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Au Canada, les démêlés avec Pékin commencent à peser lourd

Anne Pélouas

Depuis fin 2018, l’affaire Huawei ne cesse de grever les relations commerciales bilatérales, qui, auparavant, étaient au beau fixe

MONTRÉAL - correspondance

L’arrestation, pour soupçons de complicité de fraude, de Meng Wanzhou, la directrice financière du géant chinois des télécommunications Huawei, le 1er décembre 2018 à Vancouver (ouest du Canada), et la demande de son extradition par les Etats-Unis, qui sera examinée début 2020, n’ont pas fini d’empoisonner les relations entre le Canada et la Chine.

Depuis, Pékin a fermé le marché chinois au canola (une variété de colza) canadien en mars – après la découverte de parasites dangereux, selon les autorités douanières chinoises – et stoppé les importations de porc en avril. Les relations commerciales bilatérales étaient pourtant au beau fixe avant que cette affaire éclate.

  • au beau fixe: agréable d'une manière égale et durable. 例句 son humeur semble revenue au beau fixe

En 2016, le premier ministre chinois Li Keqiang estimait qu’« une décennie dorée » s’ouvrait pour le partenariat sino-canadien. En 2018, pour Ottawa, le marché chinois était le deuxième plus important après les Etats-Unis, avec des échanges commerciaux s’élevant à 103 milliards de dollars canadiens (68,3 milliards d’euros au cours actuel).

En ce début d’année 2019, le décor a changé. Ainsi, les importations chinoises au Canada ont reculé de 0,4 % au premier trimestre, et les exportations canadiennes en Chine ont chuté de 19,9 % par rapport au trimestre précédent, selon les données publiées jeudi 9 mai par l’agence Statistique Canada. « Leur niveau était déjà bas mais, cette fois, c’est le plus faible depuis janvier 2018 », note Benoît Carrière, économiste chez Statistique Canada. Les chiffres d’avril permettront de mieux mesurer l’impact du conflit actuel.

Frilosité des investisseurs

Les producteurs de canola, qu’Ottawa a promis de soutenir, se trouvent en première ligne, près d’un quart de leurs ventes à l’étranger étant destinés à la Chine en 2018. Les investisseurs des deux pays se montrent également plus frileux depuis décembre. En effet, plusieurs projets ont été retardés ou suspendus. Les investissements chinois au Canada avaient pourtant atteint 11 milliards d’euros en 2018, contre 8,4 milliards d’euros pour ceux des Canadiens en Chine.

D’après un sondage du Conseil d’affaires Canada-Chine effectué en février et mars auprès de 250 entreprises des deux pays, 20 % faisaient état d’un impact négatif du conflit sur leurs affaires et 52 % indiquaient avoir modifié leurs projets. Quant au projet de zone de libre-échange, qui était pourtant sur les rails à l’automne dernier, il est désormais au point mort.

A l’approche des élections fédérales d’octobre, le premier ministre libéral Justin Trudeau marche sur des œufs. Le chef de l’opposition conservatrice Andrew Scheer, au coude-à-coude avec lui dans les sondages, en appelait, le 6 mai, à davantage de fermeté et à « une révision complète » des relations avec la Chine. Le gouvernement devrait, selon lui, déposer une plainte contre Pékin auprès de l’Organisation mondiale du commerce et stopper le financement de 167 millions d’euros promis sur cinq ans à la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures, créée à l’initiative de la Chine.

  • marcher sur des œufs: 在鸡蛋上跳舞

En attendant, M. Trudeau doit trancher à propos d’un autre sujet épineux. Le Canada acceptera-t-il d’ouvrir son réseau 5G à Huawei, alors que les Etats-Unis font pression pour qu’Ottawa lui ferme la porte ? M. Scheer, pour sa part, a affirmé qu’il bannirait la société chinoise de la course aux réseaux 5G s’il accédait au pouvoir à l’automne.

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