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La France réaffirme sa présence en Asie face à la Chine

Nathalie Guibert

La ministre des armées, Florence Parly, a détaillé sa stratégie « indopacifique »

SINGAPOUR - envoyée spéciale

Avec le porte-avions Charles-de-Gaulle à quai, la France a joué de ses attributs de puissance pour présenter à Singapour, samedi 1er juin, sa « stratégie indopacifique ». La ministre des armées, Florence Parly, l’a détaillée à l’occasion du Shangri-La Dialogue, réunion annuelle des experts et responsables sécuritaires d’Asie, dont l’édition 2019 se tient dans un climat de fortes tensions américano-chinoises.

« Nous avons des territoires, plus de 1,6 million d’habitants, plusieurs îles de différents statuts, de vastes zones économiques exclusives, et la responsabilité qui va avec », a justifié Mme Parly devant ses homologues. Un an après le discours du président Macron, qui avait endossé le terme américain « indopacifique » pour promouvoir l’axe stratégique Paris-Delhi-Canberra face à la Chine, et alors que le président Trump pousse, dans l’OTAN aussi, le dossier des menaces chinoises, la France « joue sa partition » dans la région, assure l’entourage de la ministre.

  • et la responsabilité qui va avec: 与之相称的责任
  • jouer sa partition: 发挥它的作用。 原意是演奏它的乐谱部分

« La France veut montrer qu’elle ne lâchera pas la protection de ses intérêts. Nous organiserons notre présence, nos forces prépositionnées, nos déploiements militaires temporaires pour assurer une défense robuste de nos intérêts », a déclaré Mme Parly. Le dispositif actuel, de Djibouti à la Polynésie, comprend cinq commandements régionaux, trois bases, et quelque 7 000 militaires. Loin des Etats-Unis, dont 60 % des moyens navals sont situés dans le Pacifique. L’Asie est la zone où la France veut compter en « boxant au-dessus de sa catégorie », convient-on à Paris, mais sans se sous-estimer, d’autant que les Européens font moins qu’elle.

  • comprendre:包括

La ministre a réaffirmé une volonté de coopération régionale. Celle-ci est fortement ancrée dans les exportations d’armements. Signé début 2019 pour cinquante ans, le contrat passé avec l’Australie pour six sous-marins a scellé le tournant « indopacifique » français. Paris compte aussi sur la Malaisie, dont le ministre de la défense, Mat Sabu, est très attendu au prochain Salon de l’aéronautique du Bourget mi-juin, pour parler sous-marins et avions A400M. En Inde, Paris doit concrétiser le contrat d’exportation du Rafale. Enfin, « on raccroche désormais le Japon, avec un accord technologique qui pourrait ouvrir la voie à des coopérations militaires : la dimension vente d’armes est très présente dans cette construction française, qui va de l’affirmation d’une puissance globale à l’axe économique », souligne Valérie Niquet, experte de la Fondation pour la recherche stratégique.

Dans la continuité d’une politique Asie-Pacifique réaffirmée depuis 2012, quand le ministre français de la défense a pris le chemin du Shangri-La, la stratégie est plus ferme vis-à-vis de l’affirmation de puissance de la Chine. C’est notable sur la question de la liberté de navigation. « Nous continuerons de naviguer plus de deux fois par an dans la mer de Chine du Sud, a dit la ministre. Il y aura des objections, des manœuvres douteuses en mer. Mais nous ne nous laisserons intimider par aucun fait accompli. » Une position « d’objecteur persistant », indique-t-on à Paris, sur laquelle la France n’a pas vraiment réussi jusqu’à présent à attirer les Européens.

  • fait accompli: 既成事实

L’incident qui s’est produit dans le détroit de Taïwan le 6 avril lors du passage de la frégate française Vendémiaire, le premier du genre entre la Chine et la France, est lui aussi un tournant. Paris le lit comme le signe d’une crispation chinoise qui ira croissant. Dans ses approches, que Pékin veut sanctuariser pour le transit de ses sous-marins lanceurs d’engins, la Chine ne reconnaît pas la convention de l’ONU qui fixe la limite des eaux territoriales à 12 milles nautiques, estimant la ligne à 15 milles. Et la Chine réfute le « transit inoffensif » des navires de guerre dans les mers territoriales, qui est le régime normal de passage sous la condition de ne pas mettre en œuvre certains moyens (hélicoptères, émissions, etc.). Le Vendémiaire a respecté la règle, mais la marine chinoise lui a opposé une « manœuvre dangereuse » au sens du droit de la mer : un navire est venu se positionner devant la frégate française, et s’est arrêté. Le Vendémiaire a dû le contourner pour poursuivre sa route.

La conduite française restera différente des « opérations de liberté de navigation » américaines, menées en deçà des 12 milles nautiques, près des îlots illégalement annexés de mer de Chine du Sud. Mais la marine nationale agit bien « un peu plus loin » que le strict respect de la liberté de la mer, selon une source autorisée. Dans le Pacifique, les investissements chinois dans le pourtour des positions françaises sont regardés de près. La Nouvelle-Calédonie, notamment, se situe au bout du « deuxième cercle » des intérêts chinois.

20190603-p5-france.txt · 最后更改: 2019/06/01 17:08 由 80.15.59.65