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A Paris, la propreté devient un enjeu des élections municipales

  • la propreté: 干净
  • un enjeu des élections municipales: 市政选举的关键

Denis Cosnard

La Mairie a mis en place des équipes d’urgence, des poubelles anti-rats ou des « uritrottoirs ». Des efforts insuffisants, selon les opposants

  • des équipes d’urgence: 应急团队
  • des poubelles anti-rats: 防鼠垃圾桶
  • des uritrottoirs: 街边便利尿桶

A l’Hôtel de Ville, c’est l’angoisse du moment : comment faire en sorte que Paris reste propre, si la mobilisation contre la réforme des retraites bloque durablement les transports ? Les éboueurs habitent en grande partie en banlieue. S’ils ne peuvent venir nettoyer les rues, la capitale risque de prendre vite des allures de dépotoir. « Nous préparons un plan pour assurer la continuité de ce service public, et des autres, en cas de grève durable », indique-t-on à la Mairie. Objectif : tout faire pour éviter une nouvelle polémique sur la saleté de Paris, à trois mois des élections municipales.

  • l’angoisse du moment 当前的忧虑
  • en sorte que + subjonctif
  • éboueur: 垃圾工人
  • prendre vite des allures de dépotoir 很快看上去垃圾场

Certains aimeraient parler de culture, d’intelligence artificielle, de la ville de demain, mais, à Paris, l’élection du maire en mars 2020 pourrait bien se jouer au ras du bitume, sur la question des poubelles, et de ces rues que la Mairie n’arrive pas à rendre longtemps propres. Un thème ultra-classique à droite. Rachida Dati en a fait le premier sujet de sa campagne pour Les Républicains. « La lutte contre la saleté des rues de Paris représente une urgence absolue », martèle le parti. Le macroniste Benjamin Griveaux ne dit guère autre chose. Serge Federbusch, le candidat soutenu par le Rassemblement national, dénonce, lui, « une ville sale où la délinquance explose ».

  • au ras du bitume: 在街道的层面

La gauche aussi a compris qu’elle ne pouvait faire l’impasse sur le sujet. Malgré plusieurs plans d’action consécutifs, « la situation n’est pas encore satisfaisante », a admis Anne Hidalgo dans Le Journal du dimanche en septembre. Et la maire socialiste de reprendre une piste avancée de longue date par l’opposition : « Il faut maintenant décentraliser l’organisation de la propreté de Paris vers les mairies d’arrondissement. »

Bataille de l’hygiène

Même les écologistes se sont emparés du dossier. Eux analysent le problème sous un angle social. « La situation s’est améliorée dans certains quartiers, dégradée dans d’autres, plus populaires, si bien que les inégalités se sont creusées, juge David Belliard, la tête de liste d’Europe Ecologie-Les Verts. Regardez porte de la Chapelle ! » Un quartier, en lisière du périphérique, où se concentrent toutes les difficultés : des camps de migrants qui resurgissent sitôt démantelés, des poubelles éventrées, des rats, sans oublier la « colline du crack » où se retrouvent des drogués…

  • s’emparer du dossier: 参与这个话题
  • en lisière du périphérique: 在外环的边缘
  • des camps de migrants qui resurgissent sitôt démantelés: 移动人口的营地,刚被拆除又建起来
  • la colline du crack où se retrouvent des drogues: 白粉岗,也就是瘾君子聚集区

Paris, ville sale ? « Oui, Paris est plus sale », tranche Mao Péninou, ancien adjoint à la propreté d’Anne Hidalgo, qui soutient désormais le macroniste dissident Cédric Villani. « La ville est beaucoup plus salie… et de plus en plus nettoyée », nuance son successeur, le socialiste Paul Simondon. La ville qui, au XIXe siècle, a remporté une bataille de l’hygiène en inventant les poubelles, est aujourd’hui confrontée à un nouveau défi, celui d’un espace public hypersollicité. Dans cette petite capitale d’une densité extrême, il y a de plus en plus de monde dehors, et de déchets à ramasser.

  • remporter une bataille de l’hygiène: 打赢了一场卫生的战斗

La population parisienne, pourtant, n’a pas augmenté. Mais Paris accueille chaque année plus de touristes : pas moins de 24,5 millions d’arrivées ont été enregistrées dans les hôtels à Paris et dans la petite couronne en 2018, un record absolu, à l’issue d’une hausse de 11 % en huit ans. Ces dernières années ont aussi été marquées par d’importantes vagues de migrants dans le nord-est de la ville et par l’accroissement du nombre de sans-abri : 3 600, selon le comptage effectué en février 2019.

