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L’OCDE, inquiète des effets sur l’économie mondiale

Élise Barthet Et Marie De Vergès

Une aggravation des tensions commerciales pourrait commencer à affecter l’économie américaine, jusque-là épargnée

Le président Donald Trump a beau clamer qu’il « adore » sa guerre commerciale, les tensions entre les Etats-Unis et leurs partenaires – la Chine au premier chef – commencent à nuire à l’économie internationale, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans ses dernières prévisions publiées mardi 21 mai.

Depuis un an déjà, « la croissance mondiale a nettement faibli et devrait rester médiocre », décrit Laurence Boone, l’économiste en chef de l’institution. Le PIB planétaire ne devrait ainsi croître que de 3,2 % cette année après 3,5 % en 2018, très en deçà de la moyenne des trois dernières décennies.

Dopée au stimulus fiscal et budgétaire, l’économie américaine a jusqu’ici tiré son épingle du jeu. Le pays a affiché au premier trimestre une croissance de 3,2 % en rythme annuel. Pourtant, l’intensification de l’offensive commerciale contre la Chine finira par laisser des traces, estime l’OCDE. L’augmentation des droits de douane sur 200 milliards de dollars (179 milliards d’euros) de biens chinois, annoncée le 10 mai par Washington, et la riposte de Pékin portant sur 60 milliards de dollars d’importations américaines pourraient ôter 0,2 % à 0,3 % au PIB des Etats-Unis d’ici à 2021.

L’addition sera bien plus salée si M. Trump met le reste de ses menaces à exécution, soit la taxation de l’intégralité du commerce bilatéral avec la Chine. Dans ce scénario, le PIB américain serait réduit de 0,6 % au bout de trois ans, tandis que le PIB chinois diminuerait plus fortement encore, de 0,8 %. Le commerce mondial serait négativement touché à hauteur de 1 %, provoquant des effets en chaîne pour les partenaires commerciaux des deux pays.

Ne pas multiplier les fronts

« On est en train de rentrer dans le dur », confirme Sébastien Jean, directeur du Centre d’études prospectives et d’informations internationales. Les premières vagues de surtaxes étaient plus ciblées, et certains produits, comme les composants électroniques, étaient à peu près épargnés. L’impact des dernières annonces sera beaucoup plus important, notamment après le 1er juin, avec des hausses de prix aux Etats-Unis. »

Pas question, dans ce contexte, de multiplier les fronts. Engluée dans ses négociations avec la Chine, l’administration américaine a décidé de relâcher la pression sur ses autres partenaires. M. Trump a annoncé, vendredi 17 mai, la suppression des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium canadien et mexicain, ouvrant la voie à la ratification du nouvel accord de libre-échange nord-américain.

Le 17 mai toujours, l’imprévisible président américain a accordé un sursis de six mois à l’Union européenne et au Japon, sommés de négocier sur les échanges de véhicules et d’équipements automobiles. La commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, doit rencontrer cette semaine à Paris son homologue américain, Robert Lighthizerchargé, par M. Trump de mener les discussions. Une hausse des droits de douane sur les voitures européennes pénaliserait surtout les constructeurs outre-Rhin, déjà fragilisés par la mise en place de nouvelles normes antipollution en Europe, à l’automne dernier. Environ 13 % des exportations automobiles allemandes sont destinées au marché américain.

L’Europe pourrait-elle malgré tout profiter des tensions qui s’exacerbent de part et d’autre du Pacifique ? « C’est très incertain, on n’a pas du tout de visibilité à court terme, déplore Sébastien Jean. Il y a, certes, eu une légère hausse des ventes européennes vers les Etats-Unis, alors que les exportations chinoises baissaient. Mais on peut s’attendre à un report des ventes de la Chine vers l’Europe, doublée d’une baisse des prix. » Une recrudescence de la concurrence qui pourrait fragiliser les entreprises du Vieux Continent.

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