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RATP Les agents espèrent tenir jusqu’aux annonces de l’exécutif

Simon Auffret

L’immobilisation du réseau de transport satisfait les syndicats de la Régie autonome, qui redoutent une baisse de la participation lundi

Tôt dans la matinée du 5 décembre, la même scène s’est répétée dans de nombreuses assemblées générales organisées dans les dépôts de bus et de métro parisiens. A la question : « Etes-vous d’accord pour reconduire la grève jusqu’à la soirée du lundi 9 décembre ? », les bras se sont, en grande majorité, levés. Rompant avec la tradition d’un vote quotidien sur la reprise du travail, les syndicats de la Régie autonome des transports parisiens (RATP) s’étaient mis d’accord pour faire tenir le mouvement jusqu’aux annonces du gouvernement sur les retraites, prévues entre le 10 et le 13 décembre.

L’immobilisation quasi complète du réseau de transport de la capitale, jeudi, a confirmé l’ampleur de la mobilisation dans les métiers d’exploitation (conducteurs, agents de stations et de maintenance). « Nous nous sentons très forts, observait Stéphane Reynier, secrétaire de la section Métro-RER de la CGT-RATP, après la manifestation. Syndicalement, on retrouve de belles couleurs, et c’est la démonstration que nous sommes en capacité d’amener de la cohésion et du collectif. » Sur le seul réseau bus, au moins 5 800 salariés – sur 16 000 – ont été déclarés en grève jeudi. Au centre bus de Flandre, à Pantin (Seine-Saint-Denis), 80 agents se sont présentés au travail sur les 430 machinistes nécessaires au fonctionnement de l’ensemble des services.

  • retrouver de belles couleurs: 恢复脸色

Première organisation à déposer un préavis de grève illimité à partir du 5 décembre, l’UNSA-RATP a placé les agents de la régie parisienne en première ligne du mouvement contre la réforme des retraites. Dans le cortège, jeudi, ceux-ci sont pourtant nombreux à démentir tout « combat corporatiste » restreint à la défense de leur régime spécial.

« Perdre 500 euros sur une pension, vous imaginez les sacrifices derrière ? C’est autant de choix de vie qui disparaissent, qu’on soit à la RATP ou non », défend Isabelle (elle a souhaité conserver l’anonymat), conductrice sur la ligne 9 du métro parisien. Près de la gare de l’Est et du départ de la manifestation parisienne, elle évoque les Noël passés au travail sans ses trois enfants, les horaires et repos décalés, les courtes nuits et la fatigue après vingt-neuf ans de carrière. « Je l’ai accepté parce que je savais qu’il y avait la contrepartie d’une bonne retraite à la fin, et elle est en train de disparaître », explique la déléguée CGT qui, à 49 ans, tient à rappeler qu’elle « aime son entreprise et son métier ». En 2023, elle devrait partir à la retraite avec 2 200 euros de pension.

Cinq jours de salaire perdus

« Le système à point nivelle le système de retraites vers le bas, l’objectif est de le faire tomber pour tout le monde », assène Michel Pereira, conducteur de nuit sur la ligne 5. Entré dans la régie à la fin des années 1990, il a connu les mobilisations contre les retraites en 2003, 2007 et 2010. « Il faut arrêter avec le mythe de l’agent RATP privilégié », dit-il aux côtés de sa femme, Sandrine Pereira, elle aussi salariée de la régie. « Il y a plein d’offres d’emplois disponibles. S’il y avait vraiment peu de contraintes, les places seraient prises. »

Comme Isabelle, Michel et Sandrine Pereira se disent prêts à continuer à faire grève pendant plusieurs jours. Pour la journée de vendredi, la direction de la RATP prévoyait la veille une « légère amélioration » du trafic, sans pour autant augmenter la disponibilité du métro et des bus. « La journée du dimanche devrait quant à elle connaître un trafic extrêmement réduit », a expliqué la régie dans un communiqué.

Au lendemain d’une mobilisation vécue comme un large succès, les regards se tournent désormais vers la journée de lundi. Le roulement des jours de repos participe à la crainte d’une baisse de la participation : une partie des salariés, après avoir manifesté jeudi, seront officiellement en congé vendredi, samedi et dimanche. Reprendre la grève lundi reviendrait pour eux à perdre, selon le fonctionnement de la Régie, cinq jours de salaire pour deux jours de participation. « Malgré les votes prévoyant une reprise au plus tôt mardi matin, cela pourrait en faire hésiter certains », prévient Stéphane Reynier.

« Sur le réseau bus, le nombre de salariés mobilisés ne devrait pas descendre en dessous de 4 000 avant le 10 décembre », assure pourtant Vincent Gautheron, délégué du département bus à la CGT-RATP. Certains dépôts sont en effet allés plus loin que les consignes de tenir jusqu’au lundi 9 décembre, en votant, sur la ligne 3 par exemple, une reconduction jusqu’au 13 décembre.

Les annonces gouvernementales pourraient, en cas de désaccords, fissurer une union intersyndicale consolidée par la mobilisation de jeudi. Dans l’attente d’une décision sur une nouvelle journée de manifestation, les syndicats de la RATP seront aussi attentifs à la mobilisation prévue par les « gilets jaunes », samedi 7 décembre, et pour lesquelles ils n’ont pas donné de consignes. « Même si la convergence des luttes nous est chère, commente Stéphane Reynier, il nous semble préférable, pour l’instant, de rester concentrés sur notre action. »

20191208-p9-ratp.txt · 最后更改: 2019/12/06 17:57 由 80.15.59.65