用户工具

站点工具


20190928-p21-tgv

Comment le train veut surfer sur les préoccupations climatiques

E. Bé.

TGV Lyria, l’opérateur grande vitesse franco-suisse, va augmenter son offre de 30 %, afin de ravir des clients à l’avion entre Genève et Paris

  • ravir: 夺取

La fameuse « flygskam » (« la honte de prendre l’avion ») venue, comme Greta Thunberg, de Suède, peut-elle se propager en Europe ? En tout cas, une partie grandissante des dirigeants des sociétés opératrices de train commencent à s’intéresser au phénomène et sont même prêts à parier sur une bascule des voyages intra-européens de l’aérien vers le ferroviaire.

  • Greta Thunberg:瑞典女孩,环保名人
  • parier sur: 为。。。豪赌
  • une bascule de … vers…: 一个从。。。到什么的转变。 bascule原意是跷跷板

C’est le cas de TGV Lyria, qui a choisi de prendre dès la fin de cette année un vrai risque pour concurrencer l’avion. La société franco-suisse s’apprête à augmenter de 30 % son offre de liaison grande vitesse entre Paris et les principales villes suisses. L’opérateur va passer de 13 500 places par jour dans ses TGV à 18 000 en 2020. La bascule se fera dès le 15 décembre 2019.

Chez Lyria – une coentreprise détenue par la SNCF (74 % du capital) et l’opérateur ferroviaire public hélvétique les Chemins de fer fédéraux suisses, CFF (26 %) – on compte augmenter la part de marché du train entre la capitale française et Genève, Lausanne, Bâle, Zurich. Aujourd’hui face à l’aérien, le TGV franco-suisse représente globalement un peu plus de 50 % des voyages.

La bataille est donc lancée : d’un côté, le TGV et ses trois heures et sept minutes de voyage de centre à centre (trajet le plus court), de l’autre, les treize vols quotidiens Paris-Genève. La capitale française est aujourd’hui la deuxième destination de l’aéroport de Genève-Cointrin, qui est – ceci expliquant cela – l’un des hubs principaux de la compagnie européenne à bas prix easyJet. La direction de Lyria, qui, s’appuyant sur une étude de l’Ecole polytechnique de Lausanne, table sur une augmentation de 25 % en 2019 des déplacements entre France et Suisse a bien l’intention de bousculer cet ordre établi.

« J’ai la conviction que les enjeux climatiques, la prise de conscience par les individus de leur empreinte carbone vont transformer le marché », martèle Fabien Soulet, le PDG de TGV Lyria. En Suisse, en particulier, la préoccupation est forte. « Il ne se passe pas une journée sans qu’on ne lise dans la presse que tel canton limite les déplacements aériens de ses fonctionnaires, que telle école interdit les voyages scolaires en avion », souligne M. Soulet.

Dans l’Hexagone, la ruée vers le ferroviaire pour raisons climatiques est moins évidente. Dans les bons chiffre de la fréquentation du train en France cet été (+ 7 % par rapport à 2017), la direction de la SNCF a un peu de mal à identifier la préoccupation CO2 comme étant un élément moteur de la bascule de l’aérien vers le ferroviaire. « Les facteurs déclenchant de l’achat d’un billet de train plutôt que d’avion restent la durée du voyage et surtout le prix », explique Rachel Picard la directrice générale de Voyages SNCF.

Amélioration de l’offre

Mais dans le groupe public, on sent que les esprits sont prêts au changement. La nouvelle ligne à grande vitesse jusqu’à Bordeaux a taillé des croupières à l’avion cet été. Le train a gagné 4 points de parts de marché sur Paris-Bordeaux (86 % pour le ferroviaire) et vers le Pays basque (60 % pour le train). Sur Paris-Toulouse, le TGV s’est hissé à 30 % de parts de marché, contre 28 % en 2018. A la SNCF on relève aussi une évolution : la barrière des deux heures, en deçà de laquelle le train devenait ultra-dominant, s’approche peu à peu des trois heures.

Et c’est sans compter l’atout jeunes. « Les moins de 25 ans sont les populations les plus sensibles aux arguments environnementaux et, nos études le montrent depuis des années, ils plébiscitent le train, souligne Mme Picard. Du coup, lorsque vous faites des efforts de prix vers cette population, les résultats sont immédiats. »

L’amélioration de l’offre est donc cruciale. Chez Lyria on joue le jeu : augmentation des fréquences avec de nouveaux horaires dits cadencés (un train toutes les deux heures) et surtout l’achat de rames neuves à double étage dotées d’un accès Wi-Fi à bord (qui a nécessité des travaux dans des tunnels des zones montagneuses). L’opération nécessite des moyens – TGV Lyria met 400 millions d’euros dans l’affaire – et une réorganisation industrielle de la maintenance des rames, permettant une baisse des coûts et donc une offre tarifaire qui commence à 29 euros.

Dernier axe de l’offensive dans cette bataille contre l’avion, la préoccupation des entreprises pour leur bilan carbone et donc l’offre en direction des voyageurs d’affaires. TGV Lyria a particulièrement travaillé avec ses grands comptes pour arriver à des tarifs d’entrée en première classe autour de 50 euros sur toutes ses destinations.

20190928-p21-tgv.txt · 最后更改: 2019/09/27 15:46 由 82.251.53.114