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En Chine, la peste porcine menace de ravager les cheptels

  • la peste porcine: 猪瘟
  • les cheptels: 牲畜的总称

Simon Leplâtre

L’épidémie s’avère difficile à contrôler. Un tiers de la production annuelle du premier producteur mondial de porc pourrait être perdu

SHANGHAÏ - correspondance

Officiellement, la situation est sous contrôle. A écouter le ministère chinois de l’agriculture, le nombre de cas de grippe porcine baisse. Mais le son de cloche est différent à l’Agence des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). La progression de la maladie pourrait « se révéler plus prononcée que prévu », prévient un rapport publié jeudi 9 mai. Et d’après une estimation de la banque agricole hollandaise Rabobank, les pertes pourraient s’élever à 200 millions de bêtes sur l’année 2019. Soit le tiers de la production annuelle du premier pays producteur et consommateur de porc au monde, avec environ 55 millions de tonnes consommées en 2017.

  • grippe porcine: 猪流感

Après les premiers cas déclarés en 2018 dans le nord de la Chine, l’épidémie s’est diffusée comme une traînée de poudre. En quelques semaines, toutes les provinces et régions du pays ont été touchées. Huit mois après, Pékin a déclaré 129 foyers et 1,2 million de bêtes mortes, ou abattues en prévention, selon un décompte du ministère de l’agriculture du 22 avril. L’épidémie s’est même propagée aux pays voisins, notamment au Vietnam, cinquième producteur mondial de porc.

  • se diffuser comme une traînée de poudre: 像点着的火药一样迅速传播。(还记得pulpe的笑话吗)

Le virus, inoffensif pour les humains, se transmet facilement dans les élevages et peut être transporté par l’homme ou par des produits contaminés d’une région à l’autre. Les fermiers sont censés déclarer les cas aux autorités sanitaires, chargées de tester les bêtes. Mais les moyens de test mis en place sont restés trop longtemps insuffisants, dénonce Sun Dawu, patron d’une grande entreprise de production de viande dans le Hebei, province située au sud de Pékin et gravement touchée par le virus.

« Jusqu’en février, seuls trois laboratoires en Chine étaient autorisés à tester la grippe africaine. J’ai dû envoyer mes carcasses à Qingdao [à 650 kilomètres] pour les faire analyser. C’est une grosse perte de temps, or la réactivité est la clé pour répondre à une épidémie », insiste-t-il. L’entrepreneur a perdu 15 000 bêtes, emportées par la maladie, et il a dû en abattre 5 600 autres préventivement.

  • abattre: 屠宰

Autre explication à la diffusion rapide du virus, les négociants véreux qui n’ont pas hésité à vendre de la viande contaminée. « La grippe est apparue dans les provinces du Nord. Des vendeurs malhonnêtes ont acheté les carcasses de porcs tués par le virus pour une bouchée de pain, pour les revendre dans le sud du pays au prix fort », explique Sun Dawu.

  • les négociants véreux: 坏了良心的批发商
  • acheter qch pour une bouchée de pain: 以很低的价格买进。。。

La situation est de fait contrastée sur le territoire chinois. Les régions les plus productrices de porc, comme le Nord-Est, ont d’abord vu les prix baisser, car beaucoup d’éleveurs envoyaient leurs animaux à l’abattoir de peur d’être affectés par le virus. Cela a créé un déséquilibre d’autant plus important – du fait d’une offre surabondante – qu’ils ne pouvaient vendre leurs produits aux autres provinces.

  • l’abattoir: 屠宰场
  • une offre surabondante: 超多的供应

Puis, une fois les stocks écoulés, les tarifs se sont mis à progresser. Ils ont bondi de 14,4 % en avril, après 5,1 % en mars, selon le Bureau national des statistiques, alimentant l’inflation des prix alimentaires (+ 6 % en avril). Dans le sud de la Chine, les provinces du Guangdong et du Guangxi, affectées plus tard par le virus, sont encore dans une phase de baisse des prix.

« Pratiques ancestrales »

Et le pire serait à venir. « Nous estimons que le pic des prix devrait arriver au dernier trimestre 2019 ou au début 2020, quand les réserves de viande seront épuisées, car il sera très difficile pour la Chine de repeupler ses élevages, indique Christine McCracken, analyste à la Rabobank. Or les vacances chinoises [début octobre et lors de la fête du printemps 2020] correspondent à des pics de consommation ». Le ministère de l’agriculture prévoit d’ailleurs un bond de 70 % des prix au second semestre, par rapport à l’année précédente.

Malgré les mesures sanitaires, le virus devrait continuer à décimer les élevages, explique l’analyste. « Il y a quelque chose de culturel en Chine, dans le fait de minimiser [la réalité de la situation] pour rassurer la population, mais cela n’empêche pas les autorités de faire le maximum en matière de sécurité sanitaire. Les professionnels comprennent bien la réalité de la situation. Mais c’est un virus très difficile à éradiquer. Il peut contaminer les sols, l’eau et la viande. Il y aura toujours un risque de réinfection tant qu’il y aura de la viande contaminée en circulation. »

  • éradiquer: 根除

Environ la moitié de la production chinoise de porc est issue d’élevages traditionnels, où les cochons mangent, notamment, les restes alimentaires des éleveurs… et donc potentiellement du porc contaminé. « Même si le gouvernement leur dit qu’il ne faut pas le faire, on ne change pas rapidement des pratiques ancestrales », justifie Mme McCracken. Pour l’experte, l’industrie chinoise pourrait être affectée par le virus pendant des années : « Cela pourrait durer jusqu’à dix ans. »

En attendant, les importateurs se frottent les mains. La demande a déjà fait monter les prix, après une mauvaise année 2018. « Le marché a commencé à décoller très vite après le Nouvel An chinois, en février. C’est pour cela que les prix grimpent en Europe, au Brésil et aux Etats-Unis, du fait de la spéculation. En ce moment, la plupart des grands pays exportent deux fois plus que d’habitude vers la Chine », explique un Français, qui importe de la viande brésilienne en Chine. Même les Etats-Unis, dont la viande de porc est pourtant taxée à 62 % à cause du conflit commercial avec Pékin, contre 12 % en temps normal, exportent davantage. Mais la Chine n’a pas le choix, « le pays consomme plus que le total de ce que le reste du monde peut exporter », résume cet importateur.

  • se frotter les mains:搓手称快
  • décoller: 起飞
  • les prix grimpent en Europe: 价格在欧洲攀升
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