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Porcs, volaille, soja… Une onde de choc dans la chaîne alimentaire mondiale

  • une onde de choc: a shock wave

Laurence Girard

Dix mois après son apparition en Chine, la peste porcine fait monter les prix de la viande

La peste porcine, qui est apparue en Chine en août 2018, s’est généralisée dans ce pays et s’étend maintenant au Vietnam et au Cambodge. Son onde de choc sera forte sur la chaîne alimentaire mondiale. Même si les conséquences de cet épisode sanitaire sont, pour l’heure, imprévisibles, certains effets commencent à se faire sentir.

Les éleveurs de porcs français et européens se frottent les mains

Au marché du porc breton de Plérin, dans les Côtes-d’Armor, le kilo de carcasse se négociait, lundi 13 mai, à 1,451 euro. Soit une progression de plus de 20 % en deux mois. Le rebond est encore plus fort sur les marchés allemand et espagnol et s’est répercuté comme une traînée de poudre aux quatre coins de la planète. Un impact direct de la réduction drastique du cheptel porcin chinois évaluée à environ un million de têtes. Sachant qu’avec 54 millions de tonnes, la Chine est le plus gros producteur mondial et représente 45 % du tonnage total de la planète. L’abattage a d’abord suscité, localement, un afflux de viande, mais les stocks commencent à baisser et les importations prennent le relais. D’où la progression des cours.

  • se répercuter comme une traînée de poudre 像点着的火药。
  • aux quatre coins de la planète: 全球各个角落

Les éleveurs français et européens, qui produisent au total 24 millions de tonnes de viande porcine, se frottent les mains, n’ayant pas connu un tel niveau de prix depuis 2017. Ils savent, toutefois, que leur situation est fragile. Le virus est présent en Europe depuis 2014 et la détection, en septembre 2018, de sangliers contaminés en Belgique, à proximité de la frontière, a donné quelques sueurs froides aux agriculteurs français. A l’inverse, les industriels de la charcuterie s’inquiètent et souhaitent répercuter cette hausse soudaine sur les prix de leurs produits vendus en grande distribution.

  • donner quelques sueurs froides aux…把。。。吓出冷汗

Le prix de la viande de volaille ou de bœuf pourrait aussi augmenter

La production mondiale de volaille dépasse, depuis peu, celle de porc. Sur les 335 millions de tonnes de viande produites dans le monde, 37 % sont issues du volatile contre 36 % du cochon. Et son poids est encore plus important dans le commerce mondial, soit 41 % contre 26 %, pour un total de 34 millions de tonnes. Pas de doute, si le volume de porc disponible est fortement dégraissé, les consommateurs chinois opteront pour le poulet. De quoi susciter des tensions sur le marché de la volaille et une possible hausse des prix.

Déjà, le groupe de viande brésilien BRF a annoncé un bond du prix de la volaille au Brésil de 60 %. Les autres sources de protéine, comme le bœuf, le poisson et certains végétaux, pourraient, elles aussi, être plus valorisées, poussées par la demande de substitution. Le géant de la viande américain Tyson Foods a déclaré, début mai, que la peste porcine africaine pourrait « avoir un impact sur l’industrie globale de la protéine, à un niveau que nous n’avons jamais connu ». Avec son étalage de bœuf, poulet et porc, son concurrent brésilien JBS se dit aussi bien placé pour profiter d’une demande accrue d’importations de la Chine.

Le cours du soja en chute libre

La Chine est le plus grand importateur de soja, et la moitié de ses emplettes est destinée à nourrir ses élevages de cochons. La réduction du cheptel chinois limite d’autant le contenu des auges. Pas étonnant, donc, que le cours de cette matière première soit en chute libre. Le boisseau de soja est tombé au plus bas depuis une décennie et se négocie aux environs de 8 dollars (7,13 euros) à la Bourse de Chicago. Même si la peste porcine africaine n’est pas le seul facteur de ce plongeon. Comme le souligne Philippe Chalmin, professeur à l’université Paris-Dauphine, à l’occasion de la publication du 33e rapport Cyclope aux éditions Economica : « Les matières premières sont en première ligne des conflits commerciaux à base politique qui créent un climat marqué par la baisse des prix mondiaux. »

  • emplette: purchase

Le soja est parfaitement illustratif du bras de fer qui oppose le président américain, Donald Trump, à son homologue chinois, Xi Jinping. La hausse des taxes a drastiquement limité les exportations de soja américain vers la Chine, au grand dam des agriculteurs aux Etats-Unis, et ce, au moment même où les récoltes abondantes pesaient aussi sur les cours. Résultat, M. Trump a dû verser près de 7 milliards de dollars (6,26 milliards d’euros) d’aide aux producteurs de soja lésés par la guerre commerciale. Mais cette baisse du cours du soja est une aubaine pour les éleveurs de volaille ou de porc qui voient leurs coûts de production se réduire.

  • une aubaine: good fortune
20190517-p14-porc.txt · 最后更改: 2019/05/16 13:02 由 80.15.59.65