用户工具

站点工具


20190522-p15-android

Privé de Google, le chinois aura du mal à attirer les consommateurs

Vincent Fagot

Pour des particuliers hésitant entre des téléphones comparables, l’absence des services de l’américain pourrait peser lourd

Les utilisateurs de smartphones Huawei doivent-ils remiser leur appareil au placard ? C’est la question que se sont probablement posée ceux qui détiennent un téléphone portable du constructeur chinois, après que Google a annoncé, lundi 20 mai, qu’il ne lui donnerait plus, à l’avenir, accès à ses services.

Le moteur de recherche californien, qui avait jusque-là collaboré étroitement avec le groupe de Shenzhen, justifie sa décision par la nécessité de « respecter le décret », signé le 15 mai par le président des Etats-Unis, Donald Trump, qui réduit drastiquement la capacité des entreprises américaines à commercer avec le constructeur chinois. « Google examine les implications » de cette mesure, indique encore la société américaine, preuve que la posture qu’il lui faut adopter n’est pas complètement claire. De son côté, l’agence Reuters indique que « les détails concernant les services spécifiques affectés par cette décision sont encore en cours de discussion chez Google ».

Pour les détenteurs d’un appareil Huawei – ou de sa sous-marque Honor –, rien ne devrait changer dans l’immédiat. Google a fait savoir qu’ils pourraient continuer à profiter du Play Store, son magasin d’applications, et bénéficier des mises à jour de sécurité. De son côté, Huawei assure que les produits actuellement en vente ne seront pas affectés par la décision du groupe californien et qu’il fournira des mises à jour de son système d’exploitation.

La question des futures générations de smartphones du deuxième constructeur mondial est beaucoup plus problématique. En l’état actuel, il ne devrait plus pouvoir utiliser les dernières versions du système d’exploitation (OS) Android dans ses prochains appareils et ainsi se contenter de l’OS public, moins développé. Ses produits n’embarqueront pas non plus les applications de Google, pourtant très populaires, comme Chrome (navigateur) YouTube (vidéo), Gmail (messagerie) ou Maps (cartographie). A priori, ceux-ci seraient toutefois toujours accessibles par le navigateur Web de l’appareil. Le Play Store ne sera pas non plus disponible.

Produits concurrents

Dans un contexte de tensions croissantes entre les Etats-Unis et la Chine, le constructeur chinois avait anticipé le risque d’une dégradation de ses relations avec Google. Huawei travaille depuis plusieurs mois sur un système d’exploitation alternatif. Le projet aurait même déjà abouti, mais le chinois a, jusque-là, privilégié sa collaboration avec Android. « C’est notre plan B, avait déclaré Richard Yu, le patron de la division mobile, en mars, à la presse allemande. Mais, bien sûr, nous préférons travailler avec les écosystèmes de Google et de Microsoft. »

Par ailleurs, le fabricant propose déjà à ses utilisateurs son propre magasin d’applications, l’AppGallery. Pour autant, dans la droite ligne de la décision de Google, il y a peu de chance qu’on y trouve les applications les plus populaires du groupe américain. Dès lors, il lui faudrait proposer des produits concurrents. Il pourrait, par exemple, mettre en avant des solutions chinoises, à l’image de Youku Tudou, le YouTube chinois, ou s’appuyer sur des produits européens comme Dailymotion pour la vidéo, ou Qwant dans le domaine des moteurs de recherche.

Mais il s’agirait là d’un deuxième choix, difficilement acceptable pour les consommateurs, en particulier en Europe, la zone géographique la plus importante pour Huawei, hors Chine. Comme le souligne Thomas Husson, analyste au cabinet Forrester, pour des consommateurs hésitant entre des terminaux comparables techniquement de Huawei et de Samsung, cette différence pourrait peser lourd dans les critères d’achat.

Enfin, souligne l’analyste, lancer son propre magasin d’applications n’est pas une mince affaire : « Il s’agit de créer un écosystème avec les développeurs, cela demande du temps. » Pas étonnant, dès lors, que le fondateur du groupe chinois de télécommunications, Ren Zhengfei, ait assuré, mardi 21 mai, qu’il était en discussion avec le groupe américain pour tenter de trouver une solution à cette décision. A défaut, il lui faudra déployer d’immenses efforts pour faire oublier la rupture de ses relations avec Google.

  • n’est pas une mince affaire: 不是小事
  • a défaut; if not
20190522-p15-android.txt · 最后更改: 2019/05/22 08:39 由 82.251.53.114