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Retour à la raison pour la tech chinoise

Sur le stand de la société technologique chinoise SenseTime, lors d’une exposition sur la sécurité publique, à Pékin, en octobre 2018. THOMAS PETER/REUTERS Simon Leplâtre

Après des années d’euphorie, les start-up peinent à convaincre des investisseurs devenus plus frileux

  • frileux: 小心谨慎

SHANGHAÏ - correspondance

Ce n’est pas encore l’hiver, mais la bise souffle déjà sur les start-up chinoises. Après des années de croissance effrénée, 2019 marque le retour à la raison et aux fondamentaux pour le secteur de la tech en Chine. Entre tensions commerciales et ralentissement de l’économie nationale, les investisseurs sont prudents et les spécialistes du capital-risque taillent dans leurs effectifs. En juin, l’agence Reuters révélait que Sequoia Capital avait supprimé une vingtaine de postes d’investisseurs sur les soixante-dix qu’il compte dans le pays.

  • la bise souffle: 寒冷的北风吹起。 注意 bise的本意是寒冷的北风而不是吻
  • des années de croissance effrénée: 疯狂的发展年代
  • le capital-risque: 风险资本
  • Séquoia Capital: 红杉资本

Ces derniers mois, les exemples de start-up en difficulté se sont multipliés. Royole Corp., premier fabricant de smartphones à avoir mis sur le marché un téléphone pliable, tente de boucler un tour de table de 1 milliard de dollars (environ 907 millions d’euros), relevait Bloomberg le 24 septembre. SenseTime, la start-up spécialisée dans l’intelligence artificielle la plus valorisée au monde (7,5 milliards de dollars), semble avoir abandonné un projet de lever 2 milliards de dollars de plus.

Il en va de même pour Full Truck Alliance, sorte d’« Uber pour camions », soutenu par SoftBank, qui cherchait 1 milliard de dollars. L’entreprise souhaite conforter sa rentabilité en vue d’une prochaine introduction en Bourse. Le temps n’est plus à l’expansion folle, mais à l’équilibre des comptes.

  • conforter sa rentabilité: 增强盈利

Les chiffres sont éloquents : alors qu’elles avaient levé 111,8 milliards de dollars en 2018, les start-up chinoises ont pour l’instant récolté trois fois et demie moins. Depuis janvier, les sociétés de capital-risque ont regroupé « seulement » 9,9 milliards de dollars auprès d’investisseurs, contre 25 milliards au cours de la même période l’an dernier.

« Pour les start-up qui ne sont pas dans les secteurs les plus en vogue, comme la 5G ou l’intelligence artificielle, il est devenu difficile de réaliser un nouveau tour de table, observe Michael Norris, analyste pour Agency China, une agence de conseil sise à Shanghaï. Et dire qu’en 2016-2017, il suffisait à un entrepreneur de présenter un business plan d’une page pour décrocher le jackpot… Nous sommes revenus à une situation plus normale et plus saine. »

Assistons-nous au dégonflement d’une bulle spéculative ? Les échecs cinglants et les faillites en série chez les acteurs du vélo partagé, et les suppressions de postes du début d’année chez les géants de la tech (JD. com, Didi ou NetEase) pouvaient le laisser craindre. A présent, ce sont des firmes telles que Nio, présentée comme un leader en devenir des véhicules électriques et dont la valeur boursière a été divisée par six, ou les piètres résultats du moteur de recherche Baidu, qui inquiètent.

« C’est la conséquence du ralentissement de l’économie chinoise : les entreprises qui réalisent une grande partie de leur chiffre d’affaires sur la publicité, comme Baidu, ou les sites de vidéo en ligne Bilibili ou iQiyi, subissent la baisse des investissements », explique Elliott Zaagman, présentateur du podcast « China Tech Investor ».

« Trou d’air »

Pour lui, la crise est réelle. « La bulle a éclaté. L’argent ne coule plus à flots et les fruits les plus mûrs ont été cueillis. Ces cinq dernières années, la Chine a beaucoup copié la Silicon Valley, en adaptant les innovations au marché chinois. On l’a vu avec les vélos partagés ou la folie du live streaming [diffusion en direct]. Mais depuis, il y a clairement un trou d’air », souligne-t-il. « La vague d’innovation a ralenti », confirmait Jixun Foo, associé principal de la société de capital-risque GGV capital, lors de la conférence RISE à Hongkong, en juillet. « Ce n’est pas un manque de capitaux, mais il faut de l’innovation pour attirer les investisseurs », expliquait-il, espérant que des avancées technologiques comme la 5G relancent la machine.

  • la bulle a éclaté: 泡沫已破裂

La mauvaise passe que traverse la banque d’investissement japonaise SoftBank, illustrée par l’échec de l’introduction en Bourse de WeWork, l’un de ses « poulains », participe à la frilosité. « Ce qui se passait dans la Silicon Valley, avec SoftBank, qui privilégiait la croissance à tout-va, se déroulait aussi de manière extrême en Chine, où SoftBank est très présent. L’économie chinoise fonctionne autour de gros paris, d’endettement, de croissance rapide. C’est le cas dans l’immobilier, la finance, l’Internet. Au cours de cette décennie, tous les secteurs ont été touchés, et cette tendance a été exacerbée dans le secteur de la tech », estime M. Zaagman.

  • poulain: 培养的新手
  • la croissance a tout-va

Les mauvais résultats des récentes introductions en Bourse ont fait l’effet d’une douche froide. « Tout a commencé avec Uber et Lyft, et cela a incité les investisseurs à être plus prudent, jusqu’à aboutir au naufrage de Wework », rappelle Michael Norris. Côté chinois, la plupart des mises sur le marché ont aussi été négatives, de Nio à Qutoutiao, un agrégateur d’informations dont la valeur a été divisée par six, en passant par Xiaomi, le fabricant de smartphones, qui a perdu la moitié de sa valeur en un an. Seuls Pinduoduo, désormais numéro trois chinois du commerce en ligne, et Meituan, une plate-forme de services (de la livraison de repas aux réservations d’hôtel), ont réussi leurs premiers pas en Bourse.

  • l’effet d’une douche froide

Pour autant, les mastodontes du secteur Alibaba et Tencent Investissent toujours. Début septembre, le premier, numéro un du commerce en ligne et des paiements mobiles en Chine, qui pèse 445 milliards de dollars en Bourse, a dépensé 2 milliards de dollars pour acheter la plate-forme de vente de produits importés Kaola.

  • Mastodontes: 巨头。原意是锯齿象
  • paiements mobiles: 移动支付

Le second (396 milliards de dollars de capitalisation boursière), créateur de l’application WeChat, qui dépasse le milliard d’utilisateurs, et numéro un mondial des jeux vidéo continue de débourser des centaines de millions d’euros dans des start-up du monde entier. En septembre, celui qui est aussi numéro deux du paiement mobile en Chine a pris des participations chez VIPKid, une start-up chinoise de l’éducation, et PolicyBazaar, une plate-forme indienne de comparaison d’assurances. A une époque où les plus petits acteurs ont du mal à rivaliser, les gros deviennent encore plus gros et renforcent leur influence sur le monde de l’Internet chinois.

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