  • la petite couronne 指巴黎内环

Surtout, les comportements changent. Depuis 2008, l’interdiction de fumer dans les lieux collectifs, notamment les bars, a incité jeunes et moins jeunes à se retrouver ailleurs, devant les cafés, dans les squares, au bord du canal de l’Ourcq, etc. Et la Mairie elle-même donne chaque année plus de place aux piétons. Quelque 220 rues ont été piétonnisées. Les trottoirs de 150 autres ont été élargis. Le réaménagement des grandes places fait aussi la part belle aux piétons.

C’est désormais dans ces espaces anciens ou nouveaux qu’on fait la fête, qu’on fume, qu’on pique-nique, qu’on boit… mais aussi qu’on laisse des mégots, des restes de sandwichs, et que les hommes urinent dans le moindre renfoncement. A cela s’ajoutent les milliers de chantiers à travers la ville. Un reflet de la transformation de Paris et de son embourgeoisement.

  • laisser des mégots: 丢弃烟头

« A Belleville, ça se boboïse, les gens cassent tout, changent le mobilier, et mettent les gravats dans la rue, constate un éboueur du 11e arrondissement. Ce matin, dans une impasse, on a récupéré 5 mètres cubes. » En quatre ans, les volumes de déchets occasionnels collectés, dont les encombrants, ont bondi de 38 %, pour atteindre leur plus haut niveau historique. Une fois sur trois, les vieilles armoires et les pots de peinture en cause sont déposés de façon sauvage.

  • se boboiser: 来自名词 bobo = bourgeois et bohème.
  • les gravats: (工地的)垃圾
  • les encombrants: 大件

Autre effet des travaux, les vibrations du sol dérangent les rats et les poussent à sortir de leurs terriers. Si bien qu’on les voit davantage. « L’année 2019 est la première où l’hiver a été tellement chaud qu’il a permis aux colonies de rats d’avoir une portée supplémentaire », soulignent en outre les soutiens d’Anne Hidalgo.

  • si bien que + indicatif

Equipe « urgences propreté »

Face à cet accroissement de l’espace public à nettoyer et à cet afflux de déchets, la Mairie a-t-elle mis les moyens suffisants ? C’est toute la question. Accusée d’avoir taillé dans ce budget, l’équipe de la maire sortante assure qu’elle l’a au contraire accru, qu’elle a recruté 240 agents supplémentaires et investi dans de nouvelles bennes et autres engins. Un renouvellement effectué non sans heurts. « On a voulu sortir du diesel alors que les fabricants n’étaient pas prêts, reconnaît l’adjoint Paul Simondon. Si bien qu’on a dû pousser les derniers appareils jusqu’au bout, et qu’ils tombaient souvent en panne. C’est derrière nous. »

  • la maire sortante: 将卸任的市长

Depuis que, en décembre 2017, un rapport des élus de tous bords a montré les faiblesses du dispositif municipal, la Mairie a lancé quelques initiatives supplémentaires. Environ 4 000 poubelles anti-rats coffrées de métal ont été installées, ce qui représente 10 % des corbeilles de rues. Des poubelles qui compactent les déchets sont en test.

Quelques « uritrottoirs » – des pissotières écolos – ont aussi vu le jour, une expérimentation sans grand succès ni lendemain. A la place, il est prévu d’accrocher des urinoirs extérieurs à une cinquantaine de sanisettes, notamment dans les zones festives. Enfin, la Mairie a créé des équipes « urgence propreté », chargées dans chaque arrondissement de nettoyer les lieux qui posent particulièrement problème.

  • sans grand succès ni lendemain: 既没有成功,也没有未来

Des efforts jugés insuffisants par beaucoup. « Le problème-clé, c’est le management des services de la propreté, où les syndicats sont puissants et l’absentéisme important, juge un élu de La République en marche. Mais Anne Hidalgo n’a jamais voulu s’attaquer à la CGT. » Une version contestée à la Mairie. « De 13,1 % en 2016, le taux d’absentéisme des éboueurs est retombé à 12,1 %, plaide Paul Simondon. Nous avons inversé la tendance depuis trois ans, grâce à des mesures de management et à l’achat d’équipements qui rendent le travail moins pénible. »

Amende de 68 euros

Pour la suite, l’idée de transférer en partie la gestion de la propreté aux maires d’arrondissement est évoquée à droite comme à gauche. « On pourrait aussi confier la collecte des ordures ménagères au privé ou à la Métropole, pour que les équipes de la ville se consacrent au nettoyage des rues », avancent plusieurs élus de centre droit. Autres pistes : l’achat de poubelles high-tech supplémentaires et l’organisation de campagnes de sensibilisation, afin que les Parisiens arrêtent de salir les rues.

Mais si cela ne suffit pas, Anne Hidalgo est prête à manier le bâton. Uriner dans la rue ou y laisser de vieux meubles est aujourd’hui puni d’une amende de 68 euros. « Un montant sévèrement revu à la hausse les rendrait plus dissuasives », glisse son entourage.

  • manier le bâton
20191204-p12-proprete.txt · 最后更改: 2019/12/05 17:18 由 80.15.59.65