambée des cours: 行价的飞升
20190506-p12-cochon.txt · 最后更改: 2019/05/05 08:45 由 82.251.53.114