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Fillon sort de son silence pour critiquer Macron le « petit joueur »

Julie Carriat Et Alexandre Lemarié

L’ancien candidat à la présidentielle a commenté la politique française à la télévision suisse

C’est le retour d’un « grand brûlé ». Retiré de la vie politique depuis son échec à la présidentielle de 2017, François Fillon est sorti de son silence cette semaine pour livrer, notamment, son analyse de la situation de la droite.

Les premiers signaux de fumée sont apparus lors du décès de Jacques Chirac : l’ancien candidat, désormais employé de la société de gestion et d’investissements Tikehau Capital, a salué le « lion de la politique française » sur Twitter. Rien que de très normal pour son ancien ministre. Dans la foulée, cependant, il a pris position, lundi 7 octobre, sur le « poison du totalitarisme islamique », après la tuerie de la Préfecture de police, puis exhorté, mardi, dans une leçon de géopolitique, la France à ne pas « laisser lâchement tomber » les combattants kurdes après le retrait américain dans le nord de la Syrie.

Enfin, mercredi, dans une interview diffusée sur la chaîne suisse RTS, François Fillon a ouvert les vannes et il a délivré une parole d’homme « libre », selon les mots de son entourage, malgré l’imminence d’un procès dans lequel il encourt la prison.

Absence d’idées

A quelques mois de l’ouverture de son procès pour « détournement de fonds publics » et « complicité et recel d’abus de biens sociaux » –programmée pour le 24 février 2020 –, l’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy dresse un portrait sans complaisance de sa famille politique. « La droite française s’est suicidée avec ses divisions », déclare-t-il.

Des regrets, des remords, des rancunes ?, lui demande-t-on. « Un peu des trois, forcément », admet-il. « Il y a des comportements humains qu’on ne peut pas complètement pardonner », ajoute l’ex-candidat éliminé dès le premier tour au printemps 2017, à l’issue d’une campagne entachée par les soupçons d’emploi fictif visant notamment son épouse, Penelope Fillon.

« C’était intéressant de voir, aux obsèques du président Chirac, tous ces hommes et ces femmes qui s’étaient battus les uns contre les autres, qui avaient sorti les poignards, tout le monde était rassemblé, réconcilié autour de la figure du président. »

L’auteur d’un programme présidentiel encore cité en exemple par certains au sein du parti Les Républicains (LR) critique, en outre, l’absence d’idées de ses anciens collègues.

« Il y a quand même depuis une vingtaine d’années des batailles uniquement personnelles, uniquement individuelles, uniquement d’ego, et il n’y a pas beaucoup de débats idéologiques », assure ainsi François Fillon à la télévision suisse qui l’interroge.

L’ancien chef du gouvernement égratigne au passage Emmanuel Macron, dont il dénonce la faiblesse face aux manifestations des « gilets jaunes », pour vanter son propre bilan lorsqu’il était aux affaires. « Si on réfléchit bien, c’est pas grand-chose, cette affaire de “gilets jaunes”. Il y a eu au maximum des manifestations 150 000 à 180 000 personnes dans toute la France, explique-t-il. Je vais être un peu prétentieux mais quand j’étais ministre des affaires sociales, j’ai fait une réforme des retraites, j’ai mis deux millions et demi de personnes dans la rue. Macron, c’est un petit joueur à côté. »

Ce retour médiatique n’est en rien le signal d’une quelconque ambition politique, promet-il cependant. « J’ai choisi une autre vie qui me satisfait pleinement. »

Sa garde rapprochée assure qu’il ne faut pas « surinterpréter » ses sorties en y voyant le signe d’une volonté de retour en politique. Ses tweets portent sur des sujets « qui lui tiennent à cœur, qu’il juge importants et sur lesquels il ne peut pas rester inerte », explique-t-on. Quant à l’interview, « il était invité à un débat en tant que président de la commission des constructeurs de la Fédération internationale de l’automobile. Que le journaliste déborde, c’est inéluctable… »

« Je ne pense pas que ce soit un retour calculé », renchérit le président des sénateurs LR et l’un de ses soutiens de la dernière heure en 2017, Bruno Retailleau. « C’est un homme libre de dire ce qu’il pense », ajoute son entourage, tout en se réjouissant au passage que ce grand brûlé de la politique puisse « encore surprendre ».

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