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PERTES & PROFITS|APPLE

Donald Trump, Xi Jinping et leurs portables

Par Philippe Escande

Donald Trump et Xi Jinping sont comme tout le monde. Quand ils se rencontrent, ils ne parlent pas que de l’avenir de la planète. Ils aiment comparer les mérites de leurs smartphones respectifs. C’est ce qu’ils feront activement, vendredi 28 juin, quand ils se parleront au sommet du G20 d’Osaka au Japon. Mais les leurs sont très chers. Le Huawei de M. Xi coûte 105 milliards de dollars (92,87 milliards d’euros), le chiffre d’affaires du leader chinois de la haute technologie qui emploie presque 200 000 personnes dans le monde. Une domination menacée par le veto américain imposé aux fournisseurs américains de la société.

Quand à M. Trump, son iPhone vaut lui aussi beaucoup d’argent et il l’a peut-être oublié. Pour lui rafraîchir la mémoire, Tim Cook, le patron d’Apple, lui a envoyé une belle lettre rappelant la contribution de la firme californienne à l’économie américaine. La société la plus riche du monde est aussi, selon elle, le premier contribuable américain et mondial, elle fait travailler 2 millions de personnes sur le sol national et s’est engagée à contribuer à hauteur de 350 milliards de dollars à l’économie américaine sur les cinq ans qui viennent.

La lettre d’Apple s’ajoute à celle de milliers d’entrepreneurs américains qui protestent contre le projet d’ajouter de nouveaux droits de douane de 25 % à près de 300 milliards de dollars de produits chinois importés aux Etats-Unis. L’activisme de la Maison Blanche revient à démonter toute une chaîne logistique construite depuis vingt ans. L’iPhone intègre des équipements européens, japonais, coréens, américains et est assemblé en Chine, puis envoyé directement vers les lieux de vente. « Nous demandons instamment au gouvernement américain de ne pas imposer ces droits de douane », requiert la société, qui estime que cela renchérirait le prix de vente de ses produits de plusieurs centaines de dollars.

Basculer hors de Chine

On fera bien sûr remarquer à Apple qu’étant l’entreprise la plus profitable du monde avec une trésorerie si pléthorique qu’elle est largement reversée aux actionnaires par le biais de dividendes et de rachats d’actions, elle dispose d’un peu de marge de manœuvre. Mais il est vrai qu’elle se trouve prise au piège de cette guerre commerciale. Elle pourrait, bien sûr, redessiner la carte de sa production mondiale. C’est ce qu’elle fait d’ailleurs en permanence. Le 19 juin, le quotidien japonais Nikkei assurait que l’entreprise avait demandé à ses fournisseurs de lui chiffrer le coût d’un basculement de 15 % à 20 % de sa production hors de Chine. Et d’ailleurs, son premier partenaire, le groupe taïwanais Foxconn, qui assemble la majorité des iPhone, a rappelé que 25 % de sa production était hors de Chine et qu’elle pouvait être mise à contribution.

Mais Foxconn est le premier employeur privé de l’empire du Milieu. Un tel mouvement serait donc un coup rude pour l’emploi local. Or, la Chine représente désormais 20 % des ventes d’Apple. Si son retrait industriel est trop massif, le pays pourrait très bien faire s’effondrer ses ventes sur place. En résumé, l’aigle américain tient Huawei dans ses serres, tandis qu’Apple est dans la gueule du dragon chinois. Les discussions de portables entre Donald et Xi promettent donc d’être animées.

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