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L’affaire de la start-up de vente de vin 1855.com s’achemine vers le non-lieu

  • le non-lieu: 免于起诉

Sandrine Cassini

Une information judiciaire a été ouverte pour « pratiques commerciales trompeuses »

Pour les amateurs de vin, 1855 n’est pas uniquement l’année de classification des crus bordelais, voulue par Napoléon III. C’est aussi le nom d’un site d’e-commerce, star de la Toile des années 2000, qui connut un scandale retentissant. Liquidé en 2015, le site a été l’objet de 1 200 plaintes déposées par des clients mécontents. Soit un litige total de presque 1 million d’euros.

  • l'année de classification des crus bordelais: 波尔多地区葡萄酒分级制度的初始年
  • un scandale retentissant: 反响巨大的丑闻

En 2013, une information judiciaire est ouverte pour « pratiques commerciales trompeuses ». Deux ans plus tard, le parquet sollicite la mise en examen de son fondateur, Emeric Sauty de Chalon, et de son directeur général, Fabien Hyon. Ce ne sera pas suivi d’effet. Et au terme d’une enquête qui aura duré six ans, ces derniers s’apprêtent à échapper à toute condamnation, confirmant une information du JDD. Selon le réquisitoire définitif consulté par Le Monde, le procureur de la république demande finalement un non-lieu pour ses dirigeants.

  • information judiciaire: 司法调查

Comment expliquer un tel retournement de situation ? Lancé par Emeric Sauty de Chalon en 2000, le site 1855.com se présentait comme l’« Hermès » du vin. Son fondateur est un jeune loup des années folles de la Net économie. Charmeur, beau parleur, doté d’un nom à particule qui rassure, Emeric Sauty de Chalon spécialise 1855 dans les grands crus de Bordeaux et dans la vente de vins primeurs, que l’on achète jusqu’à deux à trois ans avant leur mise en bouteille.

  • un jeune loup: 雄心勃勃的年轻商人
  • un nom à particule: 一个贵族名字。 particule这里指贵族名字里的 de这样的介词

Son rêve, bouleverser les règles du petit milieu bordelais et mettre en place un système à flux tendus, débarrassé de coûteux stocks. 1855 vend des primeurs, encaisse l’argent, et achète ensuite, lorsque leurs clients réclament leurs bouteilles. Un système de vente à découvert qui à l’époque est admiré par les investisseurs. Il n’a ainsi « jamais fait l’objet d’un rappel à la loi d’aucune autorité », comme l’explique le procureur dans son ordonnance.

  • vin primeur 指新酒。

Problème de trésorerie

  • 现金流的问题

Rapidement, le chiffre d’affaires de 1855 s’envole. La société est introduite en Bourse en 2006 et lève 15 millions d’euros. Outre les petits porteurs, Emeric Sauty de Chalon attire à son capital un prestigieux investisseur, Jean-Pierre Meyers, qui fera office de caution lorsqu’il ira visiter les grands châteaux bordelais. Le gendre de Liliane Bettencourt n’aura de cesse de renflouer la société jusqu’en 2012. Mais rapidement, la mécanique de 1855 s’enraye.

Contrairement au pari du fondateur, le marché des primeurs se retourne, et acquérir le vin une fois mis en bouteille devient une gageure : les flacons se font rares et sont très chers. Impossible de livrer les clients. Ou, quand 1855 y parvient, c’est à prix d’or. C’est à ce moment-là que la société connaît, comme le souligne le procureur, « des retards et un problème de trésorerie ». Sans compter des « difficultés liées à la forte croissance », tant en matière d’approvisionnement que de logistique ou de personnel. Pour limiter la casse, 1855 enchaîne les augmentations de capital et les crédits : la société demande 16,5 millions d’euros entre 2011 et 2012 à ses actionnaires et aux banques.

Entre-temps, l’affaire prend une tournure médiatique et judiciaire. Les clients déposent plainte en masse. A partir de 2013, les condamnations pleuvent, « octroyant des astreintes et des pénalités importantes de l’ordre de 10 à 50 fois les montant de la commande initiale », ce qui contribue à « déstabiliser l’équilibre financier » de la société, explique le procureur. Dans l’une des condamnations, un client ayant dépensé 973 euros sur le site reçoit 18 800 euros. Pis, l’une des avocates des plaignants fait saisir les maigres stocks de la société et les fait vendre à prix cassés afin de payer les créanciers. Tentant une ultime relance, la société se met en redressement judiciaire en 2013, avant d’être fermée deux ans plus tard.

Si le procureur a décidé de demander le non-lieu, c’est qu’il a jugé que le litige était avant tout commercial et non pénal. Il n’a trouvé « aucun détournement de trésorerie », ni « aucun enrichissement de la part des dirigeants ». Autrement dit, M. Sauty de Chalon n’a pas eu l’intention d’escroquer ses clients. Le ministère public en veut pour preuve sa situation personnelle. Entendu le 24 janvier sous statut de témoin assisté, le fringant entrepreneur faisait valoir qu’il avait investi 1,5 million dans l’entreprise, qu’il était interdit bancaire et qu’il était encore condamné à rembourser 1,6 million d’euros d’emprunt.

En outre, 1855 a montré sa bonne volonté en collaborant avec la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes. Autant d’arguments qui pourraient rester inaudibles auprès du millier de clients mécontents qui ont perdu des milliers euros et qui attendaient de pied ferme l’issue de cette interminable procédure.

  • bonne volonté: 诚意
20190703-p12-vin.txt · 最后更改: 2019/07/08 06:17 由 82.251.53.114