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Eoliennes : la filière française prend son envol

Nabil Wakim

Plus d’un millier d’entreprises, employant 18 000 personnes, sont actives dans ce secteur

La France est-elle en train de devenir un leader de l’éolien ? Alors que le secteur marque le pas en Allemagne, pays pionnier en Europe dans le domaine, pas moins de 1 552 mégawatts ont été raccordés au réseau dans l’Hexagone en 2018, selon les chiffres de France énergie éolienne (FEE), l’association de la filière, présentés mardi 8 octobre. C’est un peu moins qu’en 2017, année historique, mais c’est en phase avec les objectifs fixés par la France.

  • marquer le pas
  • être raccordés au réseau

La prochaine marche sera un peu plus haute. Dans la feuille de route énergétique pour les dix prochaines années, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), le gouvernement vise 2 000 mégawatts installés chaque année. L’objectif : atteindre 35 000 mégawatts en 2028, et ainsi permettre à la France d’avoir plus de 40 % de son électricité issue d’énergies renouvelables, contre 23 % aujourd’hui.

  • la feuille de route

« C’est une année charnière, explique Pauline Le Bertre déléguée générale de FEE. On est sur une courbe de progression qui est plutôt stable, mais il va falloir accélérer dans les années à venir pour atteindre les objectifs. »

Des perspectives reluisantes

La filière a de quoi se réjouir de la feuille de route de la France en la matière : le pays a souvent été vu comme retardataire dans le développement de l’éolien, notamment à cause de la présence ultramajoritaire du nucléaire dans le mix électrique du pays. De fait, la production éolienne reste marginale (un peu plus de 5 % de l’électricité produite en 2018, et 6 % au premier semestre 2019).

  • une année charnière 转折点
  • être sur une courbe de progression

Ce développement est porté par une forte baisse des coûts, qui permet aux nouveaux parcs d’être moins gourmands en argent public. Ce qui n’est pas le cas des capacités installées ces dernières années, qui bénéficient d’un soutien de l’Etat sur vingt ans, par le biais de tarifs de rachat garantis, qui a fait gonfler les factures d’électricité des Français.

La France compte désormais 1 380 parcs éoliens, qui rassemblent 7 950 éoliennes. Les deux régions les plus concernées sont les Hauts-de-France (315 parcs) et le Grand-Est (259) : elles représentent, à elles deux, plus de la moitié de la puissance raccordée. L’an dernier, les Hauts-de-France ont d’ailleurs été la région qui a raccordé le plus de nouveaux parcs au réseau. A l’inverse, aucune nouvelle installation n’a eu lieu en Provence-Alpes-Côte d’Azur, en Corse et en Ile-de-France.

Dominé par Engie (ex-GDF Suez) et EDF Renouvelables, et malgré une concentration importante ces dernières années, le marché reste relativement ouvert. On trouve ainsi le développeur canadien Boralex, le Français Energie Team ou le Britannique RES.

Alors que l’Allemagne et le Royaume-Uni connaissent un ralentissement dans leur rythme d’installation de parcs, la France, elle, se montre l’une des plus ambitieuses en la matière, note, mardi, dans son rapport annuel, WindEurope, l’organisation qui rassemble les professionnels du secteur sur le continent.

Des emplois en forte hausse

On compte désormais plus de 18 000 emplois directs et indirects dans la filière, soit une progression de 6 % par rapport à 2017 et de plus de 14 % depuis 2016. Ils se trouvent dans plus d’un millier d’entreprises et recouvrent des réalités très différentes. C’est logiquement dans le secteur du développement de nouveaux parcs que se trouve la plus forte croissance de l’emploi – les entreprises peinant parfois à trouver les profils adaptés.

« Les dossiers d’instruction sont de plus en plus importants. Compte tenu du niveau d’exigence pour être exemplaire sur le plan environnemental, les besoins en termes d’études sont plus nombreux », explique Pauline Le Bertre. Le secteur de la maintenance est, lui aussi, en pleine expansion, l’installation continue de nouveaux parcs demandant plus d’interventions.

L’éolien est désormais l’énergie renouvelable qui emploie le plus de salariés, devant l’hydraulique, la biomasse et le solaire. Selon France énergie éolienne, « 1,2 emploi est généré par chaque mégawatt installé et raccordé au réseau ». La filière espère ainsi créer près de 40 000 nouveaux postes d’ici à 2030. Toutefois, le secteur comporte relativement peu d’emplois industriels, dans la mesure où une grande partie des composants de l’éolien terrestre sont importés. Les principaux installateurs en France sont, de très loin, le danois Vestas et l’Allemand Enercon.

La bataille de l’acceptabilité

L’obstacle majeur au développement de l’éolien en France reste la question de son acceptabilité par la population. Soutenues dans les enquêtes d’opinion – plusieurs sondages montrent que plus de 70 % des Français ont une bonne image de cette énergie –, les éoliennes font face à une farouche coalition d’opposants, un assemblage hétéroclite qui rassemble associations de riverains ou de chasseurs, écologistes, élus de droite ou mouvements d’extrême droite.

Cette opposition, incarnée, notamment, par la Fédération environnement durable (FED), parvient à déposer des recours juridiques contre la quasi-totalité des projets. La FED mène campagne contre un « programme inutile et dévastateur », qui génère « des nuisances et le massacre des paysages de la France ».

Une opposition qui ralentit la croissance de l’éolien : le développement d’un parc prend, en effet, en moyenne sept ans, contre deux fois moins ailleurs en Europe. Pauline Le Bertre estime néanmoins que « 95 % des recours sont rejetés ou qualifiés d’abusifs ».

Les anti-éolien ont récemment reçu le soutien de plusieurs élus de droite, tels le président de la région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, ou celui de l’Association des départements de France (ADF), l’ancien ministre Dominique Bussereau. La présidente du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, demande, quant à elle, la mise en place d’un « moratoire » au niveau national.

  • un moratoire: suspension ou arrêt provisoire

Un groupe de travail animé par l’ex-Les Républicains (LR) Sébastien Lecornu, lorsqu’il était secrétaire d’Etat de Nicolas Hulot, a mis en place, depuis 2018, un certain nombre de mesures qui visent à la fois à réduire la portée des recours – en faisant instruire les dossiers directement en cour d’appel – tout en cherchant des moyens d’accroître l’acceptabilité sociale de l’éolien, notamment en augmentant les revenus fiscaux des mairies concernées.

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