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Trump bannit Huawei des Etats-Unis

Zeliha Chaffin

Le président américain a entériné une décision visant à exclure les équipements chinois des réseaux télécoms aux Etats-Unis

Le conflit qui oppose les Etats-Unis au chinois Huawei se durcit. Mercredi 15 mai, les hostilités entre les deux protagonistes ont franchi une nouvelle étape. Le président Donald Trump a signé un décret interdisant aux entreprises américaines d’utiliser des équipements de télécommunication vendus par des entreprises étrangères présentant un risque pour la sécurité nationale. Si la mesure ne fait pas explicitement référence à Pékin ou à une entreprise en particulier, la cible de ce décret, qui revient de facto à exclure les groupes chinois tels que Huawei ou ZTE de son marché, fait peu de doute.

Le géant chinois des télécommunications ne s’y est d’ailleurs pas trompé. Quelques heures après cette annonce, le groupe a dénoncé des « restrictions déraisonnables », qui ne feront, estime-t-il, que « cantonner les Etats-Unis à des alternatives inférieures et plus coûteuses » dans le déploiement de la 5G.

  • cantonner qn à qch. 限制某人

En pleines négociations

Loin d’être une surprise, ce décret, en gestation depuis plus d’un an, était attendu. En décembre 2018, alors qu’Huawei était brutalement devenu la cible de toutes les interrogations mondiales, les rumeurs d’une signature imminente de cet ordre exécutif avaient refait surface, sans qu’elle n’intervienne. C’est désormais chose faite.

  • chose faite: 既成事实

Le décret pris par Donald Trump s’appuie sur la loi International Emergency Economic Powers, qui donne au président américain le pouvoir de réglementer le commerce en réponse à une situation d’urgence nationale menaçant les Etats-Unis. Le département du commerce a ensuite cent cinquante jours pour élaborer un plan d’application.

Cette nouvelle offensive intervient alors que les Etats-Unis sont en pleines négociations commerciales avec la Chine, laissant présager de nouvelles tensions dans les discussions à venir. D’autant que le département du Trésor américain a profité de la promulgation du décret pour annoncer qu’Huawei et 70 de ses filiales étaient placées sur une liste noire. Les sociétés américaines qui veulent commercer avec le géant chinois et ainsi se fournir en pièces et composants électroniques devront désormais obtenir un feu vert des autorités.

Les entreprises chinoises des télécoms sont dans le collimateur des Etats-Unis de longue date. En août 2018, Donald Trump avait déjà durci sa position en promulguant une loi, le National Defense Authorization Act, interdisant aux agences gouvernementales américaines et aux entreprises ayant des relations avec le gouvernement américain de recourir aux équipements ou aux services des entreprises chinoises.

Une mesure dénoncée par Huawei, qui a répliqué le 7 mars en portant plainte contre le gouvernement américain. Pour le numéro un mondial des équipements télécoms, l’impact de ce décret est cependant davantage symbolique qu’économique. Huawei, dont le chiffre d’affaires atteignait 93,5 milliards d’euros en 2018, réalise l’essentiel de ses ventes en Asie et en Europe, le continent américain ne représentant que 6,6 % de son résultat annuel. Mais le géant chinois, qui entend faire la course en tête sur la 5G, doit faire face depuis novembre 2018 à une vague mondiale de suspicion sur la sécurité de ses équipements télécoms.

Polémique

L’annonce de la signature de ce décret pourrait ainsi raviver de plus belle une polémique que l’équipementier n’a eu de cesse ces derniers mois de tenter d’éteindre, son état-major multipliant les prises de parole pour assurer les Etats de sa bonne foi. Mardi 14 mai, son président, Liang Hua, s’est d’ailleurs de nouveau défendu contre les accusations dont son groupe fait l’objet lors d’un déplacement à Londres, se disant prêt à signer des accords de « non-espionnage » avec les gouvernements.

Aux Etats-Unis, en revanche, si les grands opérateurs du pays, Verizon, AT&T, T-Mobile et Sprint, qui ne font pas appel à Huawei pour leurs équipements de réseaux mobiles, ne devraient pas souffrir de cette décision, ce n’est pas le cas des petits acteurs locaux, dont l’équilibre financier pourrait être sensiblement affecté. La Rural Wireless Association, qui totalise une cinquantaine d’opérateurs comptant chacun moins de 100 000 abonnés, estime ainsi que 25 % de ses membres disposent à l’heure actuelle de matériels fournis par Huawei ou ZTE dans leurs réseaux.

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