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Les revers s’accumulent pour l’organisation Etat islamique

Gilles Paris Et Madjid Zerrouky (À Paris)

Depuis la mort d’Al-Baghdadi, Washington accentue ses opérations ciblées contre des membres présumés de l’EI

WASHINGTON - correspondant

Donald Trump s’est montré laconique, mardi matin 29 octobre. « Viens d’avoir la confirmation que le remplaçant numéro 1 d’Abou Bakr Al-Baghdadi avait été éliminé par les troupes américaines. Il aurait certainement pris la tête du groupe. Maintenant, il est mort aussi », a écrit le président des Etats-Unis sur son compte Twitter. Sans donner plus d’indications sur l’identité de l’homme ni sur les circonstances de sa mort. Faisait-il référence à Abou Hassan Al-Mouhajir, le porte-parole de l’organisation Etat islamique (EI), comme l’a indiqué un officiel à la chaîne ABC. Ou à quelqu’un d’autre ?

  • laconique
  • le remplaçant numéro 1
  • prendre la tête du groupe

Lundi, les Forces démocratiques syriennes (FDS) à dominante kurde avaient annoncé la mort, la nuit précédente, après une opération de renseignement conjointe avec les Etats-Unis, du porte-parole djihadiste dans la région de Djarabulus, une ville sous contrôle des forces turques et de leurs supplétifs syriens depuis août 2016. Le général Mazloum Abdi, commandant en chef des FDS, a présenté cette opération comme une « prolongation » de celle au cours de laquelle le fondateur de l’EI est mort, ce week-end.

  • Supplétifs

Selon le journaliste syrien Abdullah Al-Muhamad, qui cite des sources policières locales, Abou Hassan Al-Mouhajir aurait été tué dans une frappe aérienne qui visait un camion-citerne dans lequel il s’était dissimulé. Le véhicule, en provenance de l’ouest, aurait franchi des points de contrôle kurdes, puis de rebelles syriens avant d’être attaqué. Parmi les deux hommes qui l’accompagnaient se trouvait son bras droit et responsable médias de l’EI, un natif de la région.

  • Des sources policières locales
  • une frappe aérienne
  • un camion-citerne
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  • en provenance de
  • franchir des points de contrôle kurdes
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On sait peu de choses d’Abou Hassan Al-Mouhajir, devenu porte-parole de l’organisation en 2016 et dont le nom de guerre, « l’émigrant », renvoie habituellement à des non-Irakiens et non-Syriens, à moins qu’il ne l’ait utilisé pour brouiller les pistes. L’EI ayant été dirigé par des Irakiens depuis 2006, son nom n’apparaissait pas jusqu’ici comme celui d’un successeur possible.

  • A moins que + subjonctif
  • brouiller les pistes

Après celle d’Al-Baghdadi, sa mort confirme en tout cas la présence des plus hauts dirigeants de l’organisation dans le Nord-Ouest syrien et l’effondrement de la capacité qu’avaient les chefs de l’EI à se terrer et à se mouvoir.

  • Se terrer
  • se mouvoir

Dans la nuit de lundi à mardi, une nouvelle opération, la troisième en trente-six heures, aurait visé l’EI. Toujours à Djarabulus, au moins deux hélicoptères, volant à très basse altitude avant de se poser, ont été filmés par des habitants. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, ils auraient « débarqué des combattants et pris une famille irakienne de quatre personnes, connue autrefois pour son affiliation à l’EI ».

Le raid qui a entraîné la mort du fondateur et chef de l’organisation djihadiste a permis également aux forces américaines de faire deux prisonniers, transférés en lieu sûr, et de mettre la main sur des documents que le chef d’état-major des Etats-Unis, Mark Milley, a refusé de décrire lors d’une conférence de presse, lundi, « jusqu’à ce qu’ils soient exploités correctement ». L’échelon supérieur de l’EI pourrait donc continuer à subir les revers. Lors de cette même conférence de presse, le secrétaire américain à la défense, Mark Esper, a déclaré : « Notre mission en Syrie aujourd’hui reste la même que quand nous avons commencé nos opérations en 2014 pour rendre durable la défaite » de l’Etat islamique.

Succès tactique

L’un des enjeux pour le Pentagone sera de conserver le soutien d’un président qui ne masque pas son désir de se retirer du Moyen-Orient et de confier à d’autres acteurs qui, selon lui, la « détestent encore plus que nous » la tâche de lutter contre la résurgence de l’organisation terroriste.

Donald Trump a lourdement mis en avant, lors de l’annonce du raid, dimanche, l’importance qu’avait, à ses yeux, le fondateur de l’éphémère « califat ». Il a assuré avoir toujours insisté sur cette priorité auprès de ses conseillers. « Ils venaient et disaient : “Monsieur, nous avons quelqu’un sous…” Je répondais : “Je ne veux pas quelqu’un. Je veux Al-Baghdadi. C’est celui que je veux.” Ils disaient : “Eh bien, nous avons quelqu’un d’autre.” Je répondais : “C’est génial. Bien. Éliminez-les, mais je veux Al-Baghdadi.” Nous tuions des chefs terroristes, mais c’étaient des noms dont je n’ai jamais entendu parler. C’étaient des noms qui n’étaient pas reconnaissables et ce n’étaient pas les grands noms. Certains bons, certains importants, mais ils n’étaient pas de grands noms », a poursuivi le président des Etats-Unis.

Aidé par le sénateur de Caroline du Sud Lindsey Graham, qui diverge souvent de Donald Trump sur la politique étrangère mais qui conserve la confiance du président, le Pentagone a remporté un succès tactique en obtenant le feu vert du président pour garder le contrôle des puits de pétrole dans le nord-est de la Syrie. « Nos troupes vont empêcher l’EI d’accéder à ces ressources vitales » auparavant exploitées par les djihadistes, a déclaré M. Esper. Un engagement pour une présence prolongée, en dépit des annonces de retraits multipliées par le président.

  • Un succès tactique: 战术性的胜利
  • les puits de pétrole: 油井
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