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Charles Pathé et Léon Gaumont, visionnaires du 7e art

Affiche Pathé journal. PROGRAM33/COLL.FONDATION PATHÉ Alain Constant

Destin croisé des deux hommes qui inventèrent l’industrie cinématographique française

LCP

MERCREDI 3 - 20 H 30

DOCUMENTAIRE

Leurs noms sont mondialement célèbres. Mais qui se souvient que derrière Pathé il y a un Charles, et derrière Gaumont un Léon ? Deux hommes issus de milieux modestes, nés à quelques mois d’intervalle (Pathé en 1863, Gaumont en 1864), aux caractères différents mais devenus visionnaires et ayant permis, au même titre que les frères Lumière ou Georges Méliès, de donner au cinéma français naissant un rayonnement exceptionnel.

Bénéficiant d’images d’archives époustouflantes, ce documentaire s’appuie également sur de nombreux écrits des deux hommes. Jacques Bonnaffé prête sa voix à Charles Pathé, Eric Caravaca la sienne à Léon Gaumont, ce qui ajoute une touche de classe et d’élégance à ce film. Et à travers les succès et mésaventures des deux hommes, qui furent longtemps féroces rivaux, c’est aussi une histoire culturelle et industrielle de la France qui se dessine.

Charles Pathé n’a donc pas repris la charcuterie familiale de Vincennes. Léon Gaumont est sorti de son milieu social peu favorisé (père cocher, mère femme de chambre) pour commencer de brillantes études et devenir un ingénieur de haut niveau. A partir du milieu des années 1890, les deux hommes vont, chacun de son côté, inventer, apprivoiser des procédés techniques, bâtir des ateliers consacrés au cinéma. Charles Pathé a le sens des affaires, Léon Gaumont un talent d’ingénieur qui lui permettra d’inventer avant l’heure le cinéma parlant en couleur.

Fascination pour l’Amérique

Phonoscènes de Gaumont, vues animées de Pathé, les inventions se succèdent. La concurrence des deux hommes va profiter à l’ensemble de l’industrie cinématographique française. Et les saynètes muettes et grivoises des débuts vont, petit à petit, laisser place à des œuvres plus élaborées, du burlesque de Max Linder aux séries à succès comme Fantômas. Sans oublier d’étonnants westerns tournés en Camargue.

Alors que Charles Pathé choisit le coq comme emblème, Léon Gaumont mise sur la marguerite. Chez Pathé, le bon goût est celui du public, chez Gaumont, on se veut plus sélectif, plus bourgeois en quelque sorte. Mais les deux hommes ont en commun un attrait pour l’innovation et une fascination pour l’Amérique, où ils réussiront de belles affaires. C’est aux Etats-Unis que Pathé découvrira le feuilleton policier à épisodes qu’il adaptera avec Les Mystères de New York (1914). Gaumont répliquera avec Les Vampires, réalisé par Louis Feuillade en 1915.

Retraite sur la Riviera

Mais la Grande Guerre va décimer les rangs des ouvriers de Gaumont et de Pathé. Désormais, les Américains, avec William Fox, Jack Warner ou Samuel Goldwyn, investissent des sommes folles dans des films et modernisent l’industrie. Pathé et Gaumont tentent de résister, misent sur des films d’auteur, des réalisateurs de talent (Abel Gance, Marcel L’Herbier). Mais le cinéma américain, plus commercial, envahit tout.

Fatigués, Charles Pathé et Léon Gaumont partent sur la Riviera profiter d’une retraite bien méritée. Les rivaux deviennent amis, jusqu’à la fin de leur vie. Comme un clin d’œil à l’histoire, les responsables de Gaumont et de Pathé décideront, en décembre 2000, de regrouper leurs salles.

Charles Pathé et Léon Gaumont, premiers géants du cinéma, d’Emmanuelle Nobécourt et Gaëlle Royer (Fr., 2016, 85 min).

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