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LE SOMMET DU G20 À OSAKA

Le G20 limite les dégâts face à Donald Trump

Lors de la réunion du G20, à Osaka (Japon), vendredi 28 juin. BRENDAN SMIALOWSKI/AFP Philippe Mesmer Et Brice Pedroletti

Les Etats-Unis ont tenté jusqu’au dernier moment d’infléchir les positions des autres Etats à propos des accords de Paris sur le climat. Le sommet d’Osaka a été dominé par les rencontres du président américain avec des dirigeants illibéraux comme Poutine, Bolsonaro et Erdogan

OSAKA (JAPON) - envoyés spéciaux

Le G20 se veut l’enceinte garante du multilatéralisme. En surfant sur ses faiblesses, profitant de l’hostilité aux valeurs libérales du camp des dirigeants populistes, comme le président russe Vladimir Poutine ou le Brésilien Jair Bolsonaro, Donald Trump l’a quelque peu subverti. Le président américain a imposé sa feuille de route en jouant d’alliances de circonstances sur des questions essentielles comme le climat et le commerce, pour imposer ses vues au profit des Etats-Unis.

Si bien que le communiqué final, samedi 29 juin, du sommet du G20 d’Osaka au Japon traduit plus une stagnation sur les acquis – dont l’objectif était déjà de limiter les dégâts face à Trump – qu’une avancée par rapport aux sommets passés, de Buenos Aires en 2018 et de Hambourg en 2017. Le texte maintient un appel à la réforme de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et à lutter contre les tentations protectionnistes. Sur le climat, la même configuration qu’à Buenos Aires a été adoptée : les 19 pays signataires de l’accord de Paris de 2015 ont reconfirmé qu’il était irréversible. Sans les Etats-Unis.

  • si bien que…: 所以。。。

Discussion « directe » avec Bolsonaro

Les négociations ont été, de l’avis des participants, très dures, en raison de l’intransigeance américaine. Les Etats-Unis ne voulaient plus de ce qui avait été, selon un participant des négociations, « sécurisé lors des deux G20 précédents, c’est-à-dire le format 19 + 1 »,soit les 19 signataires de l’accord de Paris d’un côté, les Etats-Unis de l’autre. Comme à Buenos Aires, la partie de la déclaration finale consacrée au climat précise que les signataires de l’accord de Paris renouvellent leur engagement à le mettre en œuvre. La sortie des Etats-Unis de l’accord, prise en 2017 par Donald Trump, est rappelée.

  • en raison de + nom: 由于

A Osaka, les Américains ont tenté de convaincre d’autres pays de les suivre. Le Brésil, la Turquie, ou encore l’Arabie saoudite auraient été tentés. Mais en face, l’Union européenne, le Canada et, dans une moindre mesure, la Chine, ont bataillé pour éviter une reculade.

Tout au long des discussions dans la nuit de vendredi à samedi, interrompues vers 5 heures du matin samedi, le front porté par Emmanuel Macron et Angela Merkel a « tenu face à cette ligne » américaine visant à revenir sur les acquis passés, selon l’Elysée. La négociation « s’est arrêtée sur ce blocage politique » avant de reprendre et de se débloquer dans la matinée du samedi.

Toujours dans l’optique de maintenir leur unité face aux Américains, la France, la Chine et l’ONU, ont, lors d’une rencontre trilatérale dans la matinée du 29 juin, « réaffirmé leur engagement fort pour renforcer la coopération internationale sur le changement climatique et garantir une application totale et efficace de l’accord de Paris ». « On a évité de reculer (…) mais nous devons aller beaucoup plus loin » sur le climat, a déclaré M. Macron samedi.

Ce dernier avait eu vendredi un aparté avec son homologue brésilien, Jair Bolsonaro, décrit par l’Elysée comme une « discussion très directe » sur le climat et la biodiversité – menacée dans la forêt amazonienne par les projets que veut y relancer le « Trump brésilien ». Le président s’est aussi entretenu avec son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, mécontent que son pays n’ait pas été placé dans la catégorie des pays en développement au moment de la signature de l’accord de Paris. Cela le prive d’un accès aux financements pour accompagner la transition énergétique prévue dans l’accord, malgré les financements ad hoc proposés par la France, l’Allemagne et la Banque mondiale. M. Macron a signalé à M. Erdogan un renforcement des engagements climat dans les financements bilatéraux de l’Agence française de développement, mais qu’il fallait absolument qu’Ankara confirme son soutien à l’accord de Paris.

Il reste que le commerce continue de profondément diviser les membres du G20. Donald Trump et Xi Jinping – lors d’une rencontre qui était le point d’orgue du sommet – ont conclu samedi une nouvelle trêve dans leur conflit commercial, comme à Buenos Aires. En revanche, M. Trump se félicitait la veille, après avoir vu d’abord M. Abe, puis le premier ministre indien, Narendra Modi, de « bientôt annoncer de très grosses choses, de très grosses affaires » avec l’un et l’autre.

  • le point d’orgue 高潮,顶峰。原意是音乐术语延长号

Pas de quoi pourtant inverser la tendance morose de l’activité mondiale. « L’OMC attend un ralentissement cette année avec une hausse de seulement 2,6 % des échanges, contre plus de 3 % l’année dernière », rappelle Denis Hew, du Forum de coopération Asie-Pacifique (APEC), qui s’inquiète pour la croissance et redoute une intensification des tendances protectionnistes. Entre la mi-mai et la mi-octobre 2018, les plus grandes économies mondiales ont imposé 40 nouvelles barrières commerciales, sur un volume d’échanges de 480 milliards de dollars (421 milliards d’euros), un record depuis près de dix ans.

Contre toute attente, l’UE a conclu le 28 juin, après près de vingt années de difficiles négociations, un accord commercial avec les pays sud-américains du Mercosur. « Cet accord est un vrai message de soutien à un commerce ouvert, équitable, durable et réglementé », a déclaré samedi le président de la Commission, Jean-Claude Juncker. Même si le processus de ratification s’annonce long et difficile.

Poutine, perturbateur en chef

Le premier ministre japonais, Shinzo Abe, a souligné les avancées sur les sujets parallèles comme l’économie numérique ou la promotion de la parité femmes-hommes, points occultés par le commerce et le climat et les multiples rencontres de Donald Trump avec ses homologues russe, turc ou saoudien – ainsi que par les Tweet du président américain.

Signe des temps, le sommet d’Osaka aura aussi consacré les divisions sur les valeurs politiques. Le président russe, Vladimir Poutine, a joué les perturbateurs en chef avant même d’arriver au Japon. Dans un entretien au Financial Times du 28 juin, M. Poutine a pourfendu l’ordre libéral, autrefois défendu par le G20 – se faisant publiquement recadrer sur ce point par le président du conseil européen, Donald Tusk.

Lors de son entretien avec M. Poutine, au cours duquel les deux hommes ont fait étalage de leur bonne entente, il s’est même permis de plaisanter sur les ingérences présumées de la Russie dans les élections. Un journaliste lui a demandé s’il allait exiger de la Russie qu’elle ne se mêle pas de la présidentielle américaine ; Donald Trump s’est tourné vers Vladimir Poutine et lui a dit en souriant : « Ne vous mêlez pas des élections. »

  • faire étalage: 展示
  • bonne entente:友好关系
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