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L’activité physique contre le déclin cognitif

Sandrine Cabut

Le volume de matière grise des seniors chuterait moins chez les plus actifs

L’activité physique (AP) serait-elle un des meilleurs moyens de retarder la survenue d’un Alzheimer ? A l’heure où la recherche de médicaments contre cette maladie neurodégénérative accumule les échecs, une étude américaine publiée le 16 juillet dans JAMA Neurology livre de nouvelles données sur les effets neuroprotecteurs de l’AP. L’équipe de Jennifer Rabin (Massachusetts General Hospital, Boston) a suivi pendant sept ans 182 seniors (73 ans en moyenne) cliniquement en bonne santé.

Au début de l’étude, leur niveau d’activité physique a été évalué avec un podomètre. Ils ont eu également une mesure de la charge amyloïde dans leur cerveau. Une charge élevée reflète une forte accumulation de protéines bêta-amyloïdes, état qui peut précéder de plusieurs années le début clinique d’une maladie d’Alzheimer. Ils ont ensuite bénéficié de tests annuels de leurs performances cognitives et d’IRM cérébrales appréciant le volume de matière grise.

Résultats : parmi les personnes avec une charge amyloïde élevée – donc plus à risque de maladie d’Alzheimer –, les performances cognitives chutent nettement moins au cours des sept ans de suivi chez celles ayant une activité physique importante (8 300 pas par jour) que chez celles ayant une AP limitée (2 900 pas par jour). Parallèlement, la perte de matière grise à la fin de l’étude est moindre dans le groupe des individus les plus actifs, surtout chez ceux avec une charge amyloïde élevée.

Ces bienfaits de l’AP sur le cerveau sont indépendants des facteurs de risque vasculaire (hypertension artérielle, diabète, tabagisme, excès de poids), soulignent les auteurs. « Des approches interventionnelles ciblant à la fois l’activité physique et les facteurs de risque vasculaire pourraient avoir des effets bénéfiques additionnels pour retarder la progression de la maladie d’Alzheimer », écrivent-ils.

« Facteur protecteur »

Analyse partagée par le professeur de santé publique Philippe Amouyel (université de Lille) : « A l’échelle épidémiologique, la lutte contre la sédentarité est le troisième facteur le plus protecteur de la maladie d’Alzheimer, derrière le niveau d’études, et l’arrêt du tabac, précise l’auteur du Guide anti-Alzheimer (Cherche Midi, 2018). L’étude publiée dans JAMA Neurology suggère que l’activité physique agit sur la charge amyloïde, donc directement sur l’un des mécanismes de la maladie. Et la force de ce travail réside dans son caractère prospectif. »

La chercheuse Séverine Sabia (Inserm), auteure d’une étude (British Medical Journal, 2017) concluant que l’AP pratiquée à l’âge adulte n’aurait pas d’effet protecteur sur le risque de démence, reste prudente sur l’interprétation de la publication de Jennifer Rabin. « C’est un travail original mais observationnel, donc avec des biais potentiels qui ne permettent pas d’être si affirmatif, estime-t-elle. Pour démontrer que l’activité physique protège de l’évolution de la maladie d’Alzheimer, il faut des études d’intervention [comparant l’évolution d’un groupe avec un programme d’AP et un autre sans], et celles actuellement disponibles restent inconcluantes. »

20190724-p19-alzeheimer.txt · 最后更改: 2019/07/23 14:41 由 80.15.59.65