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Chômage : la baisse se poursuit

Bertrand Bissuel

Le nombre de demandeurs d’emploi a légèrement diminué au premier trimestre selon l’Insee

Tout compte fait, l’économie française ne s’en sort pas si mal – à ce stade. Une croissance en 2018 un peu plus élevée que prévu, un taux de chômage en baisse quasi ininterrompue depuis presque quatre ans… Les derniers indicateurs de l’Insee, diffusés jeudi 16 mai, montrent des évolutions relativement positives, ce qui était loin d’être acquis dans un contexte où la croissance fléchit, à l’intérieur de nos frontières comme dans le reste du monde. « C’est bon signe et ça veut dire qu’il faut continuer », a déclaré, jeudi, Edouard Philippe, en commentant la diminution du nombre de demandeurs d’emploi au premier trimestre, synonyme de « bonne nouvelle ».

Le premier ministre a, effectivement, plusieurs raisons de se réjouir. Sur le marché du travail, la situation continue de s’améliorer. De janvier à mars, le taux de chômage a régressé de 0,1 point sur l’ensemble du territoire (outre-mer compris, sauf Mayotte), d’après des données provisoires publiées par l’Insee. Ce ratio se situe désormais à 8,7 % de la population active. « C’est le meilleur résultat qu’on ait depuis dix ans », s’est félicité M. Philippe. Ce qui est rigoureusement exact, à ceci près que la décrue s’est poursuivie à un rythme plus lent que lors des trois derniers mois de 2018 (– 0,3 point durant cette période).

Motifs de satisfaction

Au premier trimestre, on recensait en métropole 2,4 millions de personnes au chômage, selon la définition du Bureau international du travail. Soit 19 000 de moins. Ce reflux, très modeste, résulte en grande partie des embauches qui se maintiennent à un niveau élevé : dans le secteur privé, les effectifs ont progressé de 0,3 %, au premier trimestre, avec quelque 66 400 « créations nettes d’emplois ». Au cours des douze derniers mois, la main-d’œuvre des entreprises s’est étoffée de près de 174 000 personnes. Une performance, certes, deux fois inférieure à celle enregistrée en 2017 (+ 355 000), mais le volume des recrutements demeure suffisamment important pour absorber le flux des nouveaux entrants sur le marché du travail, « la population active ayant tendance à croître moins vite depuis quelques années », explique Mathieu Plane, de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

Malgré le ralentissement de la croissance (+ 1,7 % en 2018, contre + 2,3 % en 2017), le nombre de personnes sans activité et à la recherche d’un poste recule donc encore. Le fait mérite d’autant plus d’être relevé que le gouvernement a considérablement réduit la voilure sur les emplois aidés, alors même que ce dispositif avait été très utilisé sous les précédentes législatures pour faire baisser les statistiques sur les demandeurs d’emploi : en 2018, 128 000 contrats de ce type ont été signés (contre 457 000 en 2016).

Les chiffres présentés jeudi par l’Insee recèlent d’autres bonnes nouvelles. Ainsi, la part des personnes en quête d’un emploi depuis au moins un an diminue de 0,3 point en douze mois, pour descendre à 3,3 %. Le taux de chômage des jeunes, lui, reste en dessous de son niveau observé il y a un an (– 1,7 point), même s’il est reparti à la hausse au premier trimestre. Parmi les motifs de satisfaction, il y a aussi le pourcentage de personnes de 15 à 64 ans qui occupent un emploi : il s’avère stable, s’établissant à 66,1 %, ce qui constitue « son plus haut niveau depuis 1980 », souligne l’Insee. Sur un an, cet indicateur a progressé pour toutes les tranches d’âge, en particulier pour les jeunes (+ 0,8 point, malgré une baisse début 2019) et pour les 55-64 ans (+ 0,5 point). Quant à la qualité de l’emploi, elle continue de s’améliorer, modestement, avec une augmentation très légère (+ 0,1 point) de la part des personnes titulaires d’un contrat de travail à temps plein (à 54,5 %) et un bond des recrutements en contrat à durée indéterminée (+ 5 % en un an, selon l’Agence centrale des organismes de Sécurité sociale).

Des chiffres qu’il convient de nuancer selon Michel Beaugas, secrétaire confédéral à Force ouvrière : « Le nombre d’inscrits à Pôle emploi qui exercent une activité réduite n’en finit pas de monter, insiste-t-il. En dix ans, il a plus que doublé, pour se situer aux alentours de 2,2 millions, ce qui témoigne d’une précarisation croissante sur le marché du travail. » En outre, la France se classe loin derrière d’autres pays européens, qui ont su vaincre le chômage de masse – par exemple l’Allemagne et les Pays-Bas, où le taux de demandeurs d’emploi est inférieur à 4 %.

Promesse de campagne

Le gouvernement français « a toujours l’ambition » de ramener ce ratio « autour de 7 % » en 2022, a affirmé, fin avril, la ministre du travail, Muriel Pénicaud, dans un entretien au quotidien Les Echos. Il s’agit là d’une promesse de campagne d’Emmanuel Macron. Le fait qu’elle puisse être tenue « n’est pas le plus probable », juge M. Plane, en rappelant que les prévisions les plus récentes de l’OFCE misent sur un taux de chômage « un peu au-dessus de 8 %, fin 2021 ».

Président du Conseil d’analyse économique, Philippe Martin se montre un peu plus optimiste : 7 % en 2022, « ce n’est pas impossible, mais nous restons cependant à la merci d’un accident sur le plan international », en particulier à cause des guerres commerciales engagées par les Etats-Unis. « Si, après la Chine, Donald Trump s’en prend à l’Allemagne et à son industrie automobile, complète-t-il, l’impact sera préjudiciable sur l’ensemble de l’UE et notamment pour la France. »

